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Tribune

Les chalets d’Enfeh seront-ils remplacés par un énorme projet ?

Les chalets d’Enfeh n’ont en aucun cas dégradé la côte, ils épousent la forme des rochers comme il apparaît clairement dans cette photo et comme l’affirme l’écologiste Gladys Nader. Photo Suzanne Baaklini

Nous avons reçu de Gladys Nader, de SOS Environnement et Apsad, cette réponse à l'article intitulé « La petite Grèce d'Enfeh risque de disparaître » de Suzanne Baaklini, paru dans L'Orient-Le Jour du 1er juillet :


« Dans l'article sur les chalets d'Enfeh, Racha Daaboul, du Comité du patrimoine d'Enfeh et de ses environs, exprime ses craintes et se pose des questions : "Dans la configuration actuelle, dit-elle, qui me garantit que la démolition de ces chalets ne serait pas le prélude à la construction d'un projet plus vaste, réellement destructeur, appuyé par des personnes influentes ?"
Voilà la question ! Qui nous garantit quoi que ce soit ? Il n'y a aucune garantie possible, bien au contraire !
Ce "projet plus vaste et réellement destructeur" que craint Racha Daaboul est déjà sur le tapis depuis vingt ans. Ses promoteurs ont essayé par tous les moyens possibles, et maintenant par voie légale, de faire raser ces petits chalets afin de pouvoir construire leur complexe balnéaire gigantesque. D'ailleurs, des terrains continuent d'être achetés aux alentours, dans cette perspective, ce qui est loin d'être rassurant...
« Seule la vigilance des associations libanaises et américaines de protection du patrimoine, appuyées par des rapports d'experts de l'Unesco et du Fonds mondial pour les monuments entre autres, ainsi que d'archéologues nationaux et internationaux, a, jusque-là, réussi à déjouer leurs tentatives.
« Le projet est donc bien une réalité, et la préservation de ces chalets est le seul obstacle à sa réalisation. Quelle autre raison aurait-on à s'acharner à raser ces petits chalets et garder intactes toutes les autres horreurs sur le littoral ?
« Ces chalets ne sont pas seulement charmants, ils représentent surtout un spécimen rare de ce qu'était et que doit redevenir le littoral libanais, du nord au sud. À la différence des complexes en béton, ces chalets n'ont en aucune facon défiguré la côte : au contraire, ils en épousent tous les contours naturels sans dégrader un seul rocher.
« De plus, ils constituent un lieu irremplaçable pour les rencontres et la cohésion sociale que fréquentent toutes les générations d'Enfeh, résidents et émigrés confondus. C'est un lien qui ramène chaque été, au Liban et dans leur village, les émigrés du monde entier pour des retrouvailles avec le milieu naturel et social qui leur manque tant dans leur exil.
« Aucun passage qui mène au bord de mer n'est obstrué par ces petites bâtisses. Tous les visiteurs sont les bienvenus, qu'ils soient d'Enfeh ou d'ailleurs. Plus encore, ils peuvent profiter des terrasses et des chemins aménagés par les habitants, ainsi que des échelles installées par eux. Si vous passez par les terrasses des chalets, personne ne vous regarde de travers, on vous souhaite même la bienvenue et on vous invite à prendre un café. Lady Cochrane, qui a découvert ce lieu dernièrement, en était émerveillée ! "Je n'ai jamais vu quoi que ce soit d'aussi beau au Liban", a-t-elle dit.
« Ces jolis chalets, bien qu'illégaux, cette "petite Grèce" font désormais partie du patrimoine libanais, du patrimoine maritime d'Enfeh, tout comme, en France, les cabanons de Marseille. Ces derniers, bien qu'illégaux eux aussi, ont bien été préservés comme faisant partie du patrimoine de cette ville.
« Pour toutes ces raisons et pour bien d'autres encore, pour toutes les raisons pertinentes évoquées dans l'article mentionné plus haut, nous poursuivrons la lutte avec tous les acteurs concernés afin d'empêcher la destruction de ces chalets, convoitée aujourd'hui plus que jamais après cette decision de justice dont le timing peut paraître, pour le moins, surprenant et alarmant...
« Nous n'accepterons sous aucun prétexte la démolition de ces chalets : ce serait un crime de plus contre le patrimoine, contre le littoral libanais, si littoral il y a encore ! Préserver ces chalets, de vrais petits bijoux, est l'unique garantie contre la construction d'un projet destructeur de plus. »

 

 

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Nous avons reçu de Gladys Nader, de SOS Environnement et Apsad, cette réponse à l'article intitulé « La petite Grèce d'Enfeh risque de disparaître » de Suzanne Baaklini, paru dans L'Orient-Le Jour du 1er juillet :



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commentaires (1)

Depuis la destruction du tiers de la Villa Tufenkdjian, soeur jumelle du ministère des Affaires étrangères à Beyrouth et depuis la défiguration totale de "ma" plage de Jounieh, je suis farouchement contre toute atteinte à la nature et au patrimoine du Liban. Avec tous mes hommages à Lady Cochrane, à l'APSAD, à Racha Daaboul et à tous leurs amis. Avec une pensée spéciale pour mon ami Farid Moukhaïber.

Honneur et Patrie

14 h 13, le 08 juillet 2015

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Commentaires (1)

  • Depuis la destruction du tiers de la Villa Tufenkdjian, soeur jumelle du ministère des Affaires étrangères à Beyrouth et depuis la défiguration totale de "ma" plage de Jounieh, je suis farouchement contre toute atteinte à la nature et au patrimoine du Liban. Avec tous mes hommages à Lady Cochrane, à l'APSAD, à Racha Daaboul et à tous leurs amis. Avec une pensée spéciale pour mon ami Farid Moukhaïber.

    Honneur et Patrie

    14 h 13, le 08 juillet 2015