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Gouvernance

Performance de l’État : le Liban en « zone rouge », en dépit de légères améliorations

La fondation Renaissance Liban a publié les résultats de son indice « L'état de l'État » destiné à évaluer l'action étatique dans plusieurs domaines.

Créée en 2007 à Washington, la fondation Renaissance Liban s'est donné pour objectif de contribuer à l'édification d'un État fort et démocratique au Liban.

C'est dans ce contexte qu'il convient de placer les sessions de formation qu'elle organise à l'attention de jeunes cadres des partis politiques afin de développer leurs capacités de leadership politique. La fondation contribue également à identifier les priorités de l'État libanais, au moyen de son indice « L'état de l'État ». À travers cet indicateur, Renaissance Liban compare la perception de l'État par ses citoyens au Liban et en Norvège. En dépit des légères progressions et améliorations, le bilan de 2016 qui vient d'être publié par la fondation est sinistre.

Les membres du conseil d'administration de la fondation, composé de personnalités de la politique et du sociale – dont les anciens ministres des Finances Jihad Azour et de la Culture Tarek Mitri, l'ancien ambassadeur du Liban à Washington Simon Karam et le président de la fondation, Charles Hajj –, notent sur 10 treize critères jugés représentatifs de la performance étatique. Il s'agit de la liberté d'expression, de la stabilité sur trois ans, de la capacité de résister à une influence extérieure et de la tolérance religieuse, pour n'en citer que quelques-uns.

Si l'année écoulée a été marquée par l'élection du général Michel Aoun et par la formation d'un nouveau gouvernement présidé par Saad Hariri, ces deux événements majeurs ont eu un impact significatif sur la scène locale, notamment à la lumière des accords politiques conclus avant l'accession de M. Aoun à la première magistrature. Cela se fait particulièrement sentir au niveau de la stabilité, dont l'indice a enregistré une amélioration en passant de 3 en 2015 à 4,1 en 2016, contre 8,4 en Norvège. De même, la sécurité des citoyens s'est améliorée et est passée de 2,7 en 2015 à 3,5 en 2016 contre 8,3 en Norvège. La liberté d'expression se maintient (6 contre 5,8 en 2015 et 8,8 en Norvège).

Si une majorité des chiffres est en progression, cela n'occulte aucunement des résultats alarmants et tout aussi significatifs : l'indice de la qualité de la classe politique reste ainsi très bas : 1,7 contre 1,5 en 2015 et 7,2 en Norvège, de même que la maîtrise de la corruption, qui stagne à 2,2 contre 8,3 en Norvège, à l'heure où le président de la République s'est engagé à consacrer son mandat à lutter contre ce fléau. Idem pour la transparence économique, qui est toujours à un niveau de 2,5 contre 8,5 en Norvège.

 

(Pour mémoire : Performance de l’État : le Liban est actuellement en chute libre)

 

Explications
Priés d'expliquer les résultats de cet indice « l'état de l'État » pour 2016, des sources au sein de la fondation Renaissance Liban indiquent à L'Orient-Le Jour que l'élection d'un nouveau président pourrait bien expliquer le progrès enregistré au niveau de plusieurs critères de l'indice. Selon les mêmes sources, « les décisions de Saad Hariri et Samir Geagea de soutenir la candidature de Michel Aoun, et de mettre fin à l'escalade verbale opposant leurs formations respectives à d'autres protagonistes, y sont également pour quelque chose ».

Commentant l'indice relatif à la liberté d'expression, les sources précitées estiment que ce critère est étroitement lié au confessionnalisme qui imprègne la société libanaise. « Au Liban, on veille à ce que tout le monde ait l'opportunité de s'exprimer librement pour éviter les conflits à caractère confessionnel », note un membre de la fondation, avant de faire valoir que pour ce qui est de la tolérance religieuse, le chiffre de 4,9 est explicable par le fait qu'un bon nombre de leaders politiques et religieux se sont employés à calmer les appréhensions éprouvées par certaines parties chrétiennes, notamment à la lumière des conflits confessionnels qui ensanglantent le Moyen-Orient.

Dans les mêmes milieux, on est soucieux de mettre l'accent sur un point important : si l'indice principalement destiné à informer l'opinion publique de « l'état de l'État » révèle un progrès non négligeable à plusieurs niveaux, le Liban reste « en zone rouge » sur plusieurs plans. Il s'agit des critères de l'indice dont les chiffres sont inférieurs à 3 : en l'occurrence le contrôle du gouvernement sur le territoire (2,5), l'exercice de la justice (2,8), la confiance dans les institutions publiques (2,4), la transparence économique (2,5) et le contrôle de la corruption (2,2).

Quelles sont les solutions pour remédier à ces graves problèmes ? Pour les responsables de la Fondation Renaissance Liban, celles-ci commencent par le vote d'une nouvelle loi électorale, par l'indépendance du pouvoir judiciaire par rapport au législatif et à l'exécutif, ainsi que par la décentralisation et le renforcement du rôle des municipalités.

 

 

Pour mémoire

Quand de jeunes cadres politiques échangent et débattent sereinement


Créée en 2007 à Washington, la fondation Renaissance Liban s'est donné pour objectif de contribuer à l'édification d'un État fort et démocratique au Liban.


C'est dans ce contexte qu'il convient de placer les sessions de formation qu'elle organise à l'attention de jeunes cadres des partis politiques afin de développer leurs capacités de leadership politique. La fondation...

commentaires (1)

Je n'ai meme pas eu la patience de lire tous les details de cet article, rien qu'en etant temoin du parti pris de ceux qui l'ont compose.Oui, il y a de la "liberte d'expression" (peut-etre) mais elle est contrecaree par une lutte sournoise contre ceux qui osent exprimer leur opinions sur tout ce qui va mal dans notre pays, et surtout la "cause principale" de ce mal. J'entends par cette derniere la "combine" de la dette qui dure depuis 1993 et a laquelle personne "n'ose" s'opposer, comme si cette gigantesque fraude etait ancree dans la Constitution.Je dis et redis a tous ceux qui se bouchent les oreilles: "Commencez a rembourser la Dette a petit pas, et, surtout, acceptez de reduire le taux de 6.75% a 4.75% et vous verrez comment TOUT ira mieux au Liban. Mais qui est pret a ecouter et a entendre?

George Sabat

19 h 20, le 19 janvier 2017

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Commentaires (1)

  • Je n'ai meme pas eu la patience de lire tous les details de cet article, rien qu'en etant temoin du parti pris de ceux qui l'ont compose.Oui, il y a de la "liberte d'expression" (peut-etre) mais elle est contrecaree par une lutte sournoise contre ceux qui osent exprimer leur opinions sur tout ce qui va mal dans notre pays, et surtout la "cause principale" de ce mal. J'entends par cette derniere la "combine" de la dette qui dure depuis 1993 et a laquelle personne "n'ose" s'opposer, comme si cette gigantesque fraude etait ancree dans la Constitution.Je dis et redis a tous ceux qui se bouchent les oreilles: "Commencez a rembourser la Dette a petit pas, et, surtout, acceptez de reduire le taux de 6.75% a 4.75% et vous verrez comment TOUT ira mieux au Liban. Mais qui est pret a ecouter et a entendre?

    George Sabat

    19 h 20, le 19 janvier 2017