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Liban

Au-delà de l’option des quotas, stimuler l’engagement dynamique de la femme dans la vie politique

Société
10/03/2016

À la veille des élections municipales prévues pour mai 2016, et dans le cadre de la Journée internationale de la femme, le collectif Women in Front, soutenu par les Nations unies et l'Institut national démocratique pour les affaires internationales (NDI), a organisé une conférence-débat à l'hôtel Mövenpick de Beyrouth afin d'encourager les femmes à présenter leurs candidatures aux prochaines élections municipales.

La conférence, qui a été suivie d'un débat, a été animée par l'ex-ministre de l'Intérieur et des Municipalités, M. Ziyad Baroud, et par Mme Roula al-Ajouz, première femme à avoir intégré le conseil municipal de Beyrouth, M. Philippe Bustros, membre actuel du conseil municipal de Beyrouth, et Mme Rebecca Abou Nader qui, en plus de sa riche carrière journalistique, fut aussi candidate aux élections de 2004 pour la municipalité de Baskinta.
Mme Sigrid Kaag, l'actuelle représentante du secrétaire général de l'Onu au Liban, a ouvert la conférence en soulignant que les élections municipales sont une opportunité en or pour les femmes libanaises d'investir la sphère politique. Elle a affirmé dans ce cadre que chaque événement organisé en faveur des femmes est un pas en avant, un marqueur d'évolution et de changement, conduit par les femmes par choix, avec détermination et passion afin de faire évoluer et réagir la société.

(Dossier : Égalité hommes-femmes : Au Liban, de belles paroles... en attendant les actes)

 

Des projets innovants et réalisables
Le but de cette conférence était d'augmenter à long terme le nombre de femmes en politique et de les encourager à très court terme à s'investir, à mettre leurs engagements et leurs convictions au service des autres, cela étant possible car les élections municipales sont des élections de proximité, axées, entre autres, sur la famille et les services, et dont l'objectif reste l'optimisation du bien-être des habitants. Pour ce faire, les femmes candidates doivent présenter des projets issus d'une longue réflexion ; des projets innovants et surtout réalisables, permettant de répondre aux besoins des habitants. Mais l'objectif à long terme est d'augmenter sensiblement le nombre de femmes en politique, les élections municipales étant considérées comme le premier échelon de l'expression de l'autorité et du pouvoir démocratique local permettant par la suite aux femmes un accès au pouvoir régional, voire national.

Cet accès au pouvoir doit être garanti par l'instauration d'un quota comme le relève Ziyad Baroud, un tel quota devant permettre de corriger l'inégale représentation des femmes au sein du pouvoir politique. Sur l'exemple de la France et de la Tunisie, le quota fixé à 30 % au Liban joue le rôle d'incitateur pour les femmes. Il ne s'agit donc pas de mobiliser les femmes en faveur des femmes, mais de solliciter les hommes à laisser une place aux femmes. Les quotas ne sont pas une attribution automatique de positions aux femmes mais une alternance des rôles devant garantir une égalité d'accès et de chance aux hommes comme aux femmes face à un même poste.
L'instauration d'un quota est, selon Ziyad Baroud, « ce qui permettra d'augmenter le nombre de candidatures féminines », mais il ne s'agit que d'une mesure temporaire qui devra être doublée d'une volonté politique. Mais l'échec d'une candidature ne doit pas être pour les femmes un motif de renonciation à la politique. Il faut faire évoluer les mentalités par une présence constante à chaque élection, l'échec n'étant nullement le signe d'une fin.

Les obstacles majeurs auxquels font face les femmes, lors de leurs candidatures, sont de deux ordres. Le premier est financier. En effet, afin de se lancer dans la bataille et de mener une campagne, la candidate a besoin d'un apport financier. Il faut ainsi convaincre les donateurs de l'opportunité des projets envisagés.
Le second obstacle est le cœur de toute élection. Il faut que la candidate puisse mobiliser un électorat au-delà de son premier cercle, c'est-à-dire au-delà de ses proches. La quasi-invisibilité des femmes libanaises en politique fait d'elles de parfaites inconnues face à l'opinion publique. Ainsi, c'est souvent par le biais du porte-à-porte que les candidates ont su jusqu'à présent mobiliser. Women in Front appelle toutefois les médias à suivre et à donner plus de place aux femmes candidates pour qu'elles puissent convaincre et prouver l'importance de leur engagement.

Représentant près de 50 % de la société, les femmes libanaises doivent et peuvent investir le champ politique autrement que par la simple expression de leur vote, qui était jusqu'alors très restreint du fait de l'ultradomination masculine. La mise en place de quotas se justifie par le collectif Women in Front par la mise en application des droits de l'homme et n'est envisagée que sous l'angle d'une discrimination positive permettant aux femmes de dépasser les obstacles auxquels elles font face. Mais l'unique instauration de quotas ne sera pas suffisante pour garantir un total accès aux femmes à la sphère politique. Il faudrait aussi encourager en premier lieu les partis politiques à intégrer des femmes au sein de leurs équipes.
Au Liban, les femmes ne représentent que 3 % des membres du Parlement et 4 % des membres du Conseil des ministres. De quoi souligner l'inégale représentation dénoncée lors de la conférence et la nécessité impérieuse d'encourager l'engagement dynamique des femmes en politique afin qu'elles aussi puissent faire entendre leurs voix.

 

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Henrik Yowakim

Madame Joelle Abou Farhat Rizkallah, co fondatrice de l’association Women in Front aux côtés de Ziyad Baroud, Roula Al Ajouz, Philippe Bustros, Rebecca Abou Nader.

APRES LES FILS A PAPA GATEES,LES GENTILS FILS A MAMAN QUOTAEES ?

Henrik Yowakim

Au-delà de l’option des quotas, stimuler l’engagement dynamique de la femme dans la vie politique

LA THEORIE DU GENRE AFFIRME QUE LES FEMMES NE SONT PAS DIFFERENTES DES HOMMES.LA THEORIE DU GENRE EST LA THEORIE DE DE L'EGALITE ET DE L'INDIFFERENCIATION DES SEXES.LA THEORIE DU GENRE MARQUE LE TRIOMPHE DE L'HERMAPHRODTIISME OU DE L'ANDROGYNIE.EN SOCIETE ET EN POLITIQUE.

D'APRES CETTE THEORIE LES FEMMES LIBANAISES ENGAGEES EN POLITIQUE FERONT DONC ABSOLUMENT OU PRESQUE LA MEME CHOSE QUE LES HOMMES POLITIQUES LIBANAIS : C'EST A DIRE DE LA M.....POLITIQUE.

LE PROBLEME SE TROUVE AILLEURS :DANS LA THEORIE DES INSTITUTIONS ET DANS CETTE MAUDITE CONSTITUTION DE TAEF QUI A CONSACREE LA DICTATURE DES MAFFIAS ET DES MILICES CONFESSIONNLLES SUR LA SOCIETE CIVILE LIBANAISE.PRISE EN OTAGE ET RESIGNEE.ET FIERE DE L'ETRE.

ET CE NE SONT PAS LES FEMMES POLITIQUES QUI REGLERONT/FIXERONT LE PROBLEME.

Yves Prevost

Quoi qu'en disent en Occident les tenants de la théorie du genre, les femmes sont différentes des hommes. Elles ont une façon différente d’appréhender la réalité. C'est pourquoi, leur présence dans les conseils municipaux et, d'une manière générale, dans tout ce qui concerne la gestion de la cité, est plus qu'utile: nécessaire.
Ceci dit, je suis contre le principe des quotas.Positive ou non, il s'agit bel et bien d'une discrimination qui va à l'encontre du principe d'égalité que l'on veut justement promouvoir.
Il faut trouver autre chose pour intéresser les femmes à présenter leur candidature et les partis politiques à les accepter.

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