Le président Michel Aoun a reçu mardi 1er novembre 2016 à Baabda l'ancien vice-Premier ministre Issam Farès. Photo Ani
Au lendemain de l'élection de Michel Aoun à la présidence de la République libanaise, les messages de félicitations continuaient d'affluer mardi alors que les négociations sur la formation du prochain gouvernement se profilent à l'horizon.
Issam Farès à Baabda
L'ancien vice-Premier ministre libanais Issam Farès, de retour au Liban après plusieurs années d'absence, s'est rendu au palais de Baabda pour féliciter le nouveau chef de l'Etat. "Nous félicitons Michel Aoun et le Liban pour l'élection présidentielle. Notre pays nous a manqué et nous restons à son service où que nous soyons", a déclaré M. Farès à l'issue de son entretien. "Nous avons brisé la glace en revenant au Liban. Pour nous, Michel Aoun a un statut particulier. Je suis confiant sur le fait qu'un nouveau Liban va naître", a-t-il ajouté. Par ailleurs, M. Farès a déclaré qu'il ne fera pas partie du gouvernement "pour le moment".
Des dignitaires religieux ont également félicité Michel Aoun pour son élection. Le mufti de la République, le cheikh Abdellatif Deriane, a appelé les Libanais à "soutenir leur nouveau président". Il a également remercié le leader du courant du Futur, Saad Hariri, ainsi que l'ensemble des leaders politiques. De son côté, le vice-président du Conseil supérieur chiite, Abdel Amir Kabalan, a exprimé le souhait que le mandat du président Aoun qui s'ouvre soit "de bonne augure" pour le Liban et les Libanais. M. Aoun a également reçu une délégation des évêques maronites et a reçu un appel de Youhanna X, patriarche d'Antioche et de tout l'Orient pour les grecs-orthodoxes.
Le secrétaire d'Etat américain, John Kerry, a de son côté félicité le président de la République libanaise pour son élection, au cours d'un entretien téléphonique durant lequel il a réaffirmé le soutien de Washington à l'armée libanaise. "Les Etats-Unis se tiennent aux côtés du Liban et s'engagent à soutenir l'armée libanaise dans sa lutte contre le terrorisme et ses efforts pour la stabilité", a affirmé le chef de la diplomatie américaine au président libanais.
La Turquie, par la voix du ministère des Affaires étrangères, a pour sa part exprimé le souhait que le mandat du nouveau chef de l'Etat soit une réussite, soulignant l'importance de la réconciliation entre toutes les composantes politiques. Le gouvernement espagnol a également salué l'élection de Michel Aoun à la tête de l'Etat.
(Lire aussi : Aoun président, mais l’incertitude reste de mise)
Gouvernement majoritaire ou d'union ?
Tous ces responsables ont exprimé l'espoir qu'un gouvernement soit rapidement formé. Les consultations parlementaires, préludes à la nomination du Premier ministre et à la composition du gouvernement, débuteront mercredi. Jusqu'à l'entrée en fonction de la prochaine équipe ministérielle, le gouvernement de Tammam Salam expédiera les affaires courantes.
M. Kerry a ainsi indiqué à M. Aoun que "les Etats-Unis, tout comme la communauté internationale, espèrent la formation d'un gouvernement dans les plus brefs délais". Le secrétaire d'Etat américain a dans ce contexte contacté le chef du courant du Futur. "La réunion du quorum constitutionnel va permettre de réactiver les institutions et d'affronter les défis auxquels le Liban est confronté", a déclaré M. Kerry. Le chef de la diplomatie américaine a également "salué le rôle" joué par Saad Hariri dans la tenue de l'élection présidentielle.
Si la nomination de Saad Hariri est "tranchée" selon Antoine Zahra, député FL, les contours du gouvernement restent à définir bien qu'Alain Aoun, député du Courant patriotique libre (CPL) fondé par Michel Aoun, ait assuré que sa formation "s'effectuera rapidement".
Dans la matinée, le ministre des Télécoms, Boutros Harb, a appelé Michel Aoun à former un gouvernement issu de la majorité présidentielle. De son côté, le ministre de l'Economie, Alain Hakim, proche des Kataëb, a affirmé que son parti se comportera en "opposant honnête". Pour sa part, l'ancien ministre druze Wi'am Wahhab, allié du Hezbollah, a estimé qu'un gouvernement d'entente, réunissant l'ensemble des partis, serait un "piège".
Michel Aoun était soutenu par les Forces libanaises (FL), le Futur, le Hezbollah et le PSP du leader druze Walid Joumblatt. Le président du Parlement et leader du mouvement Amal, Nabih Berry, les Marada, les Kataëb et plusieurs personnalités issues du 14 Mars, dont M. Harb, n'ont pas voté pour lui. M. Berry et le chef des Marada, Sleiman Frangié, n'ont cependant pas exclu d'entrer au prochain gouvernement.
Mardi, le bloc parlementaire du Futur a annoncé son soutien à son chef dans la course à la présidence du Conseil. "Le bloc annonce son soutien à la candidature de Saad Hariri pour la présidence du gouvernement", a déclaré la formation à l'issue de sa réunion hebdomadaire. "Le bloc se tient à ses côtés et attend des résultats positifs d'une coopération future entre les présidents Aoun et Hariri, dans le respect de la Constitution et de l'accord de Taëf", a-t-il ajouté.
Le Bloc du changement et de la réforme a également apporté son soutien à la candidature de Saad Hariri à la présidence du prochain gouvernement. "Après le soutien du Bloc du futur à Saad Hariri, nous avons décidé d'appuyer la candidature de celui-ci car cela est tout à fait naturel", a annoncé le chef du CPL, Gebran Bassil, à l'issue de la réunion hebdomadaire du bloc aouniste. "Nous soutenons celui qui nous soutient, et tous nos votes iront pour M. Hariri (...)", a ajouté le ministre des Affaires étrangères.
Sur un autre plan, le général Salim Feghali a été nommé à la tête de la Garde républicaine. Il prend ses fonctions le 7 novembre 2016.
Lire aussi
Election de Aoun : ce qu'en dit la presse libanaise et internationale
Coup au but, l’éditorial de Issa GORAIEB
1988 - 2016 : Michel Aoun en 16 "petites phrases"
De l'armée à la présidence de la République, le parcours de Michel Aoun en images
Et nos reportages
La séance parlementaire, entre vexations, plaisanteries et solennité
Une centaine de pas pour exorciser 26 ans de séparation
Au QG du CPL, à Sin el-Fil, le rêve devient réalité
À Haret Hreik, effervescence, déception puis euphorie se succèdent
De la place Sassine à la place des Martyrs, une même euphorie
Beyrouth, entre atmosphère festive, ironie et lassitude
À Meerab, une journée placée sous l'effet de la réconciliation
À Tripoli, le silence de la protestation
Issam Farès à BaabdaL'ancien vice-Premier ministre libanais Issam Farès, de retour au Liban après plusieurs années d'absence, s'est rendu au palais de Baabda pour féliciter le nouveau chef de l'Etat. "Nous félicitons Michel Aoun et le Liban pour l'élection présidentielle. Notre pays nous a manqué et nous restons à son service où que nous soyons", a déclaré M. Farès à l'issue de son entretien. "Nous avons brisé la glace en revenant au Liban. Pour nous, Michel Aoun a un statut particulier. Je suis confiant sur le fait qu'un nouveau Liban va naître", a-t-il ajouté. Par ailleurs,...


Tournons une belle page blanche . Vive le Liban .
16 h 55, le 01 novembre 2016