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À La Une - Syrie

La victoire à Kobané ne suffit pas à dire "mission accomplie", avertit le Département d'Etat US

La partie orientale de la ville libérée par les forces kurdes est totalement détruite.

Une rue de Kobané en Syrie après la fin des combats entre kurdes et jihadistes de l'EI, le 28 janvier 2015. AFP/ BULENT KILIC

La ville syrienne de Kobané (Aïn el-Arab en langue arabe), libérée lundi par les forces kurdes après plus de quatre mois de combats acharnés contre les jihadistes du groupe État islamique (EI), a subi de très importants dégâts, ont constaté mercredi des journalistes de l'AFP. Selon un haut responsable du département d'État américain, les jihadistes ont été chassés d'environ les neuf dixièmes de la ville mais cette victoire ne constitue pas un tournant majeur dans la lutte contre l'EI.

"Personne ne déclare mission accomplie", a dit ce responsable sous le sceau de l'anonymat.

La coalition conduite par les États-Unis a d'ailleurs mené treize frappes aériennes contre l'EI à proximité de Kobané au cours des dernières 24 heures, a annoncé mercredi l'armée américaine. Les raids ont visé douze unités tactiques et un véhicule des jihadistes et détruit neuf de leurs positions de combat, une zone de transit et trois bâtiments, a déclaré le commandement américain.

 

"Environ 90% de la ville a été reprise et l'EIIL, que ce soit sur ordre ou du fait qu'ils rompent simplement les rangs, est en train de se retirer de la ville", a-t-il déclaré à la presse en utilisant l'ancien acronyme de l'EI. "Le nombre de combattants étrangers tués à Kobané est très important", a-t-il ajouté en précisant qu'il y en avait plus de mille. Selon lui, les jihadistes de l'EI à Kobané faisaient partie des meilleurs combattants étrangers de l'EI, venus de Tchétchénie, du Canada, d'Australie et de Belgique.

 

"Les frappes aériennes de la coalition ont beaucoup aidé"

La chute totale de Kobané, devenue ville symbole de la lutte de la communauté internationale contre l'EI en Syrie, a été empêchée semble-t-il par deux actions importantes fin septembre : un parachutage d'armes des Etats-Unis aux défenseurs kurdes et le feu vert donné par la Turquie aux renforts kurdes venus d'Irak de traverser la frontière. "Si on n'avait pas fait ces deux choses, c'en aurait été fait de Kobané et on aurait vu un nouveau massacre", a déclaré le responsable.

Ensuite, les avancées sur le terrain ont pu se faire une fois ouvert un corridor terrestre entre la Turquie et Kobané, permettant d'approvisionner les combattants kurdes, soutenus par les frappes aériennes de la coalition internationale dirigée par les États-Unis.

 

(Lire aussi : Après la déroute de l'EI à Kobané, Erdogan affirme ne pas vouloir d'un Kurdistan en Syrie)

 

Au Pentagone, le responsable des relations avec la presse, le contre-amiral John Kirby, a confirmé cette interprétation. "Les frappes aériennes ont beaucoup aidé. Ça a aidé quand nous avons eu (...) un partenaire sur qui compter sur le terrain, là-bas, qui pouvait nous aider à cibler ces frappes", a déclaré le militaire américain.

 

(Lire aussi : Reprendre Mossoul à l'EI est possible, selon Abadi )

 

Un amas de ruines et de bâtiments éventrés

Kobané a échappé au contrôle des jihadistes, mais la ville a fortement souffert. Dans la partie orientale de la ville, les rues désormais entièrement contrôlées par les miliciens kurdes des Unités de protection du peuple (YPG) ne sont plus qu'un amas de ruines et de bâtiments éventrés et déserts, témoins de la violence des affrontements et des bombardements aériens de la coalition.

Les dégâts ont été moins sérieux dans les quartiers ouest de Kobané, où quelques rares civils étaient visibles dans les rues, ont constaté les journalistes de l'AFP lors d'une visite de la ville brièvement ouverte à la presse par les forces kurdes. A plusieurs carrefours de la ville, des groupes de combattants kurdes en tenues mi-militaire, mi-civile, ont salué la présence des journalistes par des rafales de Kalachnikov tirées dans le ciel et en faisant le "V" de la victoire.

 

 

 

 

Le calme régnait dans toutes les parties de la ville visitées par l'équipe de l'AFP, largement désertées de tout habitant. Depuis le début de l'offensive jihadiste sur Kobané et sa région à la mi-septembre, quelque 200 000 civils syriens, en grande majorité des Kurdes, ont traversé la frontière pour se réfugier en Turquie, à quelques kilomètres de là.

 

 

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La ville syrienne de Kobané (Aïn el-Arab en langue arabe), libérée lundi par les forces kurdes après plus de quatre mois de combats acharnés contre les jihadistes du groupe État islamique (EI), a subi de très importants dégâts, ont constaté mercredi des journalistes de l'AFP. Selon un haut responsable du département d'État américain, les jihadistes ont été chassés d'environ les neuf dixièmes de la ville mais cette victoire ne constitue pas un tournant majeur dans la lutte contre l'EI.
"Personne ne déclare mission accomplie", a dit ce responsable sous le sceau de l'anonymat.
La coalition conduite par les États-Unis a d'ailleurs mené treize frappes aériennes contre l'EI à proximité de Kobané au cours des dernières 24 heures, a annoncé mercredi l'armée américaine. Les raids ont visé douze unités tactiques et...
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