Liban

Une occasion pour sensibiliser aux dangers d’une maladie mortelle

Journée mondiale de lutte contre la rage
29/09/2015

Testé pour la première fois en 1885, le vaccin contre la rage découvert par Louis Pasteur a bouleversé la médecine, sauvant la vie de milliers de personnes au fil des décennies. Pour autant, cette maladie n'a pas été éradiquée. Elle tue chaque année entre 60 000 et 70 000 personnes, dont 40 % d'enfants. La rage subsiste et reste une des priorités du monde médical.

Le Liban n'y échappe pas. Après de nombreuses années d'absence, la maladie a refait surface mais au Akkar seulement où elle a fait deux victimes, il y a quelques semaines. Ces deux cas restent cependant isolés.

La rage est transmise à l'homme par des morsures de chiens, dans 95 % des cas. MM. Ghazi Yehia et Xavier Pacholek, respectivement représentant régional et chargé de mission de l'Organisation mondiale de la santé animale (OIE), expliquent qu'il suffit de vacciner 70 % des chiens dans le monde pour éradiquer en quelques années le virus. À l'heure actuelle, le vaccin est gratuit dans la majorité des pays. Au Liban, il est fourni gratuitement par le ministère de l'Agriculture et il est obligatoire pour tous les chiens.

Seulement, comme dans de nombreux pays, tous les chiens ne sont pas vaccinés contre la rage. Et pour cause : plusieurs sont abandonnés dès leur naissance, ou naissent directement dans la rue. Tous ces chiens errants ne sont pas enragés, mais peuvent contracter le virus. C'est à ce niveau que se situe, à l'échelle internationale, le combat mené par les différentes organisations de la santé. Dans ce contexte, M. Pacholek souligne qu'il est aujourd'hui essentiel d'analyser les causes de l'errance de ces chiens (comment ils en sont arrivés là, comment ils survivent) et d'agir à ce niveau pour permettre de réduire ces populations potentiellement vectrices d'une maladie mortelle.

Il rappelle qu'un chapitre du Code international des maladies des animaux terrestres publié par l'OIE est consacré à cette thématique. Le médecin vétérinaire relève que la destruction de chiens errants apparait souvent inefficace à gérer seule ces populations et que la vaccination des chiens peut permettre d'éradiquer le virus de ces populations.

Il serait important de relever dans ce cadre l'importance du rôle que jouent les associations locales de défense des animaux qui accueillent les bêtes abandonnées ou errantes, notamment les chiens et les chats et qui prennent soin de les vacciner et de les stériliser avant de les proposer à l'adoption, contribuant ainsi à la lutte contre le virus rabique.

La mobilisation de tous les acteurs (ministères de l'Agriculture et de la Santé, municipalités, ONG...) peut permettre d'éliminer la rage humaine. C'est ce qu'il ressort du document cadre sur l'élimination mondiale de la rage humaine transmise par les chiens, publié hier par l'OIE, l'OMS (organisation mondiale de la santé) et la FAO (organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture) en collaboration avec l'Alliance mondiale contre la rage (GARC). Ils y invitent les pays à investir dans des programmes de lutte à la fois rentables et durables basés principalement sur la vaccination de masse des chiens et le traitement des personnes mordues.

L'objectif de la journée de lutte contre la rage est donc de parvenir à moyen terme à éradiquer ce virus, en privilégiant l'immunisation des chiens, et plus largement de toutes les bêtes qui peuvent transmettre le virus. Si elle est en très grande majorité transmise par la race canine, la rage peut aussi l'être par le biais d'autres mammifères, comme les écureuils, les lapins, les chats, les renards et les chauves-souris. Elle est mortelle dans 100 % des cas si elle n'est pas traitée. Après une morsure, la maladie trouve son chemin jusqu'au cerveau à travers les canaux nerveux, arrêtant l'activité de ce dernier et entraînant la mort. Plus la morsure est éloignée du cerveau, plus le virus met du temps à l'atteindre. À l'inverse, si la morsure est proche du cerveau (au visage ou au cou par exemple), la victime peut mourir en quelques jours. Face à cela, un seul soin : le sérum. Particulièrement efficace, il agit en quelques jours. La plus grande étape à franchir dans la guérison est donc la prise de conscience que l'on est atteint.
Il est conseillé d'aller consulter un médecin après une morsure suspecte, et il est préférable de rester prudent face aux chiens abandonnés. Dans le combat contre cette maladie, il est capital de veiller à vacciner des animaux de compagnie et participer à la stérilisation des chiens de rues.

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