X

Liban

Bassil : Entre l’unanimité arabe et l’unité nationale, nous penchons pour la seconde

Le ministre des Affaires étrangères affirme ne s'être jamais départi de la politique de distanciation.

OLJ
23/02/2016

« C'est sur la base du principe de la distanciation du Liban que j'ai agi depuis le début de mon mandat », a déclaré hier le ministre des Affaires étrangères, Gebran Bassil.
Alors que la polémique sur la décision de l'Arabie saoudite d'« arrêter » son aide de trois milliards de dollars à l'armée libanaise et de suspendre le reste d'un financement d'un milliard destiné aux forces de sécurité se poursuivait hier, M. Bassil a tenu une conférence de presse pour rappeler la position exprimée par le Liban lors de la dernière réunion de la Ligue arabe.
Réunis au Caire en janvier, les pays de la Ligue arabe avaient exprimé dans un communiqué adopté à l'unanimité, à l'exception du Liban, leur « solidarité totale » avec l'Arabie saoudite face aux « actes hostiles et provocations de l'Iran », à la suite de l'exécution à Riyad du dignitaire religieux chiite Nimr el-Nimr. Réagissant à l'incident, Gebran Bassil avait affirmé que le Liban « prenait ses distances » à l'égard du communiqué afin de préserver la « stabilité nationale ».
Le chef de la diplomatie a rappelé que Beyrouth n'a pas appuyé la déclaration finale de la réunion car elle liait le Hezbollah au terrorisme, soulignant avoir demandé le retrait de cette mention du texte final.
Le ministre a tenu à souligner deux constantes qu'il a « défendues à plusieurs occasions », à savoir « la condamnation de toute agression visant les représentations diplomatiques, et la non-ingérence dans les affaires intérieures des États arabes ».
Affirmant être soucieux de respecter l'attachement du gouvernement libanais à la politique de distanciation, il a indiqué qu'il s'est « abstenu de voter tout en exprimant son objection au communiqué portant sur le Hezbollah ». Le même scénario devait se répéter, selon lui, lors de la réunion de l'Organisation de la coopération islamique (OCI) à Djeddah, en Arabie saoudite, puis lors du congrès arabo-indien à Bahreïn.
Concernant les agressions dont ont été l'objet les représentations diplomatique et consulaire saoudiennes en Iran, Gebran Bassil a rappelé que le texte officiel du Liban qu'il avait lu a exprimé la solidarité de Beyrouth avec l'Arabie saoudite, tout en précisant que « dans le même temps, le Liban rejette les ingérences dans les affaires intérieures de tout pays arabe ».
M. Bassil a insisté sur le fait que cette position est celle que le gouvernement lui-même avait décidé de prendre le 8 janvier dernier, lors de la réunion de l'OCI, rappelant qu'il avait été « parmi les premiers à dénoncer les attaques menées contre les missions diplomatiques saoudiennes en Iran ».
Selon lui, cette cacophonie « est voulue » et s'inscrit dans le cadre du « jeu politique interne ». Le problème ne sera pas pour autant résolu, a-t-il dit, « si les pays arabes ne parviennent pas à comprendre que l'unité interne du Liban ne peut être protégée que par la politique de distanciation ». Ils doivent également s'abstenir de « pousser le Liban à afficher des positions qu'il ne peut pas assumer », a ajouté le ministre en substance. « Ces pays doivent respecter la politique de distanciation adoptée par le Liban », a-t-il insisté.
M. Bassil a salué le communiqué publié hier par le gouvernement, estimant qu'il respecte la déclaration ministérielle. Il a assuré que si une délégation ministérielle présidée par Tammam Salam se rendra à Riyad, il en fera partie. « Le texte du gouvernement a tranché en ce qui concerne l'attachement du Liban à l'unanimité arabe et nous sommes en train de faire notre devoir à ce niveau-là, a souligné le ministre. Mais entre l'unanimité arabe et l'unité nationale, nous penchons pour la seconde. »
Selon le ministre, « l'injustice dont nous sommes victimes est le prix que nous payons pour consolider une politique d'indépendance et de distanciation du Liban ». « Si certaines prises de position de la part de formations libanaises n'ont pas respecté la politique de distanciation, le Liban officiel ne s'est, quant à lui, jamais éloigné de sa position constante », a-t-il lancé, en référence au secrétaire général du Hezbollah Hassan Nasrallah.
Ce dernier s'était livré mardi dernier à une violente diatribe contre l'Arabie saoudite, l'accusant, avec la Turquie, d'entraîner la région dans la guerre en prévoyant une intervention terrestre en Syrie.
Et Gebran Bassil de conclure : « Nous espérons de la compréhension (de la part de Riyad) à l'égard de notre position car notre armée a besoin d'armes puisqu'elle ne défend pas uniquement le Liban, mais aussi tout le monde contre le terrorisme. »

À la une

Retour à la page "Liban"

Vos Commentaires

Chère/cher internaute,
Afin que vos réactions soient validées sans problème par les modérateurs de L'Orient-Le Jour, nous vous prions de jeter un coup d'oeil à notre charte de modération en cliquant ici.

Nous vous rappelons que les commentaires doivent être des réactions à l'article concerné et que l'espace "réactions" de L'Orient-Le Jour, afin d'éviter tout dérapage, n'est pas un forum de discussion entre internautes.

Merci.

 

CBG

Distanciation du Liban ,,,???? donc il avoue que le hezbollah n'est pas Libanais puisque les libanais ont une politique de distanciation!!!

Il pourrait rajouter que tous les porteurs de la nationalité libanaise qui mènent des actions armés hors les 10452 sont des hors la loi et doivent être déchu de leur nationalité , il commencera alors à pouvoir un jour devenir crédible....

Pierre Moise

Politique de distanciation ou neutralite positive...la declaration de Baabda etait assez forte en la matiere.

Il semble que sur la planete des singes de la politique libanaise...tout cela soit du non sens.

Le Liban doit et peut retrouver son veritable rang...encore faudrait il que la strategie du "coup d'etat rampant" soit renversee or il n' y a plus personne pour le faire...

Peuple de moutons a "la fierte show off"...
voila ce que j'entends de plus en plus quand on parle du Liban et de son peuple ayant elu des representants a son image....

Il y a certes des depots bancaires importants et une remarquable politique monetaire menee par la BDL mais "halla la wayn" comme le celebre film eponyme ?

Le coup de semonce de Riyad et ses allies va faire tres mal...

Je redoute aussi que le maintien d'un Assad affaibli au pouvoir en Syrie qui sera impose par la Russie de Poutine n'est qu'une seule contrepartie...l'aneantissement du Hezbollah, incapable de se demarquer de son geniteur payeur "Les Pasdaran" et incapable de rentrer dans le seul jeu politique local..seule issue a sa survie. Meme la "bouillante revolution iranienne" finit par rentrer dans le rang..

Nael Murad

l Arabie saoudite est la honte du moyen orient

Hanna Philipe

Nos politiciens semblent très bien s'exprimer et s'expliquer quand il s'agit de tout, sauf la crise des déchets. a ce fiasco incroyable, il ne semble y avoir aucune volonté d'aucunes personnalités politique d'aucun bord de rendre des comptes au peuple Libanais.

s'ajoute a ca une population que ne demandent pas de comptes, semble vivre heureuse dans les déchets... et des medias qui ferment complètement les yeux sur ce sujet.

ce qui devrait faire peur... c'est que le meilleur ne soit pas encore a venir!

Pierre Hadjigeorgiou

Comment le Liban peut il être respecté pour sa politique de distanciation lorsque plus de 5.000 de ces fils se battent en Syrie, contre la volonté de l’état et de la majorité du peuple Libanais, et contre les intérêts du pays. Tout état est responsable des actes, faits et méfaits de toute personne portant sa citoyenneté. Il n'y a pas d'excuse aux yeux du monde. A cause du Hezbollah nous sommes mêlés a une guerre qui ne nous concerne pas et qui nuit aux intérêts des Libanais dans son ensemble, nous sommes un état qui a dans son gouvernement des membres d'une organisation terroriste et donc de facto un état paria, nous sommes devenus un centre de trafics de drogues et de blanchiment d'argent sale, et Dieu sait encore quoi d'autre. Sur ce, que Bassil comme le Hezbollah se tienne bien pour dit qu'une telle situation ne pourra continuer dans le temps très longtemps et elle va se retourner bientôt contre eux (si ce retournement n'a pas déjà commencé). Si l'Occident a laisse les coudées franches a la Russie en Syrie c'est qu'ils auront les leurs ailleurs et ne pas s’étonner si ce ne sera pas au Liban. L'Iran a perdu le control de sa politique en faveur des Russes en Syrie, et je ne serais pas étonné qu'elle laisse tomber le Liban pour se concentrer sur l'Iraq, le seul pays ou elle peut encore espérer en tirer quelque chose... A suivre...

George Khoury

c'est dans des envolees lyriques au ras des paquerette comme celle la que que je me demande ou est l'esprit critique du public du 8 mars?

Tant que l'unanimite est autour de SES decisions, il faut que l'equipe reste solidaire.
Mais quand saad harriri va rencontrer le president obama, il ne s'est pas gene pour faire chuter le gouvernement pour la soit disant affaire des faux temoins. decision futile; le tribunal est toujours en route, ils ne parlent plus de faux temoins et mikati et toute son equipe ont ete lamentable a leur poste.

Halim Abou Chacra

Il sort du Conseil des ministres et reprend son enfantillage, dont le Conseil s'était réuni pour réparer les conséquences désastreuses. Pour l'amour du ciel que quelqu'un fasse taire ce ministre.

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

QUI LUI A DEFINI QUELLE EST LA FORME DE L,UNITE NATIONALE ? EST-CE DE SATISFAIRE LES INJONCTIONS D,UNE PARTIE MINORITAIRE DES LIBANAIS... MU PAR LES REVES ILLUSOIRES ?

ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

Les oranginés ont balancé maintes banalyes forts basiques rédigés "autrefois" pour tenter de voir 1 peu plus clair, s’il y en a, dans leurs Restes "d’idées". De quoi certes posséder 1 notion pas trop vague de leurs inconsciences déjà, de leur inconsistance, de leur infernale régression, de leurs "circoncisions" ou non et toutes ces sortes de choses....
Mais pas assez pour qu’ils osent, et sans complexe aucun, se lancer dans des échauffourées même avec eux-mêmes ! Tout au plus se permettront-ils de rappeler que ce n’est pas d’hier que leurs propres "idées" ont été contestées, déniées et littéralement éructées.
Ce qui n’est pas nécessairement un signe mauvais.
Quoi qu’il en soit, les Sains réquisitoires à leur encontre les ont ainsi incité à relire les "manuscrits de leur Monde Chréti(e)n et Merveilleux Imaginaire, ce qu’ils font de temps à autre mahééék, ne serait-ce que lorsque leur rituelle conjoncture indigène comprend trop de Niaiserie qui suinte. Trop de frénétiques, idiots utiles, libidineux ou de ceux même qui les condamnent à déguerpir alors qu’ils aimeraient tant avoir envie de déguerpir !
Leur seul destin, semble être de savoir dans quelle mesure ils réussiront à se rendre maître de cette perturbation apportée à ce patelin par leurs simples pulsions d’auto-anéantissement. Ils sont allés si loin, qu’il leur est facile de s’exterminer à nouveau eux-mêmes à présent.
Ils le savent, de là 1 bonne part de leur inquiétude et de leur angoisse.
Yâ wâïyléééh !

Bery tus

« Ces pays doivent respecter la politique de distanciation adoptée par le Liban »

mais on ne comprend pas comment peut il y avoir une politique de distanciation quand un parti politique est partie prenante dans ce conflit sans que ce meme etat puisse ou ne veuille lui rappeler exactement ce que vous venez de rappeler au monde !!!

Dernières infos

Les + de l'OLJ

1/1

Les articles les plus

A WEEKLY EDITION CURATED AND
PERSONALIZED BY OUR EDITORIAL TEAM

SIGN UP TO OUR NEWSLETTER IN ENGLISH

More Info See Sample
x

Pour enregistrer cet article dans votre dossier personnel Mon Compte, vous devez au préalable vous identifier.

L'Orient-Le Jour vous offre 5 articles

Nous sommes un journal indépendant, nous chérissons notre liberté qui découle de notre autonomie financière comme de nos principes éthiques. Votre soutien, cher lecteur, est plus que nécessaire pour pérenniser nos initiatives.

Je poursuis la lecture

4

articles restants