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La Dernière

Rima el-Khodr, de la banque aux fourneaux, sans transition

Papilles
12/05/2016

De l'énergie, de l'humour et le talent de s'adapter à toutes les situations. Rima Ramadan el-Khodr est une perfectionniste née. Après une carrière de 23 ans dans les finances, occupant un poste de responsabilité à la Société générale de banque au Liban, elle est passée derrière les fourneaux, sans jamais faire les choses à moitié. Car pour elle, un travail mal fait est un manque de respect aux autres et un manque d'éducation. « Je n'avais jamais cuisiné de ma vie. L'histoire a commencé il y a juste six ans. J'avais quitté mon travail à la banque pour devenir la responsable marketing de mon fils Matteo, qui venait d'entamer sa carrière de contre-ténor. Je quittais Beyrouth souvent, je le suivais dans ses voyages. Il m'était donc devenu impossible de rester à la banque », confie-t-elle.
Mère de trois enfants, elle n'avait jamais essayé même de faire la cuisine auparavant. « J'ai toujours été aidée à la maison. Au début de mon mariage, j'avais une cuisinière. Ensuite, durant 21 ans, Sandra, une employée de maison d'origine sri-lankaise, a tout pris en charge. Ma mère lui avait transmis quelques recettes. Elle gérait tout. Pour mes invitations, j'avais toujours fait appel à des traiteurs. Il y a six ans, j'ai quitté mon travail et Sandra est tombée malade, et elle est retournée dans son pays. Durant plusieurs mois, je me faisais livrer des plats du jour au quotidien, pour toute la famille... Et puis un déclic a eu lieu, venu de nulle part : j'ai décidé de faire la cuisine », raconte-t-elle. Le contraire était finalement étonnant, car Rima el-Khodr a grandi dans une maison typiquement beyrouthine où sa mère et sa grand-mère étaient des cordons-bleus. « Sans avoir de talent pour la cuisine, j'ai toujours eu un palais délicat qui sait reconnaître les bonnes saveurs », dit-elle.
Elle apprend alors les vieilles recettes de sa mère, comme le Daoud Bacha à la sauce de sirop de grenadine. Elle regarde à longueur de journée la chaîne BBC Lifestyle, entre en contact avec les chefs qui tiennent des programmes à l'écran, suit avec eux des cours en ligne.
Coquette, elle note pourtant, en riant : « Je n'aimais pas rester dans la cuisine par crainte d'absorber l'odeur de l'oignon ou de la friture ! Et puis on a toujours une mauvaise image des cuisinières avec les cheveux bien cachés sous un foulard et portant un horrible tablier. Mais tout à coup, il y a quelques années, la cuisine est devenue à la mode. »
Rima el-Khodr commence alors à inviter ses amis à déguster ses propres plats. Ils sont plus que surpris. Ses enfants l'encouragent. « Ce sont eux qui m'ont aidée à me faire connaître, à travers les médias sociaux et en parlant de mes plats devant leurs amis », confie-t-elle.
Au bout d'un an, elle ouvre sa propre entreprise de catering, Rimran gourmet, devenu Rima's kitchen, et donne des cours à Kitchenlab. Une fois par mois, elle fait la cuisine à Tawlet, participe au marché de Souk el-Tayeb, en attendant de prendre part à Souk el-Akel tous les jeudis. Le 19 mai, elle fera également partie d'un pop-up de trois jours au Junk Yard.
Aujourd'hui, sa fille Riwa, qui a fait des études en hôtellerie, collabore avec elle dans la préparation du travail et dans la confection des desserts. Elle vient d'ailleurs de lancer une ligne de pâtisserie healthy baptisée Little Miss Sweet.
La cuisine de Rima el-Khodr ? Les ragoûts libanais, les spécialités beyrouthines dont la vieille Moufataka, dessert à base d'huile de sésame, les quiches, les rôtis, l'ossobuco et d'autres grillades, plats, entrées et desserts internationaux.
Depuis qu'elle s'y est lancée et qu'elle y trouve tant de plaisir, elle encourage les femmes qui ont envie de changer de métier à faire comme elle. « Il faut voir les opportunités qui se présentent, ne pas baisser les bras et aller au bout des choses. Les choses sont toujours en mutation et rien n'est jamais acquis », affirme-t-elle.

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NAUFAL SORAYA

Bravo, Rima, c'est formidable!!!

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