Rechercher
Rechercher

Économie - Media

Idal promet de soutenir la production audiovisuelle au Liban

L'autorité de développement des investissements (Idal) a invité hier les producteurs de contenu, notamment de films, à profiter des incitations fiscales proposées dans le cadre de la loi 360.

La présidente de la fondation Liban Cinéma, Maya de Freige, et le PDG d’Idal, Nabil Itani, signant hier un mémorandum de coopération pour promouvoir le cinéma libanais à l’étranger, en présence des ministres de la Culture et de l’Information.

Grâce à ses talents créatifs, le Liban a la capacité de devenir un centre régional de production audiovisuelle, mais cette industrie a besoin de financement. C'est le constat dressé hier par les participants à une conférence sur l'investissement dans les médias, organisée par la fondation Liban Cinéma et l'autorité de développement des investissements (Idal). « Il y a une très forte demande dans la région pour des contenus audiovisuels en arabe », a souligné Leila Sawaya el-Khoury, directrice de projet à Idal.
« C'est le moment d'investir dans la production au Liban, avec l'aide d'Idal », a-t-elle lancé à l'assistance.
Les médias font partie des huit secteurs identifiés dans la loi sur l'investissement numéro 360 sur base de laquelle a été créée Idal. Elle autorise cette institution, relevant de la présidence du Conseil des ministres, à offrir des services de conseil et des incitations fiscales aux investisseurs au Liban, qu'ils soient étrangers ou locaux. Tout nouvel investissement dans ce secteur peut notamment bénéficier d'une exemption allant jusqu'à 100 % de l'impôt sur le revenu et celui sur les dividendes pendant 10 ans, ainsi qu'une baisse de 50 % sur les frais des permis de travail, de résidence et de construction. Les critères d'éligibilité à ce schéma devraient bientôt être assouplis. Idal va soumettre en Conseil des ministres une proposition d'amendement des décrets d'application de la loi 360. S'ils sont approuvés, le minimum d'investissements requis passera de 400 000 à 200 000 dollars, et le nombre d'emplois qui doit être créé, qui était de 25, sera supprimé.

 

(Pour mémoire : Pierre el-Daher à « L’OLJ » : Il faut à tout prix sortir les chaînes de télévision des urgences)

 

Financer le cinéma
« Les producteurs de films peuvent aussi bénéficier des services d'Idal », a insisté la représentante de l'institution, Leila Sawaya el-Khoury, sachant que l'industrie cinématographique est sans doute celle qui souffre le plus du manque de financement. Malgré une certaine vitalité ces quatre dernières années, avec 25 films produits pour un budget total de 32,4 millions de dollars contre seulement 11 films entre 2007 et 2010, l'industrie peine à trouver des capitaux. « C'est pourtant un secteur crucial, qui a la capacité de développer aussi le tourisme », a souligné Leila Sawaya el-Khoury, en citant l'exemple du film américain Braveheart, qui a entraîné une hausse du nombre de visiteurs de 300 % en Écosse, le pays dans lequel il a été tourné. Idal a donc signé hier un mémorandum de coopération d'une durée d'un an avec la fondation Liban Cinéma pour promouvoir le cinéma libanais à l'étranger et séduire d'éventuels investisseurs.
Mais « pour attirer des capitaux, il faut d'abord que l'industrie soit rentable. Cela implique une amélioration de la qualité des films et une augmentation de leur nombre, ce qui nous ramène au problème du financement », a expliqué Julien Khabbaz, de la FFA Private Bank, qui a récemment investi dans deux superproductions américaines.
Pour le directeur de Berytech, Maroun Chammas, il faut « s'inspirer de ce qui a été fait pour le secteur des nouvelles technologies. Il faut commencer par développer les compétences à travers des incubateurs, puis créer des mécanismes similaires à celui de la circulaire 331 pour inciter des fonds à investir en réduisant leurs risques ».

 

(Lire aussi : Au Liban, le petit écran gagne du terrain en termes d’audience)

 

S'inspirer de la circulaire 331
À travers cette circulaire, émise en août 2013, la Banque du Liban encourage les banques à injecter 3 % de leurs fonds propres dans des sociétés œuvrant dans « l'économie de la connaissance », en garantissant leurs investissements à hauteur de 75 %.
« En parlant d'économie de la connaissance, la BDL a sciemment adopté une définition large des secteurs potentiellement bénéficiaires de cette circulaire, a indiqué la directrice du bureau exécutif de la BDL, Marianne Hoayek. Ce champ peut inclure des sociétés de production audiovisuelles, à condition qu'elles utilisent de nouvelles technologies. » C'est le cas de certaines plateformes en ligne de contenus audiovisuels, comme Cinemoz ou Mercury Media, mais pas la majorité des producteurs de cinéma. Les différentes institutions représentées, Idal, la BDL, Berytech, et Liban Cinéma, se sont toutefois dit prêtes à réfléchir à la mise en place d'un nouveau mécanisme de financement.

 


M, une nouvelle plateforme multimédia bénéficiaire de la circulaire 331

M Publishing est la dernière société en date à avoir bénéficié du mécanisme de financement mis en place par la circulaire 331 de la Banque du Liban. La banque d'investissement Libank a récemment injecté 2,5 millions de dollars dans cette structure, filiale du groupe Quantum. Au total, la société ambitionne de lever 15 millions de dollars pour lancer sa plateforme multimédia. « Nous allons proposer de la musique, des vidéos, des films et des séries en streaming et en téléchargement, explique son directeur, Amer Chéhab. Dans un premier temps, nous serons seulement une plateforme de distribution de contenu tiers, mais à terme nous produirons notre propre contenu sur le modèle de société comme Netflix. » Contrairement à d'autres plateformes, la société veut proposer du contenu à « forte identité libanaise ». « On fait le pari d'être un média libanais destiné aux Libanais résidents et expatriés, en espérant que notre contenu séduira aussi le reste des Arabes, notamment ceux du Golfe », dit-il. Car c'est dans cette région que le marché publicitaire est le plus prometteur, notamment en Arabie saoudite où la consommation de vidéos en ligne par habitant, par exemple, est la plus importante au monde. « Mais nous ne pouvons pas entrer en concurrence avec des groupes comme al-Jazira ou MBC, qui connaissent mieux les attentes et les goûts des consommateurs dans cette région. En revanche, on peut les séduire avec du contenu en arabe, peut-être plus libéral, qui correspond à la culture libanaise », conclut-il.

 

 

Lire aussi
Les télés libanaises à la recherche d'un nouveau modèle économique

Liban Cinéma plaide pour des exonérations fiscales

Grâce à ses talents créatifs, le Liban a la capacité de devenir un centre régional de production audiovisuelle, mais cette industrie a besoin de financement. C'est le constat dressé hier par les participants à une conférence sur l'investissement dans les médias, organisée par la fondation Liban Cinéma et l'autorité de développement des investissements (Idal). « Il y a une très...
commentaires (0)

Commentaires (0)

Retour en haut