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Moyen Orient et Monde - Décryptage

Syrie : un terrain d’entente est-il possible entre Russes et Occidentaux ?

Moscou et Washington pourraient collaborer pour combattre l'organisation État islamique à condition de s'entendre sur le sort réservé à Bachar el-Assad.

Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, et son homologue américain, John Kerry. Photo d’archives AFP

Vladimir Poutine a-t-il déjà gagné son pari en Syrie ? En attendant de voir si le récent déploiement militaire russe va avoir pour effet de renforcer les positions du régime syrien, notamment à Lattaquié, Moscou s'est en tout cas replacé au centre du jeu diplomatique avant le début des négociations sérieuses pour trouver une issue à ce conflit. Autrement dit, rien ne pourra se faire sans les Russes. Ces derniers ont profité des atermoiements des Occidentaux pour s'affirmer une nouvelle fois comme une grande puissance internationale et peut-être mettre un terme à l'isolement qu'ils subissent depuis leur annexion de la Crimée.
Le 28 septembre, à la tribune de l'Assemblée générale de l'Onu, le président russe va proposer officiellement son plan, qu'il a déjà évoqué à plusieurs reprises, visant à créer une nouvelle coalition pour lutter contre l'organisation État islamique (EI). Cette coalition prévoit une coopération entre les Russes, les Occidentaux, les Arabes, mais aussi Téhéran et surtout Damas. Concentrer les efforts militaires dans le but de détruire l'EI puis discuter ensuite du sort de Bachar el-Assad : voilà ce que proposent les Russes à leurs partenaires arabes, turc et occidentaux. Les Saoudiens et les Turcs ont déjà répondu à cette proposition par la négative. Pour eux, le départ du président syrien est une condition indispensable au règlement de la crise. Dans les pays occidentaux, le débat est désormais posé : faut-il accepter la proposition du chef du Kremlin ?

 

(Lire aussi : Damas demandera à l'armée russe de combattre aux côtés de ses troupes si cela s'avère nécessaire, assure Moallem)

 

Discussions tactiques
Si Washington continue de réclamer le départ de M. Assad, son comportement incite à penser qu'il a clairement fait de la lutte contre l'EI sa priorité, du moins pour le moment. En mal de partenaires à la fois fiables et efficaces sur le terrain, les Américains semblent naviguer à vue en Syrie. En témoignent les résultats peu probants de leur programme de formation de rebelles pour combattre l'organisation jihadiste. Washington a dépensé 500 millions de dollars et prévoyait de former 5 000 combattants, mais, de l'aveu même du chef des forces américaines au Moyen-Orient, ils ne seraient actuellement pas plus de 4 à 5 combattants formés par Washington à être toujours engagés sur le terrain syrien. Malgré les critiques américaines à l'égard des manœuvres militaires de Moscou, Russes et Américains pourraient trouver un terrain d'entente dans leur volonté commune de combattre l'EI et d'éviter l'effondrement des institutions syriennes. À condition, bien sûr, de mettre leurs querelles de côté. Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a d'ailleurs proposé mercredi à son homologue américain, John Kerry, « une conversation de militaires à militaires » sur la Syrie. La Maison-Blanche a répondu hier en déclarant être ouverte « à des discussions tactiques et pratiques avec les Russes » pour renforcer la coalition internationale contre les jihadistes ultraradicaux de l'EI.

 

(Lire aussi : La stratégie militaire US contre l'EI étrillée au Sénat)

 

Quelles perspectives ?
À Londres, le discours s'est progressivement adouci par rapport au début de la crise syrienne. Après avoir mené ses premières frappes en Syrie contre l'EI au début du mois de septembre, le Royaume-Uni a déclaré qu'il pouvait accepter que « le président syrien reste au pouvoir pour une période de transition si cela peut contribuer à résoudre le conflit ».
À Paris, le ton reste plus ferme, mais des voix s'élèvent au sein de l'opposition pour réclamer une collaboration avec M. Assad. L'ancien Premier ministre François Fillon a appelé, à l'instar de la présidente du Front national, Marine Le Pen, Paris à « aider le régime de Bachar el-Assad ». D'autres voix, comme celle de l'eurodéputée Nadine Morano, en visite à Beyrouth, ont déclaré qu'il fallait envisager la façon de « traiter avec Bachar el-Assad ». Appelant à davantage de réalisme, plusieurs membres du Parti des républicains réclament une intervention au sol, sans toutefois préciser clairement quels en seraient les acteurs. Seule certitude : tout comme les possibles frappes aériennes récemment annoncées par l'Élysée, c'est bien l'EI, et non l'armée syrienne, qui serait la cible de cette intervention.
La durée du conflit, la radicalisation, parfois extrême, de l'opposition, mais aussi la crise des réfugiés pourraient amener les Occidentaux à sérieusement discuter avec M. Poutine. Mais pour quelles perspectives de solution ?

 

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Vladimir Poutine a-t-il déjà gagné son pari en Syrie ? En attendant de voir si le récent déploiement militaire russe va avoir pour effet de renforcer les positions du régime syrien, notamment à Lattaquié, Moscou s'est en tout cas replacé au centre du jeu diplomatique avant le début des négociations sérieuses pour trouver une issue à ce conflit. Autrement dit, rien ne pourra se faire...

commentaires (9)

....500 millions votés et 4 millions dépensés.... Gesticulations diplomatiques et effet d'annonce...rien d nouveau ...les combats continuent...ceux qui veulent se battre ils peuvent y aller ,avec un nouvel observateur, les autres connaissent le chemin après la fameuse photo ...

CBG

01 h 44, le 19 septembre 2015

Tous les commentaires

Commentaires (9)

  • ....500 millions votés et 4 millions dépensés.... Gesticulations diplomatiques et effet d'annonce...rien d nouveau ...les combats continuent...ceux qui veulent se battre ils peuvent y aller ,avec un nouvel observateur, les autres connaissent le chemin après la fameuse photo ...

    CBG

    01 h 44, le 19 septembre 2015

  • 500 millions pour entrainer quelques soldats mais ou est donc passe cet argent? je commence a penser que nos politiciens sont des nuls en corruption aussi a prendre des miettes alors que d'autres prennent par centaines de millions meme en corruption ils sont incapables de taper plus gros des nuls en tout

    LA VERITE

    14 h 25, le 18 septembre 2015

  • Oui, mais à condition au préalable, de suspendre l'aSSadique bääSSdiot par les pieds en premier.

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    14 h 19, le 18 septembre 2015

  • OUI ! MAIS CE TERRAIN D'ENTENTE N'EST AUTRE QUE LA FRAGMENTATION DU PAYS EN ALAOUITOLAND ET AUTRES LANDS (?) ALLAH YISTOR... LES DIFFÉRENDS AUGMENTENT ET LE PRÉCIPICE S'ÉLARGIT !!!

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    12 h 19, le 18 septembre 2015

  • C'est au bout de 4 ans et 350.000 morts et 9 millions de syriens exilés, le pays complètement détruit, que ces deux pays fauteurs de guerre envisagent, je dis bien, envisage, de chercher une solution pacifique. Le point de non retour à la paix est atteint ... Daech, est là créée par la le petit Hitler avec l'appui de l'Iran pour l'aider à combattre les rebelles... L'enfant est plus cruel et barbare que son géniteur Le MO est vraiment dans une situation chaotique qui demandera beaucoup de temps pour revenir à une vie décente pour les populations de la région. Et ce ne sont ni les USA, ni la Russie, ni l'Iran qui aboutiront à un résultat pacifique Le seul soucis, le Liban est entrainé dans cette folie

    FAKHOURI

    12 h 03, le 18 septembre 2015

  • Qu'est ce que je me marre en lisant cet article. À croire que subitement par un coup de baguette magique sur leur tête les occidentaux qui ont truffé les iraniens NPR et les russes NPM de sanctions boycott et embargo divers, se rendent compte qu'il est impossible de faire partir le PDT syrien élu par son peuple BASHAR EL ASSAD. Qu'est ce que je me marre de lire les huluberlus qui continuent à nous dire ça y est c'est encore pour 2 semaines. ... Mais qu'est ce que je me marre de savoir que pourtant on était un paquet à dire que ça n'allait pas marcher ce complot et qu'aujourd'hui après tant de morts et de destruction les occiCONS REVIENNENT À DIRE CE QU'ON LEUR AVAIENT SOUFFLÉ À L'OREILLE CE QU'ILS CONSTATENT PAR EUX MÊMES. 500 M de dollars pour 5 à 6 combattants ? ??? Je suis écroulé de rire devant de tels bouffons. Et pourtant c'est pas marrant du tout ce qu'ils ont fait. Ce qu'ils se sont faits et nous ont fait.

    FRIK-A-FRAK

    10 h 42, le 18 septembre 2015

  • Mais c'est déjà fait.... !

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    09 h 54, le 18 septembre 2015

  • Certainement qu'un terrain d'entente est possible ...si les USA a travers la NATO ,cessent leurs ingérences... sur les terres russophones de l'Ukraine ...après la chute du mur de Berlin , chaque pays et chaque peuple de cette région ,à le droit de se "dé- soviétiser " et de s'autodéterminer selon le temps et l'espace...

    M.V.

    07 h 01, le 18 septembre 2015

  • Il est impossible de penser raisonnablement qu'il y a une solution en Syrie sans l'élimination à la fois de Daech et du gang Assad qui a lancé Daech en vue de survivre. Ces deux calamités vont de pair pour la Syrie, pour le Moyen-Orient et pour le monde.

    Halim Abou Chacra

    04 h 37, le 18 septembre 2015

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