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La Dernière

Chef Antoine, héros des femmes au foyer

Papilles
16/06/2016

Il est l'ami préféré des ménagères libanaises. Celui qui prodigue des conseils pratiques sur toutes sortes de recettes et techniques de cuisine pendant qu'elles sont confortablement installées devant leur petit écran. Elles ne jurent que par lui et suivent ses directives à la lettre, même s'il ne peut pas en vérifier le résultat... Antoine Hajj, chef Antoine pour ses aficionados, fait de la télévision depuis plus 20 ans. Avec sa simplicité « rustique », brute de décoffrage, peut-être même à cause d'elle, il a gagné sa notoriété. Directeur de l'école hôtelière à Dekwaneh et directeur de l'exploitation dans ce même institut, il a publié un livre de 600 recettes que toute femme voulant apprendre ou bien faire la cuisine a acheté.
« En démarrant mes émissions à la télé, je me suis dit que je dois, pour réussir à me faire comprendre, me mettre à la place de la ménagère moyenne. Lui donner des explications accessibles qu'elle pourrait facilement mettre en pratique », dit-il.

Dans son premier programme, transmis pendant deux ans sur Antenne Plus, il ne faisait aucune démonstration à l'écran. Habillé d'un tablier blanc, il se contentait de donner des recettes, expliquer, comme le ferait un professeur d'école, les ingrédients, les astuces ; transmettre son savoir-faire et répondre aux questions. Et son message est passé. Aujourd'hui, il est au quotidien sur Télé-Liban, faisant la cuisine devant un fan-club acquis et confirmé, en donnant de claires directives à son assistante.

Le chef Antoine n'a pas peur de livrer ses secrets de cuisine sur petit écran. « C'est dommage que les femmes au foyer ne sachent pas toujours confectionner de bons plats, alors qu'avec une recette dont les instructions sont bien suivies, elles peuvent réussir. Je pars du principe que, du moment où on a de la viande, du poulet et des légumes au frigo, on peut préparer de très bonnes recettes », dit-il simplement.
Ravi de sa réputation, acquise aussi grâce à son professionnalisme, il se souvient de ses premières apparitions télévisées. « Je connaissais toutes les recettes à part celles des pâtisseries arabes. Alors, j'ai engagé durant trois mois un chef pâtissier tripolitain qui me donnait des cours particuliers, en m'apprenant les secrets de son métier. Je ne voulais pas qu'on me pose une question en direct et que je ne sache pas y répondre », explique-t-il.

Le chef Antoine, lui-même élève de l'école hôtelière, a entamé sa carrière à la fin des années soixante-dix. « J'étais toujours à l'école et je gérais le restaurant d'un hôtel à Koleyate, dans le Kesrouan, d'une capacité de 400 personnes », confie-t-il, la moustache fière. Il part en Irak ensuite, y passe plusieurs années, aide à la création de l'école hôtelière de Bagdad, rentre au Liban, enseigne à l'école hôtelière de Dekwané, et en devient le directeur.
C'est avec bon sens qu'il répète, comme un credo, deux phrases simples et auxquelles peu de gens accordent suffisamment d'importance : « la faim est la meilleure sauce avec laquelle on mange un plat » et « tout le monde est obligé de manger pour vivre ». « Rares sont les personnes qui n'aiment pas manger, mieux vaut donc manger bien et bon », affirme-t-il.
Chef Antoine aime aussi énumérer les plaisirs de la vie : avoir de l'argent pour pouvoir le dépenser, être bien entouré, faire l'amour et manger. « Les sensations procurées par la bonne bouffe sont bien plus variées que celles qui émanent des relations sexuelles », estime-t-il.

Que fait-il donc s'il est contraint de manger un plat qui n'est clairement pas bon ?
« Je ne fais jamais de remarques désobligeantes. Je mange très peu et je calme ma faim en prenant des olives, du pain et du fromage. En me disant que je mangerai plus tard, un autre jour peut-être, quelque chose de bon, qui vaille la peine d'accumuler des calories ! » répond-il avec humour.
Marié depuis treize ans, le chef Antoine ne cuisine pas chez lui. C'est sa femme qui le fait... Durant ses moments libres, il se rend dans son village natal de Kornayel où il est en train de se faire construire une maison.
Le rêve qu'il n'a jamais réalisé ? « Ouvrir une pâtisserie. C'est ce que je voulais faire quand j'étais plus jeune. J'ai un grand faible pour le sucre. » Ses projets d'avenir ?
Avoir son propre label de plats cuisinés. Il semblerait que le rêve prendra bientôt forme.

 

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