Rechercher
Rechercher

Humanitaire

Le groupe Kids United passe une matinée avec les réfugiés

Dans la banlieue sud de Beyrouth, plusieurs projets financés par l'Unicef aident à l'intégration des enfants syriens.

Le groupe Kids United entouré d’enfants au club sportif Hoops. Photo Unicef Lebanon/2016/Saadé

Durant le week-end, le groupe d'adolescents français Kids United a tenté de découvrir une facette du Liban entre deux concerts. Samedi matin, il a visité des projets financés par l'Unicef dans la banlieue sud de Beyrouth.

Ouzaï, dans une école privée où certaines classes ont été louées par l'association Ana Aqra', une centaine de petits réfugiés syriens, âgés entre 3 et 6 ans, se retrouvent cinq jours par semaine, trois heures par jour, pour apprendre à lire. Le projet est financé par l'Allemagne à travers l'Unicef, dans le cadre des aides versées au Liban suite à la crise syrienne. Destiné aux enfants syriens, ce projet vise à les préparer à l'école primaire, désormais entièrement gratuite pour les Libanais et les étrangers. Ana Aqra' a mis en place ce projet dans diverses localités qui accueillent des réfugiés, notamment Barja, Ketermaya et Aïta el-Foukhar.

Ana Aqra', dont la traduction en français est Je lis, a été fondée il y a vingt ans pour initier les enfants libanais, notamment ceux qui fréquentent les écoles publiques à l'amour de la lecture, en leur racontant des histoires et en leur distribuant des livres. La grande majorité des petits syriens suivant ce programme sont nés au Liban. Ils parlent avec un parfait accent libanais et certains d'entre eux ignorent même de quelle région ils sont originaires en Syrie.

 

(Lire aussi : Ces jeunes Européens qui s'engagent pour l'éducation des Syriens au Liban)

 

Fatima a cinq ans. Blonde, arborant une couronne de fleurs artificielles dans les cheveux et une robe rose, elle indique exactement son adresse au Liban, raconte sans accent qu'elle est originaire d'Alep, que son papa est couturier et qu'elle a une sœur et un frère nés ici. Malek a le même âge. Il est brun, il a les yeux vert olive et un sweater assorti à la couleur de ses yeux. Il ignore de quelle région il est originaire en Syrie. Il dit qu'il aime l'école et qu'il s'amuse avec ses camarades.

Un peu plus loin sur la route de l'aéroport, le club sportif Hoops accueille des réfugiés syriens dans le cadre d'un projet parrainé par l'Unicef, qui vise à leur intégration à travers le sport. « Cette année nous avons ciblé 8 600 enfants dans plusieurs régions libanaises, l'année prochaine notre but est d'atteindre 14 000 petits », souligne Myriam Hafez, responsable du projet au Hoops. « Ce projet baptisé « Développement par le sport » a commencé avec la guerre de juillet 2006. Nous avions travaillé avec des enfants réfugiés ayant fui les zones bombardées par les Israéliens. Nous misons sur le sport mais nous travaillons également sur l'hygiène, les activités d'éveil et si besoin le suivi psychologique. Grâce au programme, nous sélectionnons aussi des moniteurs et des monitrices qui nous aident ensuite avec les nouveaux venus », poursuit-elle.

 

(Dossier : L'école publique plombée par l'afflux des élèves syriens)

 

« Ne jamais baisser les bras »
Aya, 18 ans, fait partie de ces jeunes recrues. Originaire de Homs elle parle de ses premiers mois passés au Liban, il y a cinq ans. « C'était très difficile. Je me sentais seule et j'avais un accent. Je me sentais rejetée. Et puis, je suis arrivée au Hoops et j'ai commencé à voir les choses différemment. Je veux donner l'exemple aux réfugiés qui suivent le programme. Leur donner espoir et leur dire que les choses peuvent s'améliorer », dit-elle.

Le groupe Kids United, formé en 2015 pour une campagne de l'Unicef, rassemble cinq enfants et adolescents parrainés par les artistes Hélène Ségara et Corneille. Les enfants ont déjà donné des concerts et France et au Maroc.

Erza, l'une des membres du groupe, âgée de 11 ans, était la troisième finaliste de l'édition 2015 de l'émission La France a un incroyable talent. Elle est née en France de parents réfugiés du Kosovo. « Si j'ai un message à passer à ces enfants, je leur dirais de ne jamais baisser les bras, que mon père est originaire du Kosovo et qu'il est venu en France en tant que réfugié et s'en est sorti. Je vais chaque année au Kosovo, je vois toujours des immeubles criblés de balles, et mon papa nous parle encore un peu de la guerre », dit-elle à L'Orient-Le Jour.

 

(Lire aussi : Une journée à Chiyah II, l'école publique qui accueille Libanais et réfugiés syriens à bras ouverts)

 

Son père Mehmet, qui l'accompagne lors du voyage, explique de son côté : « On perd tout quand on quitte son pays. Quand on est réfugié et qu'on arrive dans un pays étranger, on se sent comme un moins que rien. Il faut commencer par apprendre la langue puis se construire. Je vais au Kosovo chaque année. Toute ma famille est là-bas. Si je ne rentre pas définitivement, c'est parce que mes enfants sont encore jeunes et sont scolarisés en France. »

Gloria, une autre membre du groupe, a 9 ans. Consciente de sa célébrité, elle explique qu'à « l'école, il faut faire comme les autres enfants », mais qu'elle présentera à ses camarades de classe un exposé sur les réfugiés au Liban.

Tanya Chapuisat, représentante de l'Unicef, a souligné l'importance de voir le groupe Kids United au Liban. « C'est une façon de sensibiliser les enfants aux problèmes des réfugiés », a-t-elle confié dans un bref entretien à L'OLJ. En réponse a une question, elle a noté qu'uniquement « 50 % des enfants syriens sont scolarisés dans les écoles publiques libanaises. Le reste demeure sans école. Le Liban a ouvert environ 300 écoles aux réfugiés. Il dispose d'un millier d'établissements scolaires. Réhabilités, ils pourront accueillir tous les réfugiés aussi bien que les enfants libanais. »

Il convient de signaler que depuis l'année dernière, l'école publique est devenue complètement gratuite aux élèves libanais et étrangers. Cette année, l'Unicef a assuré les fournitures de tous les enfants du public âgés de six à quatorze ans, c'est-à-dire pour toutes les classes primaires et complémentaires.

 

 

Lire aussi

Tirer profit de la crise syrienne pour améliorer le secteur de l’éducation

 

Pour mémoire

Un tiers des enfants syriens n'ont connu que la guerre, selon l'Unicef

Élisa Sednaoui dans les camps syriens : « On sent très fort le poids de la souffrance des enfants »

Derbas à « L'OLJ » : Les réfugiés syriens ne font pas peur...


Durant le week-end, le groupe d'adolescents français Kids United a tenté de découvrir une facette du Liban entre deux concerts. Samedi matin, il a visité des projets financés par l'Unicef dans la banlieue sud de Beyrouth.


Ouzaï, dans une école privée où certaines classes ont été louées par l'association Ana Aqra', une centaine de petits réfugiés syriens, âgés entre 3...

commentaires (0)

Commentaires (0)