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Liban - Changement climatique

Le Liban s’engage à réduire ses émissions de 15 à 30 % d’ici à 2030

La conférence internationale de Paris sur le climat approche à grands pas et Beyrouth devrait y participer avec une délégation plus nombreuse que d'habitude.

Avec le réchauffement climatique, les phénomènes extrêmes, comme les violentes pluies qui provoquent des inondations, sont appelés à se multiplier. Photo Sami Ayad

La conférence internationale sur le climat, qui se tiendra à Paris du 30 novembre au 14 décembre, porte le numéro 21 et est connue sous l'acronyme Cop21 (pour conférence des parties). Un sommet loin d'être routinier puisque c'est là que devrait être adopté un texte d'accord international contraignant sur les réductions des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Les contours de ce texte continuent d'être discutés lors de négociations mondiales, dont un épisode vient de se tenir à Bonn, dans un contexte de mécontentement des pays en voie de développement et d'inquiétudes des organisations non gouvernementales sur le degré d'ambition de ce texte.


Les estimations de réduction des émissions de gaz à effet de serre – responsables du réchauffement climatique – sont basées sur ce qu'on appelle des « contributions nationales », des engagements volontaires de la part des pays. Ces documents, en anglais des « Intended Nationally Determined Contributions » (INDC), devaient être présentés avant octobre à la Convention cadre des Nations unies sur le changement climatique (CCUNCC). Les pays devaient y présenter leurs propositions pour réduire leurs émissions et y déterminer les objectifs qu'ils se sont fixés dans ce cadre. En octobre dernier, des 197 pays qui participent à la Cop, 119 engagements volontaires avaient été présentés à la CCUNCC, représentant 147 parties (à titre d'exemple, une proposition peut concerner un groupe de pays, comme l'Union européenne).


Malgré toutes les difficultés qu'il traverse, le Liban fait partie des pays qui ont présenté leur INDC début octobre. C'est d'autant plus louable qu'il fait partie des seuls sept pays arabes qui l'ont fait, avec le Maroc, la Tunisie, l'Algérie, la Jordanie, la Mauritanie et Djibouti. Du côté des pays pétroliers, notamment, le silence...
Dans son INDC, le Liban présente deux types d'objectifs, l'un « inconditionnel », c'est-à-dire relevant des seuls efforts du pays, sans aide internationale, et un second « conditionnel », c'est-à-dire avec une aide internationale. Dans le premier objectif, le Liban propose de réduire de 15 % ses émissions de gaz à effet de serre d'ici à 2030 par rapport aux tendances actuelles, de faire en sorte que 15 % de sa production d'énergie soit à partir de ressources renouvelables, et de réduire sa consommation d'énergie de 3 %. Pour le volet « conditionnel », cela donne un objectif de 30 % de réduction des gaz à effet de serre, de 20 % d'énergie à partir de ressources renouvelables et de 10 % de réduction de consommation d'énergie.

 

Une coordination à toute épreuve
En 2012, le Liban s'était engagé à augmenter sa capacité en production d'énergie par des ressources renouvelables de 12 % d'ici à 2020. Un chiffre de 15 % d'ici à 2030 constitue-t-il un réel progrès ? Léa Kaï Aboujaoudé, coordinatrice des projets du changement climatique du Programme des Nations unies pour le développement (Pnud) au ministère de l'Environnement, pense que oui, compte tenu de l'augmentation de la demande d'ici à 2030.
Outre les mesures d'atténuation des émissions de gaz à effet de serre, le document présenté par le Liban insiste sur la nécessité des aides internationales pour les mesures d'adaptation dont le pays aurait besoin pour faire face aux effets du changement climatique. Des financements pour des projets tels l'amélioration du système de santé, la récupération d'eau de pluie, de plans alternatifs pour des domaines touristiques qui risquent d'être touchés, comme les stations de ski...


À la question de savoir comment ce document a été préparé en l'absence d'un président de la République et de réunions régulières du Conseil des ministres, Léa Aboujaoudé précise à L'Orient-Le Jour que l'équipe a commencé par faire un inventaire des données concernant les secteurs-clés : électricité, reboisement... « C'est ainsi que l'on a pu fixer un objectif inconditionnel de 15 % de recours aux énergies renouvelables, explique la coordinatrice de l'équipe. Nous avons ensuite formé une commission ministérielle regroupant, outre le ministère de l'Environnement bien sûr, les ministères des Finances, de l'Énergie, de l'Agriculture, du Travail, du Tourisme, des Affaires étrangères, ainsi que la présidence du Conseil des ministres, le Conseil du développement et de la reconstruction (CDR), la commission du Pétrole. C'est ainsi que nous avons assuré la coordination à tous les niveaux, prenant en compte les différentes stratégies de ces administrations. Ces stratégies actuelles suffiront largement, si elles sont appliquées, à réduire nos émissions de 15 %. Pour l'objectif conditionnel de 30 %, nous avons pris en compte les plans pour lesquels il n'y a pas de financement actuellement, comme une stratégie globale pour la réforme du transport. »

 

Une limite espérée à 2,7 degrés
Interrogé par L'Orient-Le Jour sur les engagements présentés par le Liban, Waël Hmaïdan, président du groupe international d'ONG CAN, trouve que l'initiative est « très encourageante, étant donné les défis politiques et sociaux auxquels le pays est confronté ». Une réalisation, selon lui, à mettre au compte du « leadership endossé par le ministère de l'Environnement ». Il estime cependant qu'avec « un engagement à plus haut niveau politique, nous aurions pu espérer un INDC libanais bien plus ambitieux ».
À un niveau mondial, et tenant compte des INDC déjà présentés, peut-on espérer de limiter la hausse de température de la terre à deux degrés comme l'espèrent les scientifiques ? « Selon le "Climate Action Tracker", une coalition de quelques-uns des meilleurs analystes dans le domaine, avec les engagements présentés par quelque 150 pays représentant en tout près de 90 % des émissions mondiales, nous pouvons espérer avoir infléchi la courbe de la hausse de température de 4 degrés à environ 2,7 degrés », explique l'expert. Il ajoute : « C'est un pas de géant collectif dans la bonne direction, et cela nous fait espérer un deal plus ambitieux à Paris, qui nous permette de rester en deçà de 2 degrés, et, peut-être, en deçà de 1,5 degré. »
Interrogé sur le texte de Paris, Waël Hmaïdan estime que « la question n'est plus de savoir s'il y a un deal, étant donné que les pays ont prouvé leur engagement à ce niveau, mais quelle sera la qualité de cet accord ». Il rappelle que CAN milite pour l'élimination pure et simple de l'utilisation des énergies fossiles.

 

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commentaires (3)

L'ANECDOTE DE L'ANNÉE ! QUATRE MOIS SONT PASSÉS ET ON NE PEUT MÊME PAS RÉDUIRE LES DÉCHÊTS... QUI VA RÉDUIRE LA POLLUTION ? EST-CE QUELQUE MNAJEM MOUGHRABI ?

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

17 h 56, le 04 novembre 2015

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Commentaires (3)

  • L'ANECDOTE DE L'ANNÉE ! QUATRE MOIS SONT PASSÉS ET ON NE PEUT MÊME PAS RÉDUIRE LES DÉCHÊTS... QUI VA RÉDUIRE LA POLLUTION ? EST-CE QUELQUE MNAJEM MOUGHRABI ?

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    17 h 56, le 04 novembre 2015

  • Bof, la photo parle d'elle même......

    Je partage mon avis

    14 h 40, le 04 novembre 2015

  • LE LIBAN S'ENGAGE....QUEL LIBAN ? QUI S'ENGAGE ? C'EST LA MEILLEUR BLAGUE AUJOURD'HUI. CHACUN POUR SOI DANS CE PAYS. POUR EMPLOYER CE MOT "S'ENGAGE" IL FAUT ÊTRE RESPECTABLE. LES VAUTOURS QUI DIRIGENT CE PAYS SONT TELLEMENT DÉMASQUÉS QUE PERSONNE NE LES PREND AU SÉRIEUX. DONC CE TITRE AFFICHÉ FIÈREMENT PAR SUZANNE BAAKLINI EST UNE BLAGUE.

    Gebran Eid

    11 h 52, le 04 novembre 2015

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