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Économie

Après le « crowdfunding », Zoomaal explore l’investissement participatif

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La plateforme de financement participatif Zoomaal s'est alliée aux accélérateurs de start-up Flat6Labs et Oasis500 pour permettre aux développeurs d'objets technologiques de multiplier leurs chances de lever des fonds, tout en bénéficiant des avantages des deux systèmes. Une première au Moyen-Orient.

28/07/2015

Qu'il s'agisse de biens culturels ou de financement des entreprises, la recette est simple et bien connue : prenez deux concepts à la mode, mélangez-les et vous aurez de fortes chances d'obtenir un succès potentiel. Telle est sans doute l'idée à l'origine d'un partenariat conclu il y a une quinzaine de jours entre la plateforme libanaise de financement participatif Zoomaal et deux accélérateurs de start-up, le jordanien Oasis500 et l'égyptien Flat6Labs.

« Plus qu'une association formelle, il s'agit d'une synergie naturelle entre deux types d'acteurs complémentaires », souligne Abdallah Absi, le fondateur de Zoomaal. Lancée il y a deux ans, sa plateforme de « crowdfunding » propose – sur le modèle des géants américains Kickstarter ou Indiegogo – à un porteur de projet en quête de fonds d'y promouvoir son idée pour lever des fonds auprès des internautes, contre des contreparties définies en fonction de leur effort financier (inscription sur une liste de remerciements, t-shirt, version personnalisée du produit...). Une formule qui ne cesse de gagner de l'ampleur : selon le cabinet américain Massolution, ce système a permis de récolter 16,2 milliards de dollars dans le monde en 2014, soit 167 % de plus que l'année précédente. Au Liban, elle a par exemple déjà été utilisée avec succès pour la production du troisième album du groupe de musique Mashrouh Leila qui a levé 67 000 dollars en août 2013 ; ou les initiateurs du projet de centre culturel Alkindy à Tripoli (27 000 dollars en juillet 2014).

Diversification
« Outre le fait d'offrir une alternative intéressante en termes de financement de projets, le "crowdfunding" est un outil efficace pour tester une idée auprès d'un public potentiel avant sa réalisation », explique Abdallah Absi. D'où l'idée de pousser plus en avant la formule en y associant des accélérateurs dont l'activité consiste à offrir une assistance financière, technique et logistique à de jeunes pousses contre une faible participation à leur capital, ce qui comprend donc une certaine prise de risque. Quant au développeur du projet, il peut ainsi bénéficier de la possibilité de diversifier ultérieurement ses sources de financement.

Le mécanisme prévu par le partenariat est le suivant : Zoomaal sélectionne parmi les projets en quête d'investisseurs qui lui sont soumis ceux qui répondent à une série de critères précis avant de faire suivre à Oasis500 et Flat6Labs. « Les entrepreneurs qui veulent bénéficier de ce programme doivent proposer un projet économiquement viable qui se focalise sur la conception d'un objet innovant dans le domaine des technologies ou du design », indique M. Absi. Chaque accélérateur choisit les projets dans lesquels il souhaite investir. Ensuite, Zoomaal dispose d'un délai de deux semaines pour préparer une levée de fonds sur Internet afin de collecter le capital fixé par l'entrepreneur pour lancer son projet. Pendant la campagne – dont la durée ne doit pas dépasser un mois et demi –, l'accélérateur engagé dans le projet garantit un dollar pour chaque dollar versé par les internautes. « Si un entrepreneur cherche, par exemple, à se constituer un capital de base de 40 000 dollars, il n'aura besoin que de lever 20 000 dollars auprès du public, la somme restante étant débloquée par l'accélérateur », précise Abdallah Absi.

Percer à l'international
Comme pour une campagne de financement participatif classique, le succès de cette double levée de fonds est tributaire des ambitions initiales du porteur de projet et de sa capacité à trouver les moyens à leur hauteur. « Les sommes ne sont débloquées que si la levée de fonds permet de collecter l'intégralité du montant réclamé dans le temps imparti. En cas d'échec, les fonds sont restitués aux internautes et le programme est interrompu », précise Abdallah Absi. Si la levée de fonds est couronnée de succès, l'entrepreneur bénéficiera de l'apport financier d'Oasis500 ou de Flat6Labs; puis, lors du lancement du projet, de l'ensemble des prestations (hébergement, mentorat, accès au réseau professionnel, etc.) habituellement fournies par ces derniers. En contrepartie, l'accélérateur engagé récupère entre 5 et 20 % des parts de l'entreprise nouvellement créée. De son côté, Zoomaal se rémunère de la même manière que pour ses campagnes traditionnelles, en prélevant 5 % du montant sollicité sur sa plateforme.

Avec ce programme, Zoomaal, qui est devenue en deux ans l'une des plateformes de financement participatif les plus importantes de la région – avec plus d'un million de dollars levés sur une centaine de projets (pour un taux des succès d'environ 50 %) –, espère donner aux start-up des pays arabes les moyens d'accéder aux marchés internationaux. « Des pays comme l'Égypte, le Maroc, le Liban ou encore la Jordanie sont de véritables réservoirs à entrepreneurs de talent qui ont pourtant du mal à percer au-delà de leurs frontières, faute de structures adaptées pour les guider dès les premières étapes de la réalisation de leur projet. L'association entre notre plateforme et ces deux accélérateurs cherche à combler ce vide », ajoute son fondateur. Les premiers dossiers de candidature sont actuellement en cours d'étude et Zoomaal prévoit de lancer les premières campagnes dans les trois mois à venir.

 

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