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À La Une - Changement climatique

L’accord de Paris adopté en grande pompe à la COP21

Le texte consacre la limitation de la hausse de la température de la terre à moins de 2 degrés (entre 1,5 et 2) et le chiffre de 100 milliards de dollars d'aide par an aux pays du Sud à partir de 2020, année où il entre en vigueur.

Photo AFP.

Vers 15h45, samedi, au dernier jour de la COP21, c’est sous les applaudissements et les sifflements d’admiration que le président de la COP Laurent Fabius fait son entrée dans la salle plénière où doit être adopté le texte final de l’accord de Paris. Il s’agit du premier accord mondial pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre et la lutte contre le changement climatique. Le texte avait été distribué aux délégués quelques heures plus tôt.

Au premier rang, la ministre de l’Environnement Ségolène Royal à côté de l’ancien vice-président américain Al Gore, très sollicité. Le secrétaire d’état américain John Kerry est là. L’ambiance est à la bonne humeur. Sur les écrans, des visages souriants, même fatigués. L’accord n’a pas encore été adopté formellement mais on a peine à croire qu’il ne le sera pas.  

Il le sera vers 19h30, avec quelque retard. “Je regarde la salle, je ne vois pas d’objection, l’accord de Paris est accepté”. C’est par ces mots, accueillis par une salve d’applaudissements et de sifflements (dans la salle plénière comme dans le centre des médias d’ailleurs), que cette mention est accueillie. Près de Laurent Fabius, Christiana Figueres, secrétaire générale de la Convention cadre des Nations unies pour le changement climatique (CCNUCC), fait le signe de la victoire. On se serre la main, on se félicite. “On me rappelle que j’ai à taper avec un marteau, c’est un petit marteau mais je crois qu’il peut faire de grandes choses”, a ajouté un Laurent Fabius radieux. Le président français François Hollande et le secrétaire général de l’Onu Ban Ki-Moon rejoignent la tribune, se félicitant mutuellement.

La dernière réunion du Comité de Paris au Bourget s’était tenue plus tôt dans la journée, peu avant midi, pour annoncer le texte final de l’accord global climatique, après deux semaines de Conférence marquant cette 21e COP tant attendue à Paris.

 

( Repère : COP21 : Les principaux points du projet d'accord sur le climat de Paris )

 

Un objectif qui rend l’accord “historique”
Même s’il comporte peu de détails sur le texte (qui allait être distribué peu après), le discours de M. Fabius à midi évoque tous les mots-clés de cet accord, qu’il a lui-même qualifié de “différencié, juste, durable, dynamique, équilibré et juridiquement contraignant”.

Il mentionne une question cruciale qui a divisé et passionné à la COP21: celle de l’ambition. Tendre vers une augmentation de 1,5 degré au plus (le texte dit “bien en deçà de 2 degrés”) est l’une des réalisations du texte, malgré une opposition ferme de certains pays.

“C’est notamment pour la mention de cet objectif que je considère cet accord comme un moment historique”, affirme Waël Hmaïdane, directeur exécutif de “Climate Action Network” (CAN, plus de 900 ONG mondiales), à L'Orient-Le Jour “Le texte dit qu’il faut rester bien en deçà de deux degrés et de tendre vers la limite de 1,5 degré, dit-il. Cela signifie le début de la fin de l’ère des énergies fossiles..”

A tous ceux qui craignent que cet objectif ambitieux ne puisse se réaliser à la lumière des contributions nationales actuelles – engagements de réduction des émissions présentés par plus de 180 pays en amont de la COP21 – un autre motif de satisfaction est apporté dans le cadre de ce texte: une obligation de réviser, à la hausse nécessairement, les contributions nationales chaque cinq ans. Pour l’instant, les contributions nationales, selon les calculs, gardent la terre sur une trajectoire de hausse de près de 3 degrés. Toutefois, reste la question de savoir quand ces révisions débuteront, étant donné que l’accord actuel n’entre en vigueur qu’en 2020.

Également interrogé sur ce point, Waël Hmaïdane, sur base de son analyse du texte, explique à L’OLJ que l’accord contraint les parties à un premier bilan en 2018, ce qui est extrêmement positif selon lui. A savoir que, dans son discours, M. Fabius parle également d’un “bilan collectif” des progrès dans le monde tous les cinq ans. 

Julien Jreissati, chargé de campagne à Greenpeace Méditerranée, estime que la limite fixée est très bonne, mais déplore que le mécanisme pour y parvenir soit insuffisant. “Les bilans sont prévus pour 2018, mais l’obligation d’améliorer les prestations n’est pas contraignante, puisqu’elle se trouve dans le texte de la décision, pas celui de l’accord, dit-il à l’OLJ. Techniquement, les révisions des contributions nationales se feront à partir de 2025 ou 2030, qui sont les délais précisés dans ces contributions.”

 

( Repère : Comprendre la COP21 : Ce qu'il faut savoir sur le réchauffement climatique )

 

Qui paye quoi?
Sur le financement de l’accord, autre grand sujet de débat dans les négociations, M. Fabius certifie le “plancher de 100 milliards de dollars” à assurer par an à partir de 2020 pour financer les efforts fournis par les pays en développement. Ce chiffre avait été fixé par les Américains en 2009, au cours du sommet de Copenhague, mais il a été contesté par eux au cours de la COP21, selon les échos qui sont parvenus des négociations. Cet engagement mondial semble avoir tenu le cap.

Mais qui devrait payer ? Le directeur de CAN explique: “L’accord demande aux pays développés d’assurer le financement de l’accord, tout en encourageant les pays en développement de le faire. Nous avons toujours trouvé juste que les pays en développement, même émergents, ne soient pas obligés d’avoir des engagements précis.”

Enfin, le troisième sujet au centre d'un débat qui a freiné les négociations est la question de la différenciation, en d’autres termes les engagements des pays suivant leurs capacités. Dans son discours, M. Fabius fait clairement allusion à un accord “différencié” et parle de contributions des pays selon leurs capacités, mais insiste sur la responsabilité de tous dans ce processus. Dans le texte, la différenciation se trouve à deux niveaux, selon Julien Jreissati : les engagements financiers, qui concernent seulement les pays développés (les autres peuvent contribuer à titre volontaire), et les pics de pollution qui doivent être atteints plus tôt par les pays développés.

Certes, l’accord na pas suscité que des réactions enthousiastes, notamment de la part de certaines organisations qui relèvent que les engagements ne sont pas assez contraignants, surtout au niveau du financement. Mais il n’en est pas moins une étape cruciale, et les mots “tournant” et “historique” ont été prononcés à plusieurs reprises samedi par différents acteurs.

 

 

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Vers 15h45, samedi, au dernier jour de la COP21, c’est sous les applaudissements et les sifflements d’admiration que le président de la COP Laurent Fabius fait son entrée dans la salle plénière où doit être adopté le texte final de l’accord de Paris. Il s’agit du premier accord mondial pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre et la lutte contre le changement...

commentaires (2)

TOUS ONT DIT : OUI ! LA PLUPART ENCAISSERONT LA MANNE... PERSONNE NE SUIVRA LES OPTIONS AVANCÉES... CHACUN DONNERA DES RAISONS SPÉCIALES... ET D'ICI CINQ ANS IL FAUDRAIT PARLER DE 3 À 4 DEGRÉS PEUT-ÊTRE ! IL FAUT UNE ORGANISATION QUI SUIVE DE PRÈS ET IMPOSE DÈS MAINTENANT LES PLANS DE CHANGEMENT POUR CHAQUE PAYS ! MAIS SUR LES 180 PAYS... LES GROS K.K. GAZEUX SONT EXPULSÉS PAR UNE DIZAINE DE PAYS SEULEMENT... CEUX-LÀ MÊMES QUI VEULENT RÉTRIBUER LES AUTRES POUR SUPPOSÉMENT RÉDUIRE LEURS K.K. DE CACAHUÈTES...

LA LIBRE EXPRESSION

11 h 56, le 13 décembre 2015

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Commentaires (2)

  • TOUS ONT DIT : OUI ! LA PLUPART ENCAISSERONT LA MANNE... PERSONNE NE SUIVRA LES OPTIONS AVANCÉES... CHACUN DONNERA DES RAISONS SPÉCIALES... ET D'ICI CINQ ANS IL FAUDRAIT PARLER DE 3 À 4 DEGRÉS PEUT-ÊTRE ! IL FAUT UNE ORGANISATION QUI SUIVE DE PRÈS ET IMPOSE DÈS MAINTENANT LES PLANS DE CHANGEMENT POUR CHAQUE PAYS ! MAIS SUR LES 180 PAYS... LES GROS K.K. GAZEUX SONT EXPULSÉS PAR UNE DIZAINE DE PAYS SEULEMENT... CEUX-LÀ MÊMES QUI VEULENT RÉTRIBUER LES AUTRES POUR SUPPOSÉMENT RÉDUIRE LEURS K.K. DE CACAHUÈTES...

    LA LIBRE EXPRESSION

    11 h 56, le 13 décembre 2015

  • Ca parait un peu pompeux le titre ...il reste a voir ,après ce contrat et la pub ...comment va t'il s'executer véritablement dans le temps immédiat ...?

    M.V.

    11 h 38, le 13 décembre 2015

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