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Liban - Liban

Pierre el-Daher à « L’OLJ » : Il faut à tout prix sortir les chaînes de télévision des urgences

Le PDG de la LBCI explique les grandes lignes de son projet de sauvetage des télévisions libanaises.

Pierre el-Daher.

Pierre el-Daher ne fait rien à moitié, et les grands projets, il sait ce que c'est. En cette période de récession que vivent les médias libanais, le PDG de la LBCI a lancé il y a quelques semaines une initiative qui concerne les huit chaînes locales sans aucune exception. Une sorte de « table de dialogue », mais qui n'a cette fois rien de politique. « La situation financière des médias libanais est mauvaise, quoi qu'en disent certains. Je ne vois pas pourquoi les télévisions ne se réuniraient pas pour essayer de trouver ensemble une solution à cette crise, tout comme on le fait en politique », explique M. Daher, interrogé par L'Orient-Le Jour.


Depuis, une cellule regroupant les PDG des différentes chaînes a été créée pour essayer de concrétiser ce plan de survie présenté par Pierre el-Daher.
Pour lui, les pertes essuyées par la télévision sont « énormes ». Il est donc urgent de trouver un moyen de réduire ces fuites et d'encourager les publicitaires à reprendre espoir, à augmenter leur contribution, seul gagne-pain des chaînes locales. La première proposition était donc de mettre en commun les moyens techniques des différentes chaînes afin de réduire les déplacements inutiles pour les unes et pour les autres, et créer une espèce d'agence commune qui puisse centraliser les informations et proposer aux différentes chaînes des sujets qui seront par la suite couverts par l'une d'entre elles, mais diffusés par les autres simultanément.
« Notre projet est de pouvoir créer une Reuters libanaise, explique M. Daher. Chaque chaîne pourra puiser le thème qui lui plaît et le couvrir sous l'angle qu'elle trouve convenable selon sa propre ligne politique. » C'est donc une simple mise en commun des moyens techniques, rien de plus ordinaire, et une pratique souvent utilisée lorsqu'un événement est couvert exclusivement par l'une des chaînes et retransmis par les autres en parallèle. Par exemple : le discours du secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, retransmis exclusivement par la chaîne al-Manar.

 

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Le défi reste toujours de pouvoir trouver un terrain d'entente entre ces différentes parties qui, il est vrai, baignent dans le même domaine, mais dont les affiliations politiques sont très divergentes. « Il est impératif que cette Reuters libanaise soit gérée par une personne indépendante qui puisse communiquer facilement avec toutes les chaînes sans froisser les affinités de chacune. Il est dans l'intérêt de tous de mettre de côté les allergies politiques et les anciennes animosités », insiste Pierre el-Daher.

 

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Le projet est très ambitieux. Certains observateurs jugent même qu'il est irréalisable : il englobe beaucoup trop de détails techniques concernant la production télévisée et propose même une palette commune aux régies publicitaires. Pierre el-Daher est conscient des difficultés, mais il martèle que la situation est « alarmante » et il qu'« il faudrait à tout prix faire en sorte que les chaînes locales sortent des urgences ».
« Les temps ont changé, c'est aujourd'hui le règne d'Internet. Il ne faut pas se leurrer, la publicité sur le petit écran stagne depuis un bon moment et rien ne bouge », se désole-t-il. « Il est primordial désormais de suivre nos téléspectateurs qui sont occupés ailleurs et qui ne prennent plus la peine de se poser devant leur petit écran pour suivre les émissions. Chacun a son iPad ou son téléphone portable, et peut donc à tout moment se connecter et choisir ce qu'il a envie de voir », poursuit-il. « Mais encore faut-il obtenir une bonne connexion Internet, ce qui n'est pas trop le cas dans ce pays où l'infrastructure n'est pas prête encore à soutenir des projets de cette envergure. Visionner sans interruption des émissions via Internet, beaucoup trop lent au Liban, est une véritable galère », rappelle M. Daher. En outre, une autre mission s'avère difficile, mais reste primordiale : convaincre les publicitaires de suivre les télévisons sur Internet, où l'audimat deviendra de plus en plus important.


À la question de savoir qui va profiter de ce projet, si jamais il voit le jour et obtient le feu vert des différents partis politiques et autres pôles financiers qui tiennent les rênes des médias au Liban, M. Daher est confiant : « Tout le monde, sans aucune exception, en profiterait! » Le PDG de la LBCI est convaincu que tous les médias ont besoin d'un projet pareil, « même ceux qui sont financés par des pays étrangers, dont la richesse repose essentiellement sur l'exportation du pétrole dont le cours est en chute libre depuis un moment ».
Dont acte...

 

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