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Moyen Orient et Monde

Violents combats entre une milice prorégime et des rebelles près de Damas

Jihadisme

Les Kurdes syriens ont pris à l'EI le tiers des villages autour de Kobané ; la Jordanie a détruit 56 cibles de l'EI en 3 jours.

OLJ
09/02/2015

D'anciens rebelles syriens ayant changé leur fusil d'épaule pour rejoindre les troupes du régime étaient engagés hier dans de violents combats contre des insurgés islamistes, selon plusieurs sources sur le terrain.

Le Jaich al-Wafa (Armée de la loyauté, en arabe), une milice prorégime formée il y a trois mois, menait « sa plus féroce bataille » contre les rebelles islamistes près de la ville rebelle de Douma, à l'est de la capitale syrienne, rapporte l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). Jaich al-Wafa compte « parmi ses rangs des rebelles qui, après plus d'un an de siège, se sont rendus au régime », affirme à l'AFP Rami Abdel Rahmane, directeur de l'OSDH. Le rôle de cette milice est d'affronter Jaich al-Islam, principale formation rebelle dans la province de Damas, selon l'OSDH et des militants. Le régime du président Bachar el-Assad « finance et arme Jaich al-Wafa », explique-t-il. « À cause du siège, certains ont préféré évacuer leurs enfants et avoir une chance de survie, plutôt que de rester et mourir soit de la faim, soit des bombardements », ajoute M. Abdel Rahmane.

(Lire aussi : Pénurie de personnel et de médicaments, insécurité : "désastre médical" en Syrie)


Selon lui, cette milice offre aux rebelles « à la fois un moyen de se libérer du siège et de Zahran Allouche », chef de Jaich al-Islam et connu pour ses abus. De plus, une source proche du régime ainsi qu'un porte-parole de Jaich al-Islam ont confirmé que les combats faisaient rage dimanche. « Hier (samedi), ils ont attaqué Jaich al-Islam et ont tué 12 de ses combattants », a indiqué la source progouvernementale. Un porte-parole de Jaich al-Islam a pour sa part affirmé que des combattants du camp ennemi ont été également tués. L'OSDH n'a pas été en mesure de fournir un bilan, mais a précisé que le groupe loyaliste était appuyé par le Hezbollah, allié indéfectible du régime, ainsi que par l'artillerie syrienne. Pour rappel, des dizaines de milliers de civils sont toujours bloqués dans cette région et souffrent de pénuries de nourriture et de médicaments, en plus des raids.

Parallèlement, les combattants kurdes syriens ont repris à l'État islamique (EI) plus d'un tiers des villages autour de Kobané, depuis l'expulsion fin janvier des jihadistes de cette ville frontalière de la Turquie, a indiqué l'OSDH. « L'EI s'est retiré des villages à l'est et au sud de Kobané, presque sans résistance, mais il s'est battu avec férocité pour tenter de préserver les villages à l'ouest », a précisé M. Abdel Rahmane. « Car l'EI veut essayer de protéger les zones qu'il contrôle dans la province d'Alep. Mais les Kurdes avancent », a-t-il ajouté.

(Lire aussi : 2014, année la plus meurtrière du conflit syrien)

 

« Un tournant »

De son côté, la Jordanie a promis d'intensifier encore ses raids contre l'État islamique dans les jours à venir, annonçant hier avoir détruit 56 cibles en trois jours de frappes aériennes après l'exécution d'un pilote jordanien revendiquée par les jihadistes. En trois jours, « nous avons détruit 20 % des capacités de combat de Daech » (acronyme en arabe de l'EI), a affirmé selon le chef d'état-major de l'armée de l'air, Mansour al-Jobour, précisant que « 19 cibles ont été détruites jeudi, 18 vendredi et 19 samedi ». Parmi ces cibles figuraient des camps d'entraînement, des dépôts d'armes et de carburant ainsi que des centres logistiques et résidentiels, a énuméré le responsable militaire sans préciser la localisation des frappes.

Le chef de l'aviation jordanienne a réitéré la détermination de son pays à « détruire » l'EI, affirmant que la campagne de frappes s'intensifierait encore dans les prochains jours. Pour sa part, le ministre de l'Intérieur Hussein Majali a estimé dans le quotidien gouvernemental al-Raï samedi que l'exécution du pilote, annoncée le 3 février, avait constitué « un tournant » dans le combat du royaume hachémite contre les jihadistes. « Plus de 7 000 terroristes de Daech ont été tués depuis que la Jordanie participe aux frappes aériennes » il y a quatre mois, selon le chef de l'aviation jordanienne. Le secrétaire d'État américain John Kerry a également affirmé hier que la campagne de la coalition, qui a mené selon lui plus de 2 000 frappes depuis août, portait ses fruits.
Le gouvernement jordanien a toutefois annoncé pour la première fois cette semaine que ses avions, qui ciblaient jusqu'alors la Syrie, avaient cette fois aussi frappé en Irak.

(Lire aussi : Les aviateurs traumatisés par les images du pilote jordanien brûlé vif par l'EI)


Au Japon, les autorités ont confisqué le passeport d'un journaliste nippon qui souhaitait se rendre en Syrie, jugeant les risques démesurés après la décapitation de deux Japonais par l'EI, ont rapporté hier des médias locaux. Yuichi Sugimoto, un photographe indépendant de 58 ans, projetait d'entrer en Syrie le 27 février pour couvrir la vie des réfugiés. « Ce soir, un responsable du service des passeports du ministère des Affaires étrangères s'est présenté et a saisi mon passeport », a-t-il déclaré à l'Asahi. Sugimoto, qui couvre l'Irak et la Syrie depuis de nombreuses années, avait pourtant fait savoir qu'il n'avait pas l'intention d'entrer dans les zones contrôlées par les jihadistes de l'EI, a précisé l'agence Kyodo.

Par ailleurs, six personnes soupçonnées d'appartenir à une filière jihadiste ont été interpellées tôt hier matin dans la région de Toulouse et d'Albi, dans le sud-ouest de la France, a annoncé le ministre français de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve. L'opération a été ordonnée par des magistrats antiterroristes parisiens, dans le cadre d'une enquête pour « association de malfaiteurs terroristes et financement du terrorisme », a indiqué le ministre sans plus de précision dans un communiqué.

Enfin, les combattants allemands aux côtés de l'État islamique encourent à leur retour en Allemagne des poursuites pour crime de guerre, rapportait hier le journal Welt am Sonntag, selon qui le procureur fédéral a déjà lancé deux enquêtes à ce motif. Selon l'hebdomadaire, qui ne cite pas ses sources, le parquet fédéral enquête « dans au moins deux cas » contre des combattants rentrés de Syrie pour « crime de guerre », un chef d'accusation puni par la prison à perpétuité. Une des enquêtes viserait, selon le journal, Denis Cuspert, un ancien rappeur berlinois et l'un des islamistes originaires d'Allemagne les plus connus.


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