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Liban

Dima Sadek, libérée sous caution d’élection de domicile : « Je ne suis pas coupable »

Médias

La journaliste a comparu hier devant l'avocat général près la Cour de cassation.

Yara ABI AKL | OLJ
05/11/2015

Notre consœur de la LBCI Dima Sadek a été entendue hier par l'avocat général près la Cour de cassation, le juge Imad Kabalan, suite à la plainte adressée contre elle par le Hezbollah l'accusant de diffamation. Elle a été libérée sous caution d'élection de domicile.
À la suite de la séance d'interrogatoire, l'avocat de la journaliste, Marc Habka, a déclaré que sa cliente « respecte le pouvoir judiciaire et a affirmé qu'elle n'a rien à voir avec tout ce dont elle a été accusée. Mme Sadek respecte, à l'instar de l'établissement où elle travaille, tous les partis politiques, dont le Hezbollah », a-t-il ajouté avant de poursuivre : « L'investigation a porté sur deux points essentiels : un épisode télévisé où a été évoquée la corruption, ainsi que des prises de positions qui lui ont été attribuées et dans lesquelles elle aurait accusé certains membres du Hezbollah de corruption. » Selon lui, « Mme Sadek continuera à travailler à la LBCI ».
« Nous avons confirmé aujourd'hui que la LBCI est neutre », a affirmé le PDG de la chaîne Pierre Daher, avant de signaler que « rien ne montre que Dima, ou encore la LBCI, ont pris des positions contre un camp politique ». M. Daher a rappelé que « conformément à la loi, la séance d'aujourd'hui (hier) est le point de départ de toute poursuite visant des journalistes. Et il revient au juge de décider du transfert du dossier au tribunal des imprimés ».
Pour sa part, Mme Sadek s'est dit « très réconfortée, car le dossier est devant le pouvoir judiciaire ».

« J'ai confiance... »
Plus tard dans la journée d'hier, Mme Sadek a répondu, via L'Orient-Le Jour, à l'avocat du Hezbollah, « car c'est la seule chose que je peux faire, selon mon avocat ».
« Le document qu'on m'a accusée de publier sur Facebook et Twitter, et dans lequel j'accuserais le Hezbollah de corruption n'existe pas », a-t-elle déclaré avant de poursuivre : « J'ai été libérée sous caution d'élection de domicile, la peine la plus légère dans un tel cas, ce qui signifie que le juge ne me considère pas coupable et n'aura plus besoin de moi. J'ai confiance dans le pouvoir judiciaire libanais et je suis couverte par la loi », a-t-elle encore dit avant de remercier Pierre Daher, « qui a été présent sur toute la ligne et a déclaré que la LBCI était neutre (et donc moi aussi), ainsi que mes collègues journalistes qui m'ont exprimé leur soutien ».

À son tour, notre consœur de la Future TV Paula Yaacoubian a commenté les poursuites engagées contre Mme Sadek. « C'est un procès vide visant à terroriser les journalistes », a-t-elle déclaré à L'OLJ, avant d'ajouter : « Je suis pour des poursuites à l'encontre de toute personne pratiquant la diffamation. Mais là, nous sommes devant une journaliste connue pour son professionnalisme et son objectivité. » Mme Yaacoubian a estimé « illogique que les journalistes soient encore poursuivis, tout comme il n'est pas sensé qu'un parti aussi organisé que le Hezbollah ne sache pas qu'il est impossible à une journaliste de la télévision de l'attaquer, via les réseaux sociaux, pour la simple raison qu'elle est amenée à accueillir ses représentants dans son talk-show ». Elle a appelé « au plus grand soutien à Dima Sadek car elle fait face à des comportements infantiles ».

L'audience de la LBCI
À l'instar de Mme Yaacoubian, le journaliste Charles Jabbour, membre de l'association Journalistes contre la violence, a estimé que « la plainte adressée contre ma collègue Dima Sadek s'inscrit dans le cadre de la terreur politique exercée contre les journalistes pour les empêcher de remplir leurs fonctions ». M. Jabbour nous a déclaré qu'« à travers ce procès, le Hezbollah a voulu donner une leçon aux journalistes ». Il ne manque pas, toutefois, de rappeler que « le pouvoir judiciaire a le droit de poursuivre les journalistes quand ces derniers pratiquent la diffamation, mais qu'il n'est pas en droit de le faire quand ils ne font que poser des questions aux personnes concernées ».
Selon le journaliste, « le Hezbollah a adressé une plainte contre Mme Sadek pour des raisons multiples, dont notamment la large audience dont bénéficie la LBCI, sans oublier le fait que le parti veut brider les ardeurs des médias désirant s'attaquer au dossier du Captagon ».

Notons que le président de l'ordre des rédacteurs Élias Aoun a estimé que « les procès contre les journalistes et se rapportant à leur métier relèvent de la compétence du tribunal des imprimés, et c'est le cas de notre collègue Dima Sadek », tout en exprimant son souhait « de voir le dossier transféré au tribunal compétent ».
Dans un communiqué publié hier, M. Aoun a affirmé que « l'ordre des rédacteurs se réfère aux lois en vigueur, en particulier celles se rapportant à la presse ». « Nous apprécions la référence de toutes les parties qui se sentent lésées par les journalistes ou les médias au pouvoir judiciaire, mais nous insistons sur le fait que le tribunal des imprimés tranche de tels litiges, sachant que les modifications de la loi des imprimés de 1994 ont annulé l'emprisonnement des journalistes », a ajouté M. Aoun.
Signalons enfin que certains journalistes ont organisé, hier, des sit-in à Halba (Akkar), et devant le Palais de justice à Beyrouth, pour protester contre les poursuites engagées contre les journalistes.

 

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FAKHOURI

Le Hezbollah est le cancer du Liban
Il n'y a pas de thérapie connue pour nous en débarrasser. Nous vivons tous les jours au Liban sous les directives de l'Iran, via Hezbollah
Avant de s'adresser à la justice libanaise, le Hezbollah devrait balayer devant sa porte
Je suis nul en juridique, mais si j'étais le procureur, le juge ou le Président de l'audience, j'aurais rejeté l'inculpation du Hezbollah.
Mais il ne le fera pas, il y a grand risque de voiture piégée dont le Hezbollah a l'art de montrer son innocence dans ce genre d'acte

ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

Purée, qu'elle est belle !

Saleh Issal

Le Hezbollah attaque pour diffamation ! Les femmes et les enfants massacrés en Syrie sous les barils du régime de Bachar protégé par le Hezbollah, c'est bien pire que de la diffamation. Sa guerre factice en 2006 pour complaire à leur maître iranien, et qui a ruiné le Liban à la grande joie d'Israel, c'est pire que de la diffamation. Les cinq membres du Hezbollah accusés au TSL, c'est pire que de la diffamation. Le coup d'état conte le Liban le 7 mai 2008 qui a fait 150 morts et permis au huit mars de faire tomber le gouvernement élu démocratiquement , c'est pire que de la diffamation. Le membre du Hezbollah dans l'ascenseur de Harb, c'est quoi ? Samer Hanna, c'est quoi ? Le membre de l'Option Libanaise assassiné devant l'Alsace d'Iran, c'est quoi ? Le keptagon du frère de Moussawi, c'est quoi ? Les médicaments frelatés, c'est quoi ? Assez de ce Hezbollah qui a diffamé la démocratie et la liberté au Liban aux yeux du monde ! Trop, c'est trop !

George Khoury

Admettons que Dima a bien fait de la diffamation, alors pourquoi les cadres du hezb n'ont pas ete entendu par la justice pour leurs diffamations a l'encontre du 14 Mars; leur discours sont rempli de diffamation: "le 14 Mars est un projet american-sioniste et il faut le confronter". Je vous rappelle qu'on est en guerre contre israel et que la collaboration coute tres cher...a moins de s'appeler fayez karam....

VIRAGE CONTRÔLÉ

On laissera la justice departager les protagonistes dans cette affaire , le hezb use de ce moyen legal alors qu'on l'accuse facilement de brutalite et on pourra dire a la belle Dima que prouver son innocence pour dima..ffation , il faudra plus que des postures esthetiques , d'un point de vue juridique .

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