L’édito de Michel TOUMA

Histoire d’otage

L’édito
Michel TOUMA | OLJ
07/03/2016

Le destin du Liban est-il de demeurer sans cesse, au fil des décennies de son histoire contemporaine, l'otage de puissances régionales aux ambitions voraces et aux visées hégémoniques démesurées ? La question se pose aujourd'hui avec acuité à la lumière de la stratégie expansionniste de la République islamique iranienne dans la région et des attaques répétées du Hezbollah contre le royaume wahhabite.
Ce sort funeste, le pays du Cèdre le subit de manière épisodique, en payant le tribut du sang, depuis la fin des années 60 (pour ne pas remonter encore plus loin dans le temps). Son chemin de croix a commencé lorsque les organisations palestiniennes armées l'ont pris en otage pour mener leur lutte contre Israël à partir du Arkoub, qu'elles avaient transformé en Fatehland, tout en mettant sur pied dans la capitale et dans d'autres zones des officines miliciennes locales dont l'expansion, au détriment de l'autorité et de la souveraineté de l'État central, avait permis progressivement à l'OLP de s'imposer comme acteur de poids dans le paysage politique libanais. Conséquence inéluctable : l'État hébreu prenait à son tour le secteur méridional en otage. Le pays était ainsi transformé en abcès de fixation d'un conflit régional sur lequel il n'avait aucune prise, ses deux « ravisseurs » utilisant son territoire comme un espace d'affrontements qui leur permettait de se livrer à leur petite guerre sur le terrain d'autrui.
Le déclenchement du conflit libanais au milieu des années 70 permettra au régime syrien d'entrer dans la danse en contribuant à ce jeu de preneur d'otage, se partageant le rôle avec l'OLP et Israël... Jusqu'à l'invasion israélienne de 1982 et l'évacuation vers d'autres cieux des organisations palestiniennes armées. C'est à la faveur de ce double développement majeur qu'entrera en scène, à partir du milieu des années 80, le Hezbollah. Au fil des ans, le parti chiite s'imposera en véritable tête de pont des gardiens de la révolution islamique iranienne – les fameux pasdaran – sur les rives de la Méditerranée. L'acteur principal du cynique jeu de séquestration changeait alors d'identité et, de ce fait, le Liban est devenu aujourd'hui, sous l'effet de l'ancrage du Hezbollah au pouvoir de Téhéran, l'otage d'une puissance régionale qui ne cache pas ses visées hégémoniques sur l'ensemble du Moyen-Orient.
Une variante, de taille, est intervenue sur ce plan. Avant que le régime des mollahs ne devienne, ces dernières années, le seul maître du jeu – ou presque – sur l'échiquier local, le Liban était, certes, otage, mais les dégâts et les retombées étaient pratiquement limités au territoire libanais. Or le Hezbollah ne se contente plus d'être une tête de pont, mais il étend ouvertement son champ d'action, pour le compte du régime iranien, à la Syrie, à Bahreïn, au Yémen, au Koweït, aux Émirats, à l'Irak, entre autres terrains d'affrontements. Tant et si bien, qu'il est qualifié désormais d'organisation terroriste non plus uniquement par les États-Unis et l'Union européenne, mais aussi par les pays du Golfe et tout le monde arabe, à quelques exceptions près. Les conséquences débordent donc, irrémédiablement, le seul cadre du Liban. Les préjudices, considérables, se manifestent (représailles obligent...) au niveau macroéconomique, mais surtout sur le double plan des relations avec les pays amis et de la situation de la diaspora libanaise, notamment dans les pays du Golfe.
Tel est, précisément, le but recherché par le Hezbollah, et son parrain iranien : isoler le pays du Cèdre du monde extérieur et provoquer la rupture, ou tout au moins la dislocation, de ses amitiés ancestrales, afin de pouvoir subrepticement le pousser dans le giron de la République islamique.
Face à cette prise d'otage d'un type nouveau, deux objectifs s'imposent : renforcer, et non pas affaiblir, l'armée (d'où le caractère irrationnel de la mesure prise par Riyad) ainsi que les forces locales hostiles au diktat du Hezbollah ; et initier un forcing pour paver la voie à une future politique de neutralité vis-à-vis des conflits et des axes régionaux... afin de mettre fin au cycle infernal des opérations successives de « séquestration » dont le Liban est victime depuis près de cinq décennies. Il faudra bien à cet égard que le rêve devienne, un jour, réalité...

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Bery tus

prouvez nous alors que votre presence AU YEMEN, BAHREIN, IRAK, SYRIE ET ....... BOSNIAQUE NE FAIT PAS PARTIE DE L'EXPENSION IRANIEN AU MO !!!

si vous remarquer tous ces pays citer contiennent des peuples avec comme croyance le chiisme ou un deriver comme ex la allaouite

MAINTENANT ARRETER D'UTILISER LA PALESTINE POUR VOTRE PROJET D'EXPANSION .. SVP SI VRAIMENT VOUS PARLEZ VRAI ALORS VOUS AURIEZ DU DEPUIS LONGTEMPS ENTRER EN PALESTINE ET NON EN SYRIE ...AIDER LES PALESTIENS COMME VOUS AIDEZ LES SYRIENS ... OU BIEN C'EST PARCEQUE EU NE SONT PAS CHIITE C'EST CA !?!?!?

Pierre Hadjigeorgiou

Le destin du Liban est de toujours rester otages de puissances régionales tant que celui-ci n'aura pas de loi qui interdit les partis a idéologie contraire a sa constitution. Comment peut on être un parti Libanais lorsque son memo de formation se clame sujet d'un autre état! Ou clame que le pays devrait être une province chez un autre! Le Liban est le seul pays ou un parti peut être formé a partir d'une simple declaration et qui peut avoir 1 seul membre. Un parti n'a meme pas besoin de presenter un statut! Partout ailleurs un parti se doit d'avoir un minimum de membres actifs (50, 100, 500, etc.), une structure avec un president, un secrétaire general, un trésorier, etc... Son statut doit être conforme avec la constitution Libanaise. Franchement, comment le Hezbollah est il conforme au premier paragraphe qui cite: "Le Liban est une Patrie souveraine, libre et indépendante. Patrie définitive pour tous ses fils, unitaire dans son
territoire, son peuple et ses institutions, à l'intérieur de ses frontières fixées dans cette Constitution et reconnues
internationalement". Idem pour le PSNS et tout autre baas. A partir de la, otage nous l'avons été et le resteront a cause des deux premiers paragraphes de notre constitution. Ceci réglé, le reste suivra! En attendant, une guerre se prepare et cette fois elle sera autrement plus atroce que celle que nous avions vécu car beaucoup de haine s'est accumulée au fil du temps.

Ali Farhat

Otages de vos idées, oui. D'abord y a pas d'état hébreu (appellation occidentale) mais entité sioniste occupante de la Palestine . Deusio: Stratégie expansionniste de la République islamique iranienne? Vous n'avez rien compris... ce qui vous rendra toujours otages de vous même. Liberez-vous et cassez les chaînes que vous vous êtes mis autour comme des grands... en commençant par le vocabulaire. J'ai foi que ce journal sera un jour orienté vers le Liban quand la vieille garde granitique et nostalgique de temps revolus aura céder sa place au réalisme et à l'objectivité.

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

LE PAYS ET SON PEUPLE SONT LES OTAGES D,UN PARTI
A L,APPARTENANCE ETRANGERE... ET NON LES OTAGES DIRECTS DES ETRANGERS EUX-MEMES...

Soeur Yvette

Jusqu'a quand ce chemin de Croix ????pauvre LIBAN ...Que Dieu ait pitie de nous ,ecourte ce chemin et nous deliver de nos ennemis....

ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

L’histoire se répète toujours et nous parle : une première fois en Tragédie, mais une deuxième fois en Farce ! Et mieux vaut être béni par le ciel que par l’enfer.
Ceci n’est en réalité qu’un exploit digne d’une Câïmmacâmiyât ou d’une Moutasarifïat à deux piastres ottomanes trouées : En effet, ces Libanais(h) n’ont pas encore trouvé une solution à leurs « Ordures et leurs Déchets ! Tant pis pour eux…. Tout ceci entre un pays tétanisé par l'épouvantable spectre aSSadique et une Syrie promise aux abominations d’un (c)hébél-lionceau aSSadiot, en sus bääSSdiot. Cependant que le même simplet libanais(h) s’est mis la tête dans sa soupe de äadass ou de lentilles en se demandant si le prix du benzîîne va continuer à précéder celui de sa triste existence ; mais qui s’intéressera encore plus, avec plus ou moins de ferveur bien sûr, à la "crise" de ses « Ordures et Déchets ». Mais bon, passons.
Prions, malgré tout ; l'espace d'un soupir ; que les Libanais Vrais formant la Majorité dans cette contrée et restés eux au moins encore tout de même Sains, soient capables d'une pensée émue pour ce patelin ne serait-ce qu'à l'intention de tous ces civils apeurés ; eux tout à fait Sains et Normaux ; qui, entre un sourire et une larme, citent Gébrâne : "Nul ne peut atteindre l’aube sans passer par la nuit." !
Eh oui, ils sont comme ça les Vrais Libanais Sains et Normaux : ils citent encore Gébrâne !

Halim Abou Chacra

Il est absolument nécessaire que les vérités soient criées dans ce pays, atrocement victime de tous les mensonges et de toutes les hypocrisies. "Le destin du Liban, se demande M Touma, est-il de demeurer sans cesse, su fil des décesnnies de son histoire contemporaine, l'otage de puissances régionales aux ambitions voraces et aux visées hégémoniques démesurées" ? Bien sûr que oui, tel sera le sort du Liban tant qu'il y aura des chefs et des hommes politiques, qui sont de vils laquais de ces puissances régionales et qui se foutent éperdument de l'intérêt de leur pays et de ses citoyens. !وفهمكم كفاية

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