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Culture

Zad Moultaka emmène le Liban à la 57e Biennale de Venise

Événement

C'est avec « Sacrum », une installation monumentale inspirée des grottes de Jeita et de Chauvet, que le compositeur, musicien et plasticien libanais fera flotter le fanion au cèdre sur l'Arsenale de la cité des Doges, en 2017.

24/06/2016

Musicien accompli, compositeur de renommée internationale, mais aussi plasticien et peintre, Zad Moultaka représentera le Liban à la 57e Biennale de Venise qui aura lieu du 13 mai au 26 novembre 2017. Le drapeau libanais va enfin flotter sur l'Arsenale. C'est le ministre de la Culture, Rony Arayji, qui a annoncé la bonne nouvelle hier lors d'une conférence de presse tenue au musée Sursock, en présence de l'artiste sélectionné et de Nadine Begdache, propriétaire de la galerie Janine Rubeiz, qui le représente.

Le critique d'art et commissaire d'exposition français Emmanuel Daydé est le curateur du pavillon libanais à Venise où Moultaka présente Sacrum, une œuvre monumentale in situ, inspirée des grottes de Jeita au Liban et de Chauvet en France. « Les deux grottes exhibent les stigmates du temps. L'une porte l'empreinte de la nature alors que l'autre est marquée par les traces millénaires de l'homme », a indiqué Moultaka en montrant quelques esquisses de son installation. « Un projet ambitieux, à la hauteur de l'amour que je porte pour le Liban », a souligné l'artiste. « Un amour relié à cette énergie miraculeuse et cette force qui réside dans sa tourbe et ses racines multiples. » Et de poursuivre : « J'ai imaginé l'œuvre comme un espace questionnant le spirituel et le sacré de nos jours, notions auxquelles je crois profondément, notions indispensables pour replacer l'homme au cœur de cette humanité à reconquérir et au cœur d'une nature en souffrance ».

Jean Vincent Puzos, chef décorateur, concepteur de production et décorateur, a été assigné à la « construction » de Sacrum. Vanessa Haerry, responsable de la collecte de fonds pour sa réalisation, a noté qu'une plateforme Internet de financement collaboratif sera sans doute mise en place, comme aide à la production.
Cet automne, Zad Moultaka sera présent en force en France : à l'Institut du monde arabe de Paris avec deux installations ; au Tunnel des Tuileries à l'occasion de l'événement Nuit blanche, et à l'abbaye de Silvacane pour Mureaux. Il présentera par ailleurs Um, une grande fresque musicale, au théâtre Jean Vilar et sera artiste associé en résidence à l'Arsenal de Metz en 2017/2018.

Rappelons que le Liban avait été le grand absent de la Biennale de Venise en 2015. En 2013, c'était Akram Zaatari qui y avait représenté le pays du Cèdre pour la première fois à l'Arsenale (où sont représentés les pavillons nationaux) avec son œuvre Letter to a Refusing Pilot, à l'initiative de l'association Apeal. En 2007, une exposition collective sur l'île de la Giudecca regroupait les œuvres de Fouad Elkoury, Lamia Joreige, Walid Sadek, Mounira el-Solh et Akram Zaatari, à l'initiative de Sandra Dagher et Saleh Barakat. C'est une Française, Christine Macel, conservatrice en chef au Musée national d'art moderne, que Paolo Baratta, président de la Biennale de Venise, a choisie pour diriger la prochaine édition. Affaire à suivre donc...


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Le parcours de l'artiste

Pianiste premier prix du Conservatoire national supérieur de musique de Paris, invité dans différentes salles prestigieuses européennes, notamment les salles Gaveau et Pleyel, le Concertgebouw d'Amsterdam ou le théâtre de Bruxelles, Zad Moultaka enregistre plusieurs disques en France, notamment Brahms, Schubert et Fauré, et signe dès les années 90 ses premières musiques pour le cinéma et le théâtre. Mettant entre parenthèses sa carrière de soliste, il se consacre pleinement à la composition musicale contemporaine intégrant toujours des références à la musique orientale. En 2000, le Festival de Baalbeck lui commande Anashid, (Cantique des cantiques), œuvre pour chœur et orchestre. Elle sera suivie en 2002 de Zarani au Festival de Beiteddine. En 2005, de nouveau à Baalbeck avec le concert Dionysos.
Sa carrière en tant que compositeur de renommée internationale est lancée. Mais il ne délaisse pas pour autant le dessin et la peinture. Il participe à l'exposition Rebirth curatée par Janine Maamari en 2011 au Beirut Exhibiton Center. Puis la galerie Janine Rubeiz lui consacre ses cimaises pour une première exposition monographique de l'artiste. En 2015, Moultaka se rapproche de Venise où il expose au Palazzo Albrizzi son Come in terra, sous le commissariat d'Emmanuel Daydé, curateur de Sacrum à la Biennale de 2017.

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« News in Progress »

Afin de suivre l'évolution du travail de Zad Moultaka, un site Internet est en cours de finalisation, sur lequel les internautes auront accès à l'œuvre plastique et musicale de l'artiste.
À signaler qu'une conférence de presse en automne prochain est également prévue afin d'informer le public du développement du projet.


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Ils ont dit

Nadine Begdache : « C'est en 1995 que Zad Moultaka a poussé pour la première fois la porte de ma galerie. Très vite, des liens se sont tissés, et par la suite, au hasard de nos rencontres et de ses séjours au Liban, Zad m'a présenté ses travaux sur papier à base de brou de noix et d'encre. On pouvait déjà y ressentir la présence de l'eau, de la terre mais aussi de la montagne libanaise qui ne le quittera jamais.
Pendant longtemps, il a souhaité garder secret ce travail délicat et subtil, fait de recherches sur la texture et la matière. Tout au long de sa carrière, Zad a su travailler de pair sa musique et sa peinture, mettant autant de passion et de sérieux dans l'une comme dans l'autre. »
Begdache a ensuite exprimé sa reconnaissance envers les personnes qui ont soutenu, matériellement ou moralement, ce projet : la Fondation libanaise pour le patrimoine présidée par Mona Hraoui ; Nora Joumlatt, Janine Maamari et Wafa' Saab ; Ricardo Karam et Abraham Karabajakian, et Marie-Helène Mouawad, et Olivier Gougeon de Villa Clara.
Zad Moultaka  : « Je souhaite exprimer ma reconnaissance envers le ministre de la Culture, Rony Arayji, pour sa confiance et son soutien pour le projet que j'ai rêvé et construit spécifiquement pour représenter le Liban à la prochaine Biennale de Venise. Le remercier également pour tout ce qu'il entreprend afin de remettre l'art et la culture au centre de nos préoccupations malgré les problèmes que traverse notre pays.
« Chacun de nous aujourd'hui a sa part de responsabilité face à un monde trouble et en crise. Réfléchir et questionner sans cesse les chemins possibles pour plus d'humanité et d'humilité me semble d'une urgence absolue car nous perdons jour après jour le sens de nos mouvements et de nos actes.
« J'espère que Sacrum trouvera un écho en chacun et que vous m'accompagnerez dans cette aventure afin de moIntrer un visage fort et universel de notre pays. »

 

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