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Liban

Sakker el-dekkané dénonce « un marché » autour de l’incinération

Crise des déchets

Des sources citées par l'association Sakker el-dekkané, qui milite contre la corruption, ont décelé une activité très discrète des autorités pour le règlement de la crise des déchets. L'objectif : imposer une solution avant que ne s'organise un quelconque mouvement de contestation.

OLJ
30/11/2015

L'association « Sakker el-dekkané» a publié hier ce qu'elle a qualifié d'« informations graves sur le secteur des déchets, qu'il est impossible de passer sous silence ». Le texte évoque « un marché secret, actuellement en cours de préparation, entre le Conseil du développement et de la reconstruction (CDR) et un nombre de responsables, en coordination avec le comité ministériel chargé de ce dossier ». « Ces informations font état d'un contrat signé avec un bureau danois spécialisé, pour la préparation d'un cahier des charges en vue de l'installation d'incinérateurs fonctionnant suivant le système "Waste to Energy" (production d'énergie par récupération des gaz suite à la combustion des déchets) dans toutes les régions libanaises, souligne le texte. Le choix des sociétés susceptibles de présenter des dossiers pour l'exportation puis pour l'incinération aurait déjà été entamé. »
L'association affirme que « les responsables semblent tendre vers l'adoption de l'incinération comme solution définitive à la crise des déchets qui a entamé son cinquième mois, profitant de la gravité de la situation et du désespoir des citoyens ». Elle se demande même si la lenteur à régler cette crise n'était pas intentionnelle de la part des autorités, « qui voudraient imposer de cette manière l'incinération dans les mohafazats en vue de garantir leur mainmise sur les appels d'offres avec le moins de contestation possible ».
En attendant l'incinération (l'installation d'incinérateurs nécessite des années), les sources de Sakker el-dekkanéindiquent que « les autorités concernées finalisent actuellement les contrats d'exportation à un coût qui dépasse les 200 dollars par tonne », soulignant que « le ministère des Finances a donné son feu vert pour financer ces contrats ». Ces sources ajoutent que « le CDR devra bientôt lancer l'appel d'offres et travaille actuellement dans le secret le plus total pour finaliser les dossiers ».
« L'objectif est de réaliser ce marché en quelques jours seulement afin de couper court à toute protestation, ajoute le texte. Il semble qu'un nombre de ministres aient déjà informé les municipalités de ce projet afin de les mettre devant l'obligation de fournir des terrains sans possibilité de contestation. »
Selon Sakker el-dekkané, « ces informations nous ramènent à une situation qui prévalait déjà avant la crise, quand la proposition d'installer des incinérateurs comme solution définitive pour le Liban était promue par certains leaders et par l'une des organisations internationales ». « Tout le monde connaît les risques sanitaires, environnementaux et économiques qui résulteraient de cela, sans compter que la porte de la corruption sera de nouveau grande ouverte, conclut le texte. Que tous ceux qui se préoccupent de leur santé et de celle de leurs enfants manifestent leur refus de cette solution catastrophique par excellence ! »

Chehayeb stigmatise de nouveau « les adolescents de l'environnement »
Le sujet de la crise des déchets a également été abordé ce week-end par le ministre de l'Agriculture, Akram Chehayeb. Celui-ci a une fois de plus accusé « les adolescents de l'environnement » d'avoir rendu toute solution à ce problème irréalisable, en allusion aux détracteurs de son plan de sortie de crise (élaboré cet été avec une équipe d'experts). « Notre espoir est de parvenir cette semaine à un accord en Conseil des ministres sur la pire des solutions envisageables, celle de l'exportation des déchets durant un an et demi », a-t-il souligné, ajoutant que cette solution a été rendue incontournable par « les obstacles politiques, partisans et confessionnels ».
Le ministre, qui s'exprimait au cours d'une campagne de reboisement dans l'Iqlim el-Kharroub, a estimé que les solutions envisagées actuellement par le gouvernement visent à donner le temps aux municipalités de bâtir leurs capacités et d'obtenir leurs droits financiers. « C'est ainsi que nous serions passés d'une centralisation complète à un système où les municipalités joueraient leur rôle traditionnel de collecte et de supervision, a-t-il ajouté. Nous sommes à la veille d'élections municipales, un scrutin qui devrait avoir lieu à temps pour qu'un sang nouveau soit injecté dans les conseils municipaux », a-t-il conclu.

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