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Moyen Orient et Monde - Analyse

La stratégie militaire US contre l’EI étrillée au Sénat

Le commandant des forces américaines au Moyen-Orient a indiqué que seuls « quatre ou cinq » rebelles syriens formés et équipés par les États-Unis combattent effectivement sur le terrain.

Le général Lloyd Austin III, répondant aux questions de la commission des forces armées du Sénat. Chip Somodevilla/Getty Images/AFP

« Quatre ou cinq » combattants : le chef militaire des forces américaines au Moyen-Orient a dû reconnaître mercredi devant le Sénat son incapacité pour l'instant à constituer une force militaire syrienne crédible contre le groupe État islamique (EI). « Ceux qui sont au combat sont... nous parlons de quatre ou cinq », a indiqué le général Lloyd Austin, pressé de questions par la commission des forces armées du Sénat, présidée par le républicain John McCain. « C'est une blague », a commenté la sénatrice républicaine Kelly Ayotte. « Un échec total », a renchéri son collègue républicain Jeff Sessions.
Le chiffre ridiculement bas vient donner de l'eau au moulin de ceux aux États-Unis qui critiquent l'inefficacité de l'administration Obama contre l'EI, alors que des dizaines de milliers de réfugiés tentent de rejoindre l'Europe.
Le problème « n'est pas que nous ne fassions rien contre le groupe État islamique », a tonné le sénateur John McCain. « C'est qu'il n'y a pas de raison évidente de croire que tout ce que nous faisons actuellement sera suffisant. »
Le sénateur McCain et beaucoup de républicains poussent l'administration Obama à davantage engager l'armée américaine dans le combat contre le groupe EI. Le sénateur de l'Arizona est par exemple partisan d'envoyer des forces spéciales américaines sur le terrain pour guider les frappes des avions de la coalition. Mais l'administration Obama s'en tient fermement à son objectif de ne pas déployer de soldats américains sur le terrain. Les opérations terrestres doivent être laissées à la charge exclusive des forces locales, appuyées par des frappes aériennes de la coalition, estime-t-elle. Et cette stratégie fonctionne dans certains endroits, a argumenté le général Austin devant les sénateurs.

Problèmes de recrutement
Dans le nord-est de la Syrie, les forces kurdes et des groupes arabes « ont fait un travail extraordinaire », écartant le groupe État islamique d'une grande partie de la frontière avec la Turquie, a-t-il souligné. Ils « ont repoussé le groupe État islamique à 40 kilomètres de Raqqa », la capitale autoproclammée du groupe extrémiste, a-t-il souligné.
Le général Austin a aussi rappelé les chiffres nettement plus flatteurs du programme de formation et d'équipement des troupes irakiennes. « Aujourd'hui, près de 13 000 soldats irakiens » ont été formés et « plus de 3 000 sont en cours de formation », a-t-il indiqué. « Plus de 3 100 combattants » des tribus sunnites ont aussi été formés, avec 750 en cours de formation, a-t-il affirmé.
En ce qui concerne la Syrie, le Pentagone avait annoncé au démarrage du programme en début d'année un objectif de former 5 000 combattants la première année, dans un programme estimé au total à 500 millions de dollars. Mais seuls 54 combattants ont été formés jusqu'à maintenant et la plupart d'entre eux ont été attaqués par un groupe lié à el-Qaëda dès leur arrivée en Syrie.
Une centaine de combattants seulement sont actuellement en cours de formation, selon les chiffres fournis mercredi au Sénat par une responsable du Pentagone, Christine Wormuth, qui témoignait avec le général Austin.
Depuis le début, le programme se heurte à des problèmes de recrutement. Le Pentagone a établi des critères de sélection extrêmement rigoureux pour sélectionner des volontaires, éliminant impitoyablement des milliers de candidats, selon ses propres chiffres. Washington a aussi clairement indiqué que les futurs combattants devraient se battre contre l'EI, et non contre le régime de Bachar el-Assad, un repoussoir pour nombre de combattants syriens. La CIA anime parallèlement un programme clandestin d'entraînement de rebelles en Syrie.
Devant les sénateurs, le général Austin a dû aussi se justifier sur la fronde d'analystes du renseignement du Centcom. Certains accusent leur hiérarchie d'avoir délibérément enjolivé leurs rapports sur la situation sur le terrain et l'inspection générale du Pentagone a lancé une enquête. « Vous pouvez être sûrs que je prendrai toutes les actions appropriées », a déclaré le général devant les sénateurs, en promettant de protéger tous les analystes qui ont pris le risque de dénoncer leurs chefs.

Laurent BARTHÉLÉMY / AFP


« Quatre ou cinq » combattants : le chef militaire des forces américaines au Moyen-Orient a dû reconnaître mercredi devant le Sénat son incapacité pour l'instant à constituer une force militaire syrienne crédible contre le groupe État islamique (EI). « Ceux qui sont au combat sont... nous parlons de quatre ou cinq », a indiqué le général Lloyd Austin, pressé de questions par...

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