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Politique - Liban

Face au tollé, le mariage du fils de l'ex-ministre Ali Hassan Khalil au palais Sursock annulé

Le palais assure qu'il ignorait au départ l'identité du père du marié, qui est poursuivi, comme d'autres responsables, dans l'enquête sur l'explosion au port de Beyrouth.

Face au tollé, le mariage du fils de l'ex-ministre Ali Hassan Khalil au palais Sursock annulé

Des bougies illuminent les portraits des victimes de l'explosion au port de Beyrouth, lors d'un concert commémoratif organisé dans les jardins du palais Sursock, édifice du XIXe siècle endommagé par l'explosion et situé dans le quartier d'Achrafieh, à Beyrouth, le 20 septembre 2020. Anwar Amro/AFP

Il n'aura finalement pas lieu au palais Sursock, ce vendredi. Face à l'indignation en ligne, une réception pour le mariage du fils de l'ancien ministre et député Amal du Liban-Sud Ali Hassan Khalil a été annulée, alors que l'élu est l'un des responsables politiques poursuivi dans l'enquête sur l'explosion meurtrière du 4 août au port de Beyrouth. Une explosion qui avait ravagé des pans entiers de la capitale libanaise, n'épargnant d'ailleurs pas le palais Sursock.

Le drame, provoqué par un incendie qu a touché des centaines de tonnes de nitrate d'ammonium entreposés dans le port depuis des années sans mesures de sécurité adéquates, avait fauché la vie de plus de 235 personnes, blessant au moins 6 500 autre et détruit ou endommagé 77 000 bâtiments à Beyrouth. Construit en 1860, le palais Sursock, qui accueille des événements privés, avait été gravement endommagé par la double explosion, avant d'être rénové. Blessée lors du drame, Lady Yvonne Sursock Cochrane, propriétaire des lieux, est décédée le 31 août 2020 des suites de ses blessures. M. Khalil, visé par un mandat d'arrêt, a toujours refusé de comparaître devant la justice. Il est par ailleurs visé par des sanctions américaines depuis 2020 pour sa proximité avec le Hezbollah.

Contactée par L'Orient-Le Jour, la direction du palais Sursock explique qu'elle ignorait au départ l'identité du père du marié, jusqu'à la diffusion d'un faire-part en ligne. « Nous avons été contactés par des proches des victimes du 4-Août qui contestaient la tenue de l'événement. Nous nous sommes alors entendus avec le marié pour annuler la cérémonie, d'un commun accord », explique la direction.

En ligne, deux versions différentes d'un même communiqué publié par le palais Sursock circulent, accompagnées d'une photo des destructions subies lors de l'explosion du 4-Août. La première explique que les deux parties, d'un commun accord, « ont décidé d'annuler l'événement », alors que la seconde, actuellement visible sur les réseaux sociaux du palais, affirme que l'établissement a été « informé que la famille avait décidé d'annuler l'événement depuis un moment ».

Marier « son fils en piétinant les dépouilles de Ali Taher »

Entre-temps, l'affaire a pris de l'ampleur sur les réseaux sociaux, tournant parfois au débat confessionnel et poussant le député à réagir. Dans un communiqué repris par plusieurs médias locaux, Ali Hassan Khalil a ainsi dénoncé des « campagnes de diffamation » à son encontre et des « histoires fabriquées de toutes pièces », assurant que le mariage a déjà été conclu « il y a plusieurs jours au domicile de la mariée, en présence des familles ». Il indique par ailleurs qu'une réception, prévue au domicile familial à Khiam, au Liban-Sud, en juin, avait été annulée « en raison de la situation actuelle », en référence à la guerre entre Israël et le Hezbollah, alors que Khiam a été en grande partie détruit par l'armée israélienne. Contacté par L'OLJ, M. Hassan Khalil n'était pas disponible pour un commentaire.

Tracy Naggear, dont la fille de trois ans, Alexandra, a été tuée par l'explosion, s'est insurgée il y a quelques jours contre la cérémonie initiale. « Ali Hassan Khalil est visé par l'enquête (...) parce qu'il aurait été au courant de la présence de nitrate d'ammonium sans rien faire à ce sujet », a-t-elle écrit sur Instagram. « Il a refusé à plusieurs reprises de comparaître devant le juge Tarek Bitar (...) », rappelle Mme Naggear, tout en dénonçant « l'insensibilité et le symbolisme » d'une telle célébration, « dans un quartier où des gens sont morts, ont été blessés et ont perdu leurs habitations ».

Pour d'autres internautes, c'est le fait d'organiser une telle cérémonie fastueuse en temps de guerre qui ne passe pas, alors que de larges pans du Liban-Sud sont aujourd'hui détruits et occupés par l'armée israélienne et que des dizaines de milliers de Sudistes sont à la rue. « Ali Hassan Khalil marie son fils en piétinant les dépouilles mortelles de Ali Taher », accuse un internaute sur Facebook. Il fait référence à la colline stratégique qui surplombe Nabatiyé, dans le Sud, où se trouvaient des combattants du Hezbollah. Elle a finalement été dynamitée la semaine dernière par l'armée israélienne qui affirmaient y avoir détruit des tunnels creusés par le parti chiite.

D'autres critiques ont pris une tournure confessionnelle. « Cet homme est l'un des plus fervents partisans de la révolution iranienne et du Hezbollah et ne rate aucune occasion de critiquer le ‘‘maronitisme politique’’ et tout ce qui a trait aux chrétiens. Alors pourquoi n'a-t-il pas célébré le mariage et les festivités dans sa ville natale ? Pourquoi pas dans la banlieue sud de Beyrouth, à Baalbeck, près de Aïn el-Tiné (résidence du chef d'Amal, le président du Parlement, Nabih Berry, NDLR) ou à Khaldé ? » demande un internaute sur X.

Face au tollé, le conseil municipal de Khiam a pris la défense de la famille Hassan Khalil dénonçant une « campagne de diffamation malveillante » à l'encontre du député, affirmant que celui-ci « a toujours été présent pour soutenir la population de sa région, et qu'il n'a ménagé aucun effort pour soulager les difficultés liées au déplacement de population, notamment à Khiam ».

La direction du palais Sursock, elle, regrette la tournure prise par cette affaire : « Le palais continuera d'accueillir tout le monde, sans distinction ni exception. Ce palais fait partie de Beyrouth et de son histoire et sa mémoire est plus vaste que les désaccords et les divisions. »

Il n'aura finalement pas lieu au palais Sursock, ce vendredi. Face à l'indignation en ligne, une réception pour le mariage du fils de l'ancien ministre et député Amal du Liban-Sud Ali Hassan Khalil a été annulée, alors que l'élu est l'un des responsables politiques poursuivi dans l'enquête sur l'explosion meurtrière du 4 août au port de Beyrouth. Une explosion qui avait ravagé des pans entiers de la capitale libanaise, n'épargnant d'ailleurs pas le palais Sursock.Le drame, provoqué par un incendie qu a touché des centaines de tonnes de nitrate d'ammonium entreposés dans le port depuis des années sans mesures de sécurité adéquates, avait fauché la vie de plus de 235 personnes, blessant au moins 6 500 autre et détruit ou endommagé 77 000 bâtiments à Beyrouth. Construit en...
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