La princesse Ashraf Pahlavi, dans les années 50. La sœur du dernier chah d’Iran est décédée à 96 ans. Photo archives AFP
La princesse Ashraf Pahlavi, sœur jumelle du dernier chah d'Iran, est décédée à l'âge de 96 ans après une vie marquée par les privilèges et les controverses.
Un responsable du bureau de son neveu, Reza Pahlavi, a indiqué qu'elle était morte jeudi à Monte-Carlo, précisant qu'elle souffrait depuis longtemps de la maladie d'Alzheimer. La révolution islamique qui a renversé le chah en février 1979 a transfiguré l'Iran, où elle avait toujours rêvé de retourner, selon son neveu qui vit près de Washington. Les médias iraniens évoquaient, eux, samedi à travers des portraits peu flatteurs certains aspects de sa vie privée et ses fonctions officielles sous le règne de son frère, Mohammad-Reza Pahlavi (1941-1979).
Née le 26 octobre 1919 à Téhéran, Ashraf Pahlavi était considérée comme une femme puissante dans l'ombre de son frère qu'elle ne se privait pas de critiquer, jouant également un rôle important dans la politique du royaume. Stephen Kinzer, auteur de All the Shah's Men qui relate les événements de 1953, raconte notamment que « les coups de gueule d'Ashraf contre son frère étaient légendaires, dont l'un en présence de diplomates étrangers où elle lui demandait de prouver qu'il était un homme, ou alors tous sauraient qu'il n'était qu'un minable ».
Considérée comme une diplomate de talent, la princesse Ashraf a conduit la délégation iranienne de l'Assemblée générale de l'Onu pendant plus de dix ans. L'agence officielle iranienne Irna a précisé samedi qu'elle avait également été à la tête du Comité iranien des droits de l'homme et la patronne de l'Organisation des femmes iraniennes.
Considérée comme une pionnière en matière de droits des femmes en Iran, elle fut la première à y apparaître en public sans voile, ce qui lui a valu d'être la cible des extrémistes religieux iraniens. Le quotidien ultraconservateur iranien Vatan-Emrouz notait samedi qu'elle était décédée 80 ans jour pour jour après que son père, Reza Pahlavi, eut interdit aux femmes de porter le voile islamique.
Élevée à l'occidentale, la princesse, mariée trois fois, a vécu dans les fastes et les privilèges de la royauté, souvent montrée aux tables de jeu de casinos européens, mais a connu plusieurs tragédies dnt l'assassinat en 1979 de Chahriar Chafigh, son fils né de son second mariage, et une tentative d'assassinat contre elle-même deux ans plus tôt.
Dans son autobiographie Visages dans un miroir : mémoires d'exil publiée en 1980, elle avait raconté son enfance malheureuse entre sa grande sœur, la princesse Chams, préférée du couple royal, et son jumeau Mohammad-Reza, destiné à monter sur le trône. Elle se décrivait comme une jeune fille rebelle au sang chaud.
(Source : AFP)


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