La Dernière

Un peu plus de Médéa Azouri

Radioscopie

Depuis 22 ans, l'animatrice-journaliste et sa voix de miel font partie du quotidien radiophonique libanais, que ce soit en matinale ou en fin d'après-midi.

20/01/2017

Écrire sur un(e) animatrice radio, c'est forcément sortir des sentiers battus, c'est forcément raconter une histoire faite de virages, de demi-tours, de stops, de rencontres. Il n'y a pas d'études de radio, nulle part dans le monde. Certes, la plupart des animateurs sont journalistes, mais les vrais animateurs, ceux qui ont des relations de proximité avec leur auditoire, ceux-là ont surtout des diplômes d'empathie, d'écoute. Ils ont des radars sociaux pour sentir l'air de temps. Médéa Azouri est de cette trempe.

Depuis ses débuts, au XXe siècle, elle n'a jamais quitté l'antenne, a toujours occupé les créneaux les plus stratégiques, a toujours apporté sa patte et a toujours su tisser des liens particuliers et forts avec ses auditeurs. Dans sa famille, on est plutôt du genre à écouter. Elle, elle parle. Parce que ses parents, Chawki et Maryse Azouri, l'ont dotée d'une voix particulière. Un organe fait pour ce média et fait pour ce qu'elle raconte. Une voix éraillée, mais chaude; une voix grave, mais chantante, une voix accrocheuse, une voix radiophonique. Selon les modes, certaines voix sont recherchées, parce qu'elles correspondent à un style d'émission, à l'air du temps. La sienne est intemporelle, personnelle et singulière, il paraît même que Macha Béranger fumait pour lui ressembler! Pas de chance: Médéa Azouri est libanaise depuis ses débuts. Et elle personnifie la femme libanaise moderne, pétrie de traditions familiales, de culture locale, mais tournée vers l'avenir. N'hésitant pas à prendre des positions, à donner son point de vue, à imposer sa personnalité, à dire non.

Nostalgie et modernité
L'histoire de cette Parisienne d'exil commence en 1995, pendant des vacances d'été au Liban. Alors qu'elle passe sa soirée au Alecco's, on la présente à Jiyad Murr, propriétaire de plusieurs radios et qui a déjà l'oreille en or. En l'entendant parler de son intérêt pour les nouvelles émissions de libre antenne qui cartonnent en France, il ne laisse pas passer l'occasion et lui propose un passage dans les studios de RML (Radio Mont-Liban). Le «Tu commences lundi prochain» prononcé à son arrivée scellera leur première collaboration, Jiyad Murr et son directeur des programmes Claude Kawass ne voulant visiblement pas laisser passer cette opportunité. De 17h à 19h, tous les jours pendant 2 mois, elle assumera sa version libanaise des Doc et Difool français. Très satisfaite de son stage d'été, Médéa Azouri n'attend qu'une chose, les vacances d'hiver pour pouvoir reprendre son émission, qu'elle animera jusqu'en mai 96, avec comme cadeau un voyage à Las Vegas pour accompagner Julia Syriani, la représentante libanaise au concours de Miss Univers. En juillet de la même année, la famille Azouri au complet de retour au pays du Cèdre, Médéa Azouri se lance à corps perdu dans l'aventure radiophonique, avec son émission de l'après-midi, puis celle encore plus stratégique du matin, et même les deux en même temps. Voulant écrire aussi, notamment dans L'Orient Express de Samir Kassir, elle se concentre sur la matinale jusqu'à l'été 98. Car pour célébrer la victoire française à la Coupe du monde de football, elle décide de rejoindre le giron de RFI (Radio France International) et d'animer sur Radio Liban 96.2FM une émission quotidienne de 18h à 19h, baptisée Pourquoi pas, dans laquelle elle développe tous les soirs un thème diffèrent, parce que finalement, pourquoi pas?...

En septembre 2006, pour faire face à une nouvelle maternité et à une activité journalistique de plus en plus intense, elle doit quitter son créneau embouteillages du soir pour le créneau encore plus important des embouteillages du matin. Du lundi au vendredi, de 11h à midi, elle impose sa patte branchée, mais main stream, faite de proximité, de nouveautés, d'humour, de chaleur. Le succès de son émission et le ton qu'elle y met réveillent ses amis du groupe Murr, qui la transfèrent sur Nostalgie pour coanimer Happy Days, l'émission phare du matin. Que ce soit avec Leyla Nahas à ses débuts ou maintenant avec Nanette Ziadé (prochainement dans ces mêmes colonnes), le succès est au rendez-vous. Médéa Azouri a réussi à faire évoluer son émission, actualiser la playlist, moderniser les plages parlées. La coanimation créé une proximité dont les deux femmes jouent, et qui est devenue la marque de fabrique de l'émission. Sans faire de bruit, tout en douceur, mais avec de la conviction, et parce que sa très attendue chronique du samedi à L'Orient-Le Jour (Un peu plus...) et son poste de rédactrice en chef de Noun supportent ses discours radiophoniques, Médéa Azouri est devenue une égérie de la femme moderne libanaise. Une porte-parole discrète, mais efficace, de toutes les femmes et surtout de celles qui n'ont pas voix. Elle arrive à «être dans la tête et le cœur des gens», comme le commentent si souvent ses auditrices. Elle est devenue une voix qui montre la voie.

 

 

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