Liban

Des chaînes humaines dans les rues de Beyrouth : une métaphore vivante de la paix civile

21/03/2016

C'est un tableau vivant du Liban-message qui a pris forme dans les rues de Beyrouth, à l'initiative de l'association Offre-Joie : écoliers, hommes de religion et acteurs civils ont formé des chaînes humaines dans des quartiers porteurs jusqu'à ce jour des stigmates de la guerre civile, afin d'y affirmer en force leur volonté de vivre ensemble.

Des Libanais de tous âges, chrétiens et musulmans, ont longé, main dans la main, les quartiers de Chatila, Ras el-Nabeh et Basta Tahta. Les chaînes ont relié deux mosquées choisies respectivement dans ces quartiers. À Ras el-Nabeh, la chaîne s'est étendue de la mosquée Abdel Rahman ben Aouf jusqu'à la mosquée as-Safa. À Chatila, la manifestation s'est déroulée de la mosquée Khachokji à la mosquée de l'imam al-Sadek, rond-point Chatila. La troisième chaîne s'est déployée de la mosquée de Basta Tahta jusqu'à la mosquée Ali Ibn Abi Taleb au niveau de l'intersection Basta-Khandak al-Ghamik. Dans ces trois quartiers, un même message de paix a retenti. Et les mains engagées les unes dans les autres ont symbolisé la solidarité humaine pour la dignité et la liberté. Cette synergie entre l'individu qui défend son droit à la vie et au bonheur et la ville qui cicatrise n'a pas laissé insensibles les passants.

Jamal, Mohammad et Samer, trois écoliers de l'école druze al-Irfan de Simkaniyé, un drapeau libanais à la main, sont venus avec leurs camarades prendre part à l'événement : « On est là pour dire à la société qu'on veut vivre ensemble. On n'est pas druze, chrétien, musulman, on est d'abord libanais. » Bassel, volontaire de l'association Offre-Joie, explique la démarche en brandissant une banderole « non à la sédition ». « Aujourd'hui, organiser cette rencontre entre les différentes communautés c'est montrer que le Liban est à l'opposé du confessionnalisme. La différence fait la richesse de ce pays », explique-t-il. Et ce sont bien des chrétiens, druzes, chiites et sunnites qui ont brandi des drapeaux nationaux et lancé des messages de paix dans les rues de la ville. À Chatila, ce sont plus de 400 personnes qui se sont tendu la main et presque autant à Basta Tahta où les deux imams de chaque mosquée, l'un chiite et l'autre sunnite, se sont retrouvés après la prière du vendredi. À Ras el-Nabeh, le cheikh el-Hassan Sharifé, dignitaire chiite et imam de la mosquée d'es-Saffa, a prôné l'union entre les Libanais, accompagné de sœurs chrétiennes, de représentants druzes et musulmans sunnites : « L'islam, le vrai, c'est celui qui rassemble. »

Melhem Khalaf, président de l'association et organisateur de ces happenings, veut donner une image d'espérance du Liban : « Il faut faire valoir notre message d'unité à travers tout le tissu social. L'image du Liban ne se limite pas à nos politiques. » En plus des différentes appartenances religieuses, des Syriens, des Irakiens et des Français étaient présents. L'occasion pour les Beyrouthins de montrer leur vrai visage. L'armée libanaise était chargée de la sécurité. Le président de l'association a annoncé que d'autres événements auront lieu pour commémorer le 13 avril 1975.
La manifestation de vendredi dernier a été organisée en partenariat avec l'association des Makassed islamiques, l'école al-Bourj, l'école des Sœurs de la Charité – Clemenceau, les écoles al-Ourfan, l'école secondaire al-Douha, l'Institut technique, l'école al-Imam al-Hadi, les scouts al-Ghad du Liban, le collectif Wahdatouna Khalassouna, le Mouvement écologique libanais, l'association al-Mabarrat et l'Association pour le développement de l'homme et de l'environnement (DPNA-Saïda).

 

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Henrik Yowakim

Des chaînes humaines dans les rues de Beyrouth : une métaphore vivante de la paix civile

AU LIBAN LA PAIX CIVILE EST ENTRE LES MAINS DES SAIGNEURS DE LA GUERRE.GRANDS ET TRANSCENDANTS DECIDEURS TOUJOURS AU POUVOIR.

ET CE NE SONT PAS LES CHAINES HUMAINES DISPENSATRICES DE JOIE QUI PEUVENT PROTEGER LE LIBAN CONTRE LE DECHAINEMENT DE LA HAINE INSTILLEE PAR LES MAITRES ET SAIGNEURS SOUVERAINS DU BUSINESS DES COMMUNAUTEES CONFESSIONNELLES.

ET QU'IL FAUDRAIT CHASSER DU POUVOIR NON AU MOYEN DE CHAINES HUMAINES MAIS PAR DES ELECTIONS QUI NE PEUVENT ETRE CONSIDERREES COMME LIBRES ET REPRESENTATIVES QUE DANS DANS LE CADRE DE CE QUE L'ON APPELLE COMMUNEMENENT ONE MAN ONE VOTE.SEUL CAPABLE DE RESISTER AU ROULEAU COMPRESSEUR DES LISTES ET SELECTIONS PREFEABRIUEES DE CES SAIGNEURS.

ET SURTOUT DE LA LAICISSATION DE L'ETAT CIVIL ET DU SYSTEME POLITIQUE LIBANAIS.

TOUT LE RESTE FOLKLORE BON ENFANT ET JEUX D'ENFANTS..... JOYEUX.

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

QUE DIEU Y METTE DE SA MAIN ET QUE TOUT LE PEUPLE LIBANAIS... TOUT LE PEUPLE LIBANAIS JE LE REPETE... SE COMPORTE DE CETTE FACON PATRIOTIQUE ET NATIONALE... LOIN DES INTERVENTIONS ET DES REVES D,HEGEMONIE ETRANGERES...

Halim Abou Chacra

Bravo Offre-Joie ! C'est bien ça le Liban, un pays-message de paix, d'harmonie, de fraternité et de vivre-ensemble, dans ce Moyen-Orient de barbarie, de haine, de violence, de guerres et de massacres.

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