X

Campus

Un atelier pour réinventer Zghorta

Urbanisme

Le titre de l'atelier, « Repenser Zghorta », laisse insinuer qu'il s'agit de refaire un travail déjà effectué sur la ville. Or l'une des premières séances de l'atelier était intitulée « À la recherche de la ville perdue de Zghorta ». Une occasion pour les intéressés d'apprendre, d'analyser les données et de proposer des solutions.

15/07/2016

À l'initiative de Platau (Platform for Architecture and Urbanism), fondée par l'architecte et géographe Boulos Doueihy et l'architecte et urbaniste Sandra Frem, avec le soutien de l'ONG Zgharta Forward dont Doueihy est un membre actif, l'atelier « Repenser Zghorta » est le premier chantier de son genre visant à réinventer la ville.
Au campus de l'Université antonine à Zghorta, des étudiants, des académiciens et des professionnels de différents horizons se sont retrouvés pendant trois longues journées, du 23 au 25 juin. Autour de documents, cartes géographiques, équerres et crayons, les participants ont travaillé par équipes, chacune se concentrant sur un axe : l'héritage culturel ; la diversité économique ; l'écologie ou l'efficacité des ressources ; l'habitabilité ; et la connectivité au sein des différentes régions de la ville. « Nous avons réalisé une analyse autour de la ville et avons préparé les données adéquates », a expliqué Boulos Doueihy avant d'ajouter : « Nous avons demandé à des spécialistes et des experts leurs avis concernant les besoins de la ville, et nous sommes parvenus à discerner ces cinq axes de travail. »
« Stratégie » a été le mot-clé régissant l'ensemble des séances de travail. Sur ce plan, Boulos Doueihy a relevé que partout au Liban les gouvernements ainsi que les municipalités ne fonctionnent pas suivant des plans de développement et de stratégies. « Sans un sens de l'organisation et un objectif précis, les ressources des municipalités se trouvent gaspillées et investies de manière diffuse », a-t-il souligné. Abondant dans le même sens, l'architecte Hanaa Rassy, qui a vécu pendant de longues années en France, a fait part de son désir de voir se réaliser au Liban ce qu'elle appréciait en France en tant que citoyenne. « C'est ce désir-là, entre autres, qui m'a poussée à participer à l'atelier », a-t-elle dit. Toujours dans le même esprit, l'architecte Assil Honein a déclaré être ravie de participer, pour la première fois au Liban, à pareil événement.

Les étudiants participants : une « valeur ajoutée »
Étudiant en master d'aménagement urbain à l'AUB, Walid Sader fait partie de l'équipe traitant de l'identité et de l'héritage culturels de la ville de Zghorta, qu'il ne connaissait pas de près. « Pendant ces trois journées, j'ai eu la chance de connaître la ville, de rencontrer des experts et de discuter d'éventuels projets », a-t-il noté. Les participants de son groupe ont jugé essentiel de se pencher sur l'histoire de la localité quitte à mieux la comprendre et à essayer de proposer des solutions. « L'un des objectifs de cet atelier est de sensibiliser les participants et le public à l'importance des aspects historique, culturel et géographique de la région. »
Pour sa part, Rami Hayek, étudiant en master d'architecture à l'Usek, s'est intéressé à l'atelier parce que celui-ci traite en quelque sorte la même problématique que son mémoire. « Il s'agit de penser comment l'expansion urbaine affecte l'aspect culturel et le secteur agricole d'une ville », relève-t-il. Cependant, l'atelier a dépassé les attentes de Rami : « J'ai également travaillé sur la connectivité des routes, les solutions à l'embouteillage, et d'autres sujets consacrés à mon équipe. »
Au sein des cinq groupes, chaque participant a son rôle et ses tâches, et travaille en coordination avec les autres, sous la supervision d'un professionnel.
En deuxième année d'architecture de paysage à l'AUB, Manal Doueihy confie que « Repenser Zghorta » est le premier atelier auquel elle participe. Ravie de pouvoir pour la première fois appliquer ce qu'elle avait appris en cours, surtout que la région ciblée est sa ville natale, la jeune étudiante fait partie du groupe qui travaille sur l'écologie, s'intéresse aux espaces naturels de la région et tente de proposer des moyens de préserver ses sites, notamment les rivières. « Le travail s'effectue en trois étapes : nous analysons, nous essayons de discerner les problèmes puis de proposer des solutions applicables », a-t-elle expliqué.
De son côté, Boulos Doueihy affirme avoir essentiellement voulu cibler les étudiants dans cet atelier, vu leurs capacités à faire du brainstorming. « En plus, je tiens à ce qu'ils profitent eux-mêmes de cette expérience », a-t-il conclu.

À la une

Retour à la page "Campus"

Dernières infos

Les signatures du jour

Décryptage de Scarlett HADDAD

Le Hezbollah et « la patience stratégique »

Les + de l'OLJ

1/1

Le Journal en PDF

Les articles les plus

A WEEKLY EDITION CURATED AND
PERSONALIZED BY OUR EDITORIAL TEAM

SIGN UP TO OUR NEWSLETTER IN ENGLISH

More Info See Sample
x

Pour enregistrer cet article dans votre dossier personnel Mon Compte, vous devez au préalable vous identifier.

L'OLJ vous offre 5 articles

"La révolution en marche". Rejoignez aujourd'hui la communauté des abonnés en vous abonnant à 1$ pour UN AN. Offre limitée pour 24h

Je poursuis la lecture

4

articles restants