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Liban - Environnement

Après Zahlé, Aïn Dara lutte farouchement contre la « cimenterie » des frères Fattouche

Nouvel épisode de l'épreuve de force qui oppose les activistes du village aux entrepreneurs venus de Zahlé : Antoine Haddad (Renouveau démocratique) et son frère Abdallah ont été convoqués par la police judiciaire.

Les sommets du Mont-Liban ravagés par les pelleteuses.

Les carrières de Aïn Dara ont-elles modifié le profil du Mont-Liban ? C'est ce qu'assure un comité d'activistes du village présidé par Abdallah Haddad, qui se bat contre l'implantation, par Nicolas et Pierre Fattouche, d'une mégacimenterie sur un site déjà ravagé. Ces derniers s'étaient heurtés, l'an dernier, à une farouche opposition des habitants de Zahlé, qui avaient fait barrage à leur projet.

La mégacimenterie, que les frères Fattouche cherchent à installer à Aïn Dara, dont les terrains sablonneux sont déjà exploités à outrance, est en fait un concasseur de débris urbains dont la matière première viendra, on s'en doute, de la Syrie voisine, quand l'heure de la reconstruction sonnera.

Le comité d'initiative civile de Aïn Dara et la municipalité du village, appuyés par des personnalités politiques comme Walid Joumblatt et Samir Geagea, ont décidé d'unir leurs compétences pour lutter contre cette mégacimenterie qui s'étale sur une superficie de 1 200 000 mètres carrés, soit trois fois la cimenterie de Sibline, et dont le concasseur va produire un ciment plein de débris d'explosifs et de métaux lourds (plomb, cuivre, zinc, alliages divers), sans compter les additifs que l'on introduit aux matériaux de construction.

 

(Lire aussi : Aïn Dara : marche citoyenne contre le projet de mégacimenterie)

 

Épisode judiciaire
Quoi qu'il en soit, un nouvel épisode de l'épreuve de force engagée autour de ces carrières et du nouveau projet de cimenterie s'est ouvert hier, avec la convocation adressée par la police judiciaire de Baabda au secrétaire général du Renouveau démocratique, Antoine Haddad, et à son frère, Abdallah. Ces derniers répondront vraisemblablement d'une plainte pour diffamation déposée par les frères Fattouche. La convocation a été transmise par le poste de gendarmerie de Mdeirej. Abdallah Haddad est le fer de lance du mouvement civil hostile à l'implantation de l'usine.

Le projet de cimenterie a déjà obtenu l'autorisation des deux ministères de l'Industrie et de l'Environnement, note-t-on. Toutefois, M. Haddad, joint au téléphone par L'Orient-Le Jour, juge que ces autorisations sont « abusives ». Il affirme notamment qu'elles ont été accordées sans une étude d'impact suffisante sur l'environnement et sans la consultation de la population, comme le prévoit la loi. C'est sur cette base qu'un recours en invalidation de ces licences d'exploitation a été introduit par un comité d'initiative civile devant le Conseil d'État.

M. Haddad va même jusqu'à affirmer que la société des frères Fattouche n'est plus qualifiée légalement pour exploiter de nouvelles carrières. Selon la loi, assure-t-il, un exploitant perd ses droits s'il ne réhabilite pas le site des carrières qu'il exploite. Or, selon M. Haddad, « les principes de terrassement n'ont jamais été respectés, des falaises d'une hauteur vertigineuse ont été créées, les sommets des montagnes ont disparu, le profil tout entier du Mont-Liban a été modifié ». Et de rappeler qu'en droit international, « les sommets de montagne ne peuvent être l'objet d'une quelconque propriété privée ».

 

(Lire aussi : Joumblatt : Je participerai à tout mouvement contre la cimenterie à Aïn Dara)


La cédraie du Chouf menacée
Le mouvement d'opposition au projet fait valoir aussi que les carrières et la cimenterie sont situées à l'intérieur de la zone de protection de la cédraie du Chouf. Il conteste aussi l'implantation d'une industrie aussi polluante à une altitude de 1 500 mètres au-dessus d'une zone hydraulique, particulièrement riche, où les fleuves Barouk et Damour prennent leur source et où plus de 400 points d'eau sont répertoriés ; et dans une zone où les vents dominants vont emporter les fumées de la cimenterie soit vers Zahlé, soit vers Beyrouth.

« Nous ne laisserons pas Aïn Dara être enseveli par la poudre grisâtre de ces nouvelles cheminées et devenir un nouveau Chekka », lance Abdallah Haddad. Ce dernier s'attend à ce qu'une conférence sur le sujet, prévue aujourd'hui au siège de la municipalité de Aïn Dara, se transforme en manifestation d'appui au mouvement civique hostile à la cimenterie. Des personnalités politiques, et peut-être le ministre de la Santé, Waël Bou Faour, pourraient en effet y faire leur apparition, en appui au mouvement civique.

 

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commentaires (1)

Comme quoi le ciment n'est pas toujours un bon liant ...entre libanais....! pourtant ...., il y a 50 ans , la famille suisse Shmidt Heynni ....! disait le contraire ....!

M.V.

17 h 51, le 09 juillet 2016

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Commentaires (1)

  • Comme quoi le ciment n'est pas toujours un bon liant ...entre libanais....! pourtant ...., il y a 50 ans , la famille suisse Shmidt Heynni ....! disait le contraire ....!

    M.V.

    17 h 51, le 09 juillet 2016

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