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À nos lecteurs - À Nos Lecteurs

Croire au Liban, croire en « L'Orient-Le Jour »


En cette rentrée, L’Orient-Le Jour poursuit son développement. Cette ambition passe par une évolution de notre organisation. Anthony Samrani prend la direction de la rédaction, une nouvelle fonction au sein du journal, avec des responsabilités stratégiques renforcées. Après près de vingt ans au sein de notre équipe, Rita Sassine devient rédactrice en chef et assurera la direction quotidienne de la rédaction. Toute notre équipe reste pleinement mobilisée pour vous offrir une information libre, exigeante et indépendante, au Liban comme dans toute la région.


À force de raconter les mêmes promesses déçues, une rédaction peut finir par croire que l'histoire ne fait que se répéter. C'est peut-être le plus grand défi de notre métier : continuer à regarder un pays avec curiosité lorsque tout pousse à le regarder avec défaitisme.

Depuis plus d'un siècle, L'Orient-Le Jour raconte le Liban. Ses drames et ses renaissances, ses fractures et ses sursauts. Un pays qui continue, envers et contre tout, à déjouer les certitudes.
Depuis près de vingt ans, j'ai le privilège de faire partie de cette aventure. J'y ai appris que le journalisme ne consiste pas seulement à rapporter les faits, mais à leur donner du sens. Et surtout que ce métier est une affaire de transmission : rien de ce que nous devenons ne se construit seul.

Ces vingt dernières années auront été parmi les plus éprouvantes de l'histoire contemporaine du Liban. Nous avons couvert des guerres à n'en plus finir, un soulèvement populaire, un effondrement économique, l'explosion au port de Beyrouth... Nous les avons racontés sans jamais être de simples observateurs. Cette proximité fait notre force, mais aussi notre vulnérabilité. À force de vivre les crises autant que de les couvrir, la fatigue s'installe. Et, avec elle, une tentation plus dangereuse : la résignation. Celle qui ne pousse pas à abandonner ce métier, mais à ne plus croire tout à fait à son utilité. Mais, pour une rédaction, y céder reviendrait à renoncer à sa raison d'être. Car notre rôle n'est pas d'accompagner le fatalisme, mais de le questionner.

Si je n'ai jamais perdu le goût de ce métier, c'est peut-être parce que les crises se répètent, mais les histoires, elles, jamais. C'est ce qui m'empêche de céder au cynisme et nourrit mon attachement à ce journal comme à ce pays. Aimer le Liban n'a jamais consisté à détourner le regard de ses failles. C'est croire qu'il mérite mieux que les récits qui prétendent que rien ne changera jamais.

C'est avec cette conviction que j'aborde aujourd'hui les fonctions de rédactrice en chef. Avec humilité, parce que je mesure la responsabilité qui m'est confiée. Avec gratitude envers ceux qui m'ont précédée et qui ont profondément transformé L'Orient-Le Jour, accéléré sa transition numérique, élargi son audience et renforcé son ambition éditoriale sans renoncer à son identité.

J'assume cette responsabilité alors que notre métier traverse l'une de ses plus profondes mutations. Jamais l'information n'a circulé aussi vite, jamais il n'a été aussi difficile de distinguer le vrai du vraisemblable. Notre responsabilité n'est donc pas seulement de rapporter l'actualité, mais de défendre une méthode, de restaurer la confiance lorsque c'est possible et de rappeler que la vérité ne se décrète pas, elle se cherche.

Être rédactrice en chef, c'est avant tout protéger une exigence. Préserver un héritage sans le figer. Accompagner une rédaction tout en la faisant évoluer. Transmettre aux nouvelles générations le goût de la curiosité et de la rigueur. Car un journal est une œuvre collective. Il vit grâce à celles et ceux qui l'écrivent, l'éditent, le photographient, le mettent en page, le promeuvent, le réinventent chaque jour. Et grâce à ses lecteurs : à leur confiance, leurs attentes et leurs critiques, qui nous obligent à être meilleurs.

C'est avec cette rédaction et avec nos lecteurs que je souhaite écrire cette nouvelle page. Parce que je continue à croire en ce métier. Mais surtout au Liban. Ce pays qui nous donne chaque jour des raisons de ne jamais renoncer.

En cette rentrée, L’Orient-Le Jour poursuit son développement. Cette ambition passe par une évolution de notre organisation. Anthony Samrani prend la direction de la rédaction, une nouvelle fonction au sein du journal, avec des responsabilités stratégiques renforcées. Après près de vingt ans au sein de notre équipe, Rita Sassine devient rédactrice en chef et assurera la direction quotidienne de la rédaction. Toute notre équipe reste pleinement mobilisée pour vous offrir une information libre, exigeante et indépendante, au Liban comme dans toute la région. À force de raconter les mêmes promesses déçues, une rédaction peut finir par croire que l'histoire ne fait que se répéter. C'est peut-être le plus grand défi de notre métier : continuer à regarder un pays avec curiosité lorsque tout pousse à le...
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