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Repère

La France recherche la potion contre la radicalisation jihadiste

Le gouvernement français a mobilisé des moyens considérables mais tâtonne.

Capture d'écran du site gouvernemental stop-djihadisme.

Un an après les attentats du 13 novembre, la France mobilise des moyens considérables pour tenter de détourner de la violence les individus radicalisés, mais tâtonne avec de multiples expérimentations aux résultats difficiles à évaluer.

Face aux départs de ses ressortissants vers les terres de jihad, le pays s'est lancé en 2014 dans la "lutte contre la radicalisation violente". Le chantier est devenu prioritaire après la vague d'attentats sans précédents de 2015 et 2016 (238 morts au total), tous commis au nom de l'islam.

Le gouvernement socialiste a prévu quelque 100 millions d'euros sur trois ans mais reste conscient des limites. "Je ne crois pas qu'on puisse inventer un vaccin contre cette tentation" jihadiste, expliquait récemment le ministre de la Justice Jean-Jacques Urvoas.

 

(Lire aussi : La justice française durcit sa réponse à la « déferlante » jihadiste)

 

PRÉVENTION
Quelques jours à peine après les attentats de janvier 2015, le gouvernement lançait un site internet pour contrer la propagande sur internet, canal privilégié de recrutement, et travaillait avec les géants du net pour faire désactiver les profils jihadistes. Pour les spécialistes, la communication officielle reste toutefois très éloignée des codes du public concerné. Et des messageries cryptées, type Telegram, échappent à ce contrôle.

 

DÉTECTION
Un numéro vert "Stop jihadisme" a été créé en avril 2014. Un employeur peut signaler un employé qui refuse de serrer la main aux femmes, un proche peut appeler quand une mineure décide d'endosser la burqa, etc. Des agents enquêtent alors pour savoir s'il existe un risque de violences. Fin octobre, près de 12.000 dossiers ont été transmis aux services de renseignement via ce centre d'appels.

 

(Lire aussi : Les prisons européennes, une « pépinière » pour jihadistes)

 

PRISE EN CHARGE EN 'MILIEU OUVERT'
Plus de 2.200 personnes bénéficient aujourd'hui d'un suivi assuré par des associations au sein de cellules mises en place au niveau local avec des fonds publics.

Diverses approches cohabitent, en miroir des différentes lectures du phénomène radical: l'islam est-il le prétexte ou la cause de la radicalisation ? Faut-il se centrer sur la déconstruction du discours jihadiste, sur une approche psychiatrique, sur l'environnement social ?

L'anthropologue Dounia Bouzar, l'une des premières à s'être saisie du sujet, estime que la radicalisation relève du phénomène sectaire. Elle dit avoir travaillé avec un millier de jeunes en privilégiant une logique de désembrigadement. D'autres ont recours à des imams pour produire un contre-discours théologique, certains mettent en place des équipe de "mentors"...

Parfois, la méthode est pluridisciplinaire, comme au centre d'action et de prévention contre la radicalisation des individus ouvert à Bordeaux (sud-ouest) où des psychologues, des travailleurs sociaux et des spécialistes du fait religieux œuvrent de concert.

Certaines expériences ont fait long feu, d'autres n'ont pas encore été évaluées. "Personne ne sait exactement ce qu'il faut faire. La solution sera peut-être une hybridation des idées", commente le sociologue Gérald Bronner.

 

(Pour mémoire : En France, la menace jihadiste au coeur de la campagne présidentielle)

 

ERREMENTS EN PRISON
Environ 1.400 détenus sont considérés comme radicaux. Après les attentats de janvier 2015, le gouvernement avait décidé d'expérimenter des quartiers pénitentiaires dédiés pour éviter la diffusion de leurs idées. Mais l'agression de deux surveillants par un détenu radicalisé, fin septembre, a sonné le glas de cette expérience très critiquée.

"Il n'était pas difficile de savoir que ce regroupement de détenus allait produire l'inverse de l'effet recherché, car la constitution de groupe agit dans le processus extrémiste", commente le psychanalyste Fethi Benslama.

 

INTERNAT
Un internat, réservé à de jeunes majeurs en voie de radicalisation, a ouvert cet automne dane le centre-ouest de la France. Il doit accueillIr au maximum 25 pensionnaires volontaires sur 10 mois. Cours d'histoire, de religion, d'éducation aux médias... le tout dans une discipline stricte: le but est de les couper de la propagande jihadiste, de renforcer leur esprit critique, de les resocialiser.
Au total 13 centres de ce type -- un par région -- doivent être ouverts d'ici à fin 2017... si les premiers bilans attestent d'une certaine efficacité.

 

 

Lire aussi

La France teste des internats pour jeunes en voie de radicalisation

 

 


Un an après les attentats du 13 novembre, la France mobilise des moyens considérables pour tenter de détourner de la violence les individus radicalisés, mais tâtonne avec de multiples expérimentations aux résultats difficiles à évaluer.

Face aux départs de ses ressortissants vers les terres de jihad, le pays s'est lancé en 2014 dans la "lutte contre la radicalisation...

commentaires (4)

Enfin, les partisans de l'OAS et de l'Algérie française comprendrons la décision prophétique du général de Gaulle de 1962, de ne pas accueillir en France le reste des harkis afin de ne grossir le nombre des futurs jihadistes. Cqfd.

Honneur et Patrie

19 h 51, le 11 novembre 2016

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Commentaires (4)

  • Enfin, les partisans de l'OAS et de l'Algérie française comprendrons la décision prophétique du général de Gaulle de 1962, de ne pas accueillir en France le reste des harkis afin de ne grossir le nombre des futurs jihadistes. Cqfd.

    Honneur et Patrie

    19 h 51, le 11 novembre 2016

  • L,ERADICATION !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    14 h 48, le 11 novembre 2016

  • Laissez tomber tout cet enfumage à la mormelon, il faut que cette hollandouille qui décore des rois de la médaille d'honneur s'en aille et c'est tout.

    FRIK-A-FRAK

    13 h 25, le 11 novembre 2016

  • Lavage de cerveau contre les ressortissants des terres de jihad bonne idée mais......

    Sabbagha Antoine

    12 h 07, le 11 novembre 2016