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À La Une - France

Un an après le 13 novembre, le terrorisme au cœur du débat politique

L'extrême droite de Marine Le Pen pourrait bien bénéficier de cette situation.

Un an après les attentats du 13 novembre, terrorisme et sécurité se sont imposés dans la campagne présidentielle, sans permettre aux têtes d'affiches, des plus fermes aux plus modérées, de marquer des points dans l'opinion. Photo d'archives AFP

Un an après les attentats du 13 novembre, terrorisme et sécurité se sont imposés dans la campagne présidentielle, sans permettre aux têtes d'affiches, des plus fermes aux plus modérées, de marquer des points dans l'opinion.

Au lendemain des attaques du 13 novembre, qui ont fait 130 morts et plusieurs centaines de blessés, la classe politique est sous le choc. Dans une France "en guerre", selon les termes de François Hollande, l'unité nationale et le recueillement qui avaient prévalu en janvier 2015 ont volé en éclat. L'état d'urgence est décrété, les perquisitions administratives se multiplient.

Devant le Congrès réuni le 16 novembre à Versailles, le chef de l'Etat, dont la popularité remonte, comme après l'assaut contre Charlie Hebdo, annonce une extension de la déchéance de nationalité. Un coup tactique destiné à couper l'herbe sous le pied de la droite qui se retournera finalement contre son concepteur.

S'en suivra en effet un débat de trois mois qui fracturera la gauche, coupera le président de sa propre base électorale, avant de se solder par un échec cuisant, faute de majorité. M. Hollande, englué dans une impopularité record, a depuis exprimé ses regrets concernant cette réforme dont il n'était lui-même pas convaincu de l'utilité. Il se pose désormais en défenseur de l'Etat de droit, dans l'espoir d'avoir trouvé là la martingale pour sa réélection.

 

(Lire aussi : « Les Français ont compris que leur pays était entré dans une phase historique difficile et douloureuse »)

 

Manuel Valls, auteur d'un discours salué à droite comme à gauche à l'Assemblée nationale quelques jours après les attentats de janvier, sort lui aussi affaibli de cette séquence. En estimant qu'"expliquer" le terrorisme, c'était "déjà vouloir un peu excuser", il suscite l'incompréhension dans son propre camp. Celui qui pourrait servir de recours à gauche si M. Hollande renonçait à se représenter a depuis atténué ces propos.

Dans un contexte sécuritaire sans précédent depuis la guerre d'Algérie, le terrorisme arrive aujourd'hui en tête des préoccupations des Français (46%), devant le chômage (40%), selon un sondage Elabe.
"C'est très spécifique par rapport à d'autres campagnes", explique Jérôme Fourquet, de l'institut de sondages Ifop, qui rappelle que les questions économiques et sociales devancent traditionnellement les questions sécuritaires.

Mais ces attaques, suivies quelques mois plus tard par celles de Magnanville et Saint-Etienne-du-Rouvray, et le carnage de Nice le jour de la Fête nationale, ont aussi ébranlé la droite, qui pâtit de son bilan de suppressions de postes de policiers durant le quinquennat de Nicolas Sarkozy (2007-2012).

 

(Lire aussi : La note est salée pour le tourisme à Paris après les attentats)

 

Tout ça pour quel résultat?
Engagés dans une primaire sans précédent, les dirigeants de la droite rivalisent ainsi de propositions plus ou moins radicales et s'écharpent publiquement.
Quand Nicolas Sarkozy propose de soumettre à un référendum sur la "rétention administrative" des fichés S "les plus dangereux", avec le contrôle d'un juge a posteriori, François Fillon répond ne pas vouloir d'un "Guantanamo" à la française, tout comme Jean-Frédéric Poisson ou encore Nathalie Kosciusko-Morizet.
Jean-François Copé prône lui une justice "spécialisée", même si elle existe depuis 1986, avec "des Marc Trévidic (ancien juge antiterroriste, ndlr) à tous les étages", plutôt qu'une "justice d'exception", comme l'ont réclamé Bruno Le Maire et Nicolas Sarkozy. A l'inverse, Alain Juppé estime que "les outils existent", même s'il faut "les perfectionner et les appliquer avec la plus grande détermination".

Tout ça pour quel résultat? "Après les attentats de Nice et Saint-Etienne-du-Rouvray, il y a eu une hausse très nette de Nicolas Sarkozy par rapport à Alain Juppé parmi les sympathisants de droite", explique Jérôme Fourquet de l'Ifop. Mais pas au point de remettre en cause la position de favori du maire de Bordeaux.

C'est finalement l'extrême droite qui pourrait bénéficier de cette situation: Marine Le Pen, systématiquement annoncée par les sondages au second tour de la présidentielle, s'est ainsi félicitée fin juillet que "les solutions proposées par les uns et les autres" pour lutter contre le terrorisme "étaient dans notre projet de 2012: déchéance de nationalité, Garde nationale, fermeture des mosquées salafistes"...

 

 

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