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« L’Orient-Le Jour » face à l’âge du gris


En cette rentrée, L’Orient-Le Jour poursuit son développement. Cette ambition passe par une évolution de notre organisation. Anthony Samrani prend la direction de la rédaction, une nouvelle fonction au sein du journal, avec des responsabilités stratégiques renforcées. Après près de vingt ans au sein de notre équipe, Rita Sassine devient rédactrice en chef et assurera la direction quotidienne de la rédaction. Toute notre équipe reste pleinement mobilisée pour vous offrir une information libre, exigeante et indépendante, au Liban comme dans toute la région.


Nous sommes pleinement entrés dans l’âge du gris. Celui des certitudes effacées, des frontières brouillées et des lendemains illisibles. Nous le ressentons encore plus fortement depuis le Liban, et plus largement dans une région marquée par la permanence des guerres, mais nous sommes loin d’en avoir le monopole. Le gris touche tous les domaines de nos sociétés et tous les pans de notre vie. Il s’invite dans la morale, la politique, l’économie, la santé, l’écologie, et la liste pourrait encore être longue.

En dépit du succès des discours apocalyptiques, cela ne fait pas (pour le moment) de notre époque l’une des pires de l’histoire. Mais elle semble être l’une des plus vertigineuses. La vitesse à laquelle notre monde se transforme et l’effritement de toutes les structures traditionnelles – à l’échelle individuelle, collective et même internationale –, deux phénomènes qui sont sans doute plus liés qu’on ne veut bien le croire, nous laissent sans boussole.

Dans ce contexte, le rôle d’un média centenaire comme L’Orient-Le Jour est plus essentiel que jamais. Il ne s’agit pas de prétendre détenir la vérité sur chaque sujet et encore moins de prédire l’avenir, mais d’offrir un espace, unique au Moyen-Orient, de réflexion, de liberté et de nuance. À son échelle et avec ses moyens, L’Orient-Le Jour doit ainsi avoir pour ambition d’être l’une de ces boussoles qui nous manquent cruellement.

Cette responsabilité nous oblige. Elle doit nous pousser à mettre la barre toujours plus haut en proposant un journalisme rigoureux et original qui ne se contente pas de rapporter les faits avec le plus d’honnêteté possible – ce qui est déjà beaucoup –, mais qui participe pleinement à la construction d’un Liban libre, souverain et pluriel, et d’un Moyen-Orient plus démocratique. Ces termes donnent parfois le sentiment d’appartenir à une autre époque, mais il nous semble pourtant essentiel de continuer de les défendre avec encore plus de conviction, de courage mais aussi d’intelligence que par le passé.

L’Orient-Le Jour a une triple mission : raconter le Liban dans ce qu’il a de plus attachant mais également de plus laid ; être un lien permanent entre ce pays et sa diaspora ; et apporter un regard unique sur une région, le Moyen-Orient, en constante mutation depuis au moins quinze ans. Nous n’abandonnerons pas tout ce qui a fait l’histoire de ce journal, mais nous ne nous reposerons pas pour autant sur nos acquis. À l’ère du gris, il faut être encore plus ambitieux et plus créatif. Multiplier les enquêtes, les reportages, les analyses de haut vol, les papiers d’opinion qui déconstruisent les faux mythes et ne cèdent jamais à la facilité. L’excellence doit être notre seule boussole, car elle sera la condition de notre survie.

Nous sommes tous abreuvés d’information gratuite et de mauvaise qualité et l’intelligence artificielle ne va faire que renforcer ce phénomène. Les cerveaux sont déjà saturés. Nous ne voulons pas rajouter du gris au gris. Nous ne voulons pas faire plus. Nous voulons faire mieux.
Être un espace à part, un refuge pour tous ceux qui refusent d’être prisonniers du gris, dans lequel il est encore permis de douter, de comprendre, de débattre et surtout de penser librement.

En cette rentrée, L’Orient-Le Jour poursuit son développement. Cette ambition passe par une évolution de notre organisation. Anthony Samrani prend la direction de la rédaction, une nouvelle fonction au sein du journal, avec des responsabilités stratégiques renforcées. Après près de vingt ans au sein de notre équipe, Rita Sassine devient rédactrice en chef et assurera la direction quotidienne de la rédaction. Toute notre équipe reste pleinement mobilisée pour vous offrir une information libre, exigeante et indépendante, au Liban comme dans toute la région. Nous sommes pleinement entrés dans l’âge du gris. Celui des certitudes effacées, des frontières brouillées et des lendemains illisibles. Nous le ressentons encore plus fortement depuis le Liban, et plus largement dans une région marquée par la permanence des...
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