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Le plan d'exportation des déchets approuvé par le Conseil des ministres

Liban

"Nous avons allégé le Liban et les Libanais d'un énorme poids", déclare M. Salam qui parle néanmoins d'une "solution temporaire".

OLJ
21/12/2015

Après l'échec du premier plan élaboré par le ministre de l'Agriculture, Akram Chehayeb, qui prévoyait la mise en place de plusieurs décharges sanitaires dans certaines régions, le Premier ministre, Tammam Salam, a annoncé lundi soir sur un ton grave et solennel que le plan d'exportation des déchets a été approuvé par le gouvernement au terme d'une séance du Conseil des ministres qui aura duré près de six heures. Cela faisait 159 jours, depuis la fermeture de la décharge de Naamé le 17 juillet, que la crise des déchets sévissait au Liban.

"Nous avons allégé le Liban et les Libanais d'un énorme poids", a déclaré M. Salam, à l'issue de la séance du Conseil des ministres, mettant en cause "la crise politique dans le pays" qui a "entravé toutes les solutions présentées jusque là par le gouvernement". "Le plan d'exportation des déchets est une solution temporaire et provisoire", a-t-il néanmoins affirmé.

Après plus de quatre mois de paralysie, le Premier ministre Tammam Salam avait convoqué vendredi dernier un Conseil des ministres, en expliquant que "l'option de l'exportation est une solution provisoire que nous adopterons pour une période de 18 mois, en attendant l'approbation d'un plan durable".

Le chef du gouvernement a ensuite chaleureusement salué Akram Chehayeb et son équipe pour son travail, rappelant que ni lui, ni le ministre de l'Agriculture n'ont été épargnés par la crise des déchets.
M. Salam s'est ensuite adressé aux activistes de la société civile qui se sont mobilisés à l'occasion de cette crise. "Dans plusieurs semaines, lorsque les déchets seront exportés, personne ne devra oublier ce que le pays a traversé et à quelle point ça a pué", a-t-il déclaré, en référence au mouvement de la société civile "Vous puez!", né de la crise des déchets.

Des activistes du mouvement de contestation civile, né de la crise des déchets, avaient afflué lundi place Riad Solh, près du siège du gouvernement au Grand Sérail, au centre-ville de Beyrouth pour protester contre l'exportation des déchets.

 

(Lire aussi : « Nous poursuivrons notre mouvement contre la corruption », assurent les activistes)



Les modalités de l'exportation
M. Chehayeb a ensuite pris la parole pour expliquer le plan d'exportation des déchets que le gouvernement a adopté.  "Le gouvernement a confié au Conseil du développement et de la reconstruction l'exportation des déchets à l'extérieur du territoire libanais, en conformité avec les lois libanaises et internationales", a-t-il expliqué.

Deux sociétés, choisies après un appel d'offres, ont été chargées  d'effectuer l'opération. "Elles devront fournir des garanties bancaires dans un délai d'une semaine, et fournir des documents prouvant le consentement des pays qui accueilleront les déchets dans un délai d'un mois", a expliqué le ministre de l'Agriculture. "Si ces sociétés ne répondent pas à ces demandes, un nouvel appel d'offres sera effectué", a ajouté M. Chehayeb. "L'Etat libanais et les sociétés se sont accordés sur un tarif de traitement s'élevant à 125 dollars la tonne", a-t-il poursuivi.

M. Chehayeb a ensuite indiqué que le gouvernement a accepté le principe de transformer les déchets en énergie alternative et le transfert des recettes de la téléphonie mobile aux municipalités qui seront notamment chargés de leur tri.
"Le ramassage des ordures sera facturé à 191 dollars la tonne. Une première société sera chargée de collecter les déchets, une deuxième sera chargée de leur traitement, de leur tri et de leur empaquetage dans des conteneurs, transportés sur les navires qui exporteront les déchets.

 

 

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