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Moyen Orient et Monde - Analyse

En Syrie, Poutine n’a pas le choix

Malgré les apparences, la marge de manœuvre de Moscou semble assez limitée dans ce conflit.

Des drones russes survolant la province d’Idleb en Syrie. Source : Twitter

Multiplication des contacts avec l'Arabie saoudite et les États-Unis, invitation à Moscou des représentants de l'opposition syrienne, volonté de créer une nouvelle coalition internationale contre l'État islamique (EI) et... nouvelles livraison d'armes à Damas : que veut vraiment Moscou en Syrie ?

À l'initiative du regain diplomatique régional et international concernant le règlement de la crise syrienne, Moscou a également rencontré plusieurs opposants au régime Assad et tenté d'amener toutes les parties « fréquentables » à la table des négociations. Une attitude qui pousserait n'importe quel observateur à penser que la Russie souhaite réellement faire tout son possible pour mettre un terme à ce conflit. Dans le même temps, pourtant, des avions et des drones russes ont été aperçus en train de survoler la province d'Idleb, ce qui laisse à croire que Moscou ne se contente plus seulement de livrer du matériel militaire à Damas, mais participe effectivement aux combats. Tout cela sans compter que la Russie aurait déployé des militaires sur le terrain, officiellement pour former les troupes, et aurait commencé à partager ses images par satellite en temps réel avec Damas. Comment décrypter ces deux attitudes a priori contradictoires ? La Russie est-elle en train de mener un double jeu ou bien optimise-t-elle seulement ses chances de protéger ses intérêts en Syrie ?

Que Moscou soit sincère ou non dans sa volonté de mettre un terme à la crise syrienne n'est finalement pas le point le plus important. Ce qui compte en revanche davantage est de savoir s'il dispose d'une marge de manœuvre suffisante pour régler cette crise. Pour l'instant, tous les indices donnent à penser que la réponse est négative.


(Lire aussi : Pour le maître du Kremlin, Assad est prêt pour des législatives anticipées)

 

Marge de manœuvre
Moscou insiste pour que les membres de l'opposition négocient d'une seule voix avec le régime syrien, tandis que Bachar el-Assad continue de considérer qu'il n'existe pas d'opposition en dehors de ce qu'il qualifie de « terroristes ». Si Vladimir Poutine en a réellement marre de l'entêtement du président syrien, est-il tout simplement capable de lui imposer sa volonté ? Comme l'explique Aron Lund, éditeur de Syria in Crisis, un site Internet géré par le think tank Carnegie Endowment for International Peace, dans un article intitulé With Friends Like These: Russia's Limited Leverage in Syria, Moscou n'est pas forcément en position de force dans sa relation avec Damas. Il compare d'ailleurs cette situation à celle qui existe entre Washington et Tel-Aviv, puisque dans les deux cas, c'est le plus petit qui dicte la relation au plus grand. Pour une raison très simple dans le cas présent, comme l'explique M. Lund : toute tentative de Moscou de faire pression sur le régime syrien, notamment en arrêtant d'envoyer du matériel en Syrie ou en cessant d'appuyer Damas sur la scène internationale, pourrait mettre en péril les intérêts russes en Syrie. L'aide militaire et même la participation effective aux combats répondent à la même logique : tout ce qui affaiblit actuellement la position du régime syrien peut porter préjudice aux intérêts russes en Syrie. En l'absence d'alternative crédible au président Assad, qui protégerait ses intérêts, le Kremlin ne semble pas avoir d'autres choix. Sa marge de manœuvre est d'autant plus limitée que la Syrie dépend davantage du bon vouloir de Téhéran que de celui de Moscou.

Moscou ne lâchera pas Bachar el-Assad avant d'obtenir des garanties sur ce que sera l'avenir de la Syrie. Il cherche pour l'instant à gagner du temps et à redonner du crédit au régime en place. L'idée de la formation d'une nouvelle coalition, intégrant notamment Bagdad, Téhéran, Riyad et Damas, pour lutter contre l'EI va dans ce sens. Outre le fait que la Russie soit particulièrement préoccupée par la question des jihadistes (2 000 Russes ont rejoint la rébellion en Syrie, ce qui en fait le plus grand contingent européen), cette proposition, assez irréaliste, lui permet de sonder la position de chacun des acteurs de la crise et d'évaluer les opportunités de mettre un terme à ce conflit. Mais en attendant le moment idoine, la diplomatie russe intègre parfaitement cette locution latine : Si vis pacem, para bellum (Qui veut la paix prépare la guerre).


Lire aussi
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La Russie "n'est pas attachée à la personne" d'Assad

Syrie : négocier quoi et avec qui ?, l'article d'Anthony Samrani


Multiplication des contacts avec l'Arabie saoudite et les États-Unis, invitation à Moscou des représentants de l'opposition syrienne, volonté de créer une nouvelle coalition internationale contre l'État islamique (EI) et... nouvelles livraison d'armes à Damas : que veut vraiment Moscou en Syrie ?À l'initiative du regain diplomatique régional et international concernant le règlement de...

commentaires (8)

Les russes , comme les iraniens, sont bien dans la mélasse qu'ils ont aidé à semer en Syrie Daech est là pour leur rappeler leur démagogie La molasse d'Obama est présent pour n'avoir plus aucune capacité d'intervention Ah, si, il y a le Président français qui se réveille et qui va faire des survols d'inspections comme si les satellites programmés par les USA et Israel n'ont pas suffisamment de connaissance du terrain, sans oublier les drones ... Ils nous prennent pour des neu neu...

FAKHOURI

17 h 14, le 07 septembre 2015

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Commentaires (8)

  • Les russes , comme les iraniens, sont bien dans la mélasse qu'ils ont aidé à semer en Syrie Daech est là pour leur rappeler leur démagogie La molasse d'Obama est présent pour n'avoir plus aucune capacité d'intervention Ah, si, il y a le Président français qui se réveille et qui va faire des survols d'inspections comme si les satellites programmés par les USA et Israel n'ont pas suffisamment de connaissance du terrain, sans oublier les drones ... Ils nous prennent pour des neu neu...

    FAKHOURI

    17 h 14, le 07 septembre 2015

  • Si, si il en a : se "tailler"....

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    13 h 03, le 07 septembre 2015

  • C'est quoi ces salades!? Mais vous etes dans les secrets des dieux, bon sang! Poutine, ne les écoute pas... il ne savent pas ce qu'ils disent.

    Ali Farhat

    04 h 18, le 07 septembre 2015

  • En fait Bachar est le seul président en Syrie, donc il est le seul et unique responsable de la situation....

    CBG

    16 h 12, le 06 septembre 2015

  • POUTINE N'A NI LE CHOIX... NI LE POIDS... ET NI LES VOIX... PRIÈRE PUBLIER...

    CENSURE + BOURDES DE LA DAME = FUITE DES ABONNES.

    16 h 03, le 06 septembre 2015

  • IL N'A PAS LE CHOIX... MAIS IL N'A AUSSI LE POIDS...

    CENSURE + BOURDES DE LA DAME = FUITE DES ABONNES.

    14 h 50, le 06 septembre 2015

  • Au fait quels sont les intérêts russes exactement?

    Beauchard Jacques

    09 h 36, le 06 septembre 2015

  • gesticulations qui ne sauveront pas le petit Hitler

    FAKHOURI

    15 h 27, le 05 septembre 2015

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