Un bâtiment détruit, à proximité du complexe présidentiel à Sanaa, au Yémen, le 20 janvier 2015. AFP PHOTO / MOHAMMED HUWAIS
La crise s'est aggravée mardi au Yémen, des miliciens chiites, les houthis, prenant le contrôle du complexe du palais présidentiel et encerclant la résidence du Premier ministre dans la capitale Sanaa, a annoncé un haut responsable militaire.
"Les miliciens houthis sont entrés dans le complexe et pillent des armes dans les dépôts", a déclaré à l'AFP ce responsable militaire. Un cadre houthi, Ali Al-Bukhaiti, a confirmé sur son compte Facebook que le mouvement Ansaruallah "avait pris le contrôle du complexe présidentiel".
Des affrontements ont été également rapportés par des témoins près de la résidence du chef de l'Etat, Abd Rabbo Mansour Hadi, dont le sort était inconnu. Le président Hadi est la cible d'une attaque des miliciens chiites d'Ansaruallah "qui veulent renverser le régime", a ainsi déclaré mardi la ministre de l'Information.
La situation restait très confuse en fin de journée alors que des affrontements entre miliciens et soldats gouvernementaux se poursuivaient à Sanaa, selon des témoins. "Le président du Yémen est la cible d'une attaque de miliciens armés depuis 15H00 (12H00 GMT)", a écrit la journalistes yéménite Nadia Sakkaf sur son compte Twitter.
Des miliciens chiites encerclaient par ailleurs depuis lundi soir la résidence du Premier ministre Khaled Bahah, des hommes en armes en barrant les principaux accès.
Face à cette aggravation, le Conseil de sécurité de l'ONU devait se réunir à huis clos mardi pour discuter de l'interminable crise que traverse ce pays où est basé l'une des branches les plus dangereuses d'el-Qaëda.
Les combats avaient brièvement cessé avec l'entrée en vigueur lundi après-midi d'une trêve qui apparaissait extrêmement fragile. Les combats avaient fait lundi au moins neuf morts et 67 blessés, et forcé plusieurs ambassades occidentales, dont celle de France, à fermer leurs portes.
(Pour mémoire : Nouvel attentat meurtrier à Sanaa : près de 40 tués)
Cette dernière vague de violences, la plus grave depuis quatre mois à Sanaa, a été provoquée par le refus des miliciens chiites d'entériner un projet de Constitution qui les priverait notamment d'un accès à la mer. Ces miliciens, qui n'ont cessé de monter en puissance depuis leur entrée à Sanaa le 21 septembre, semblent bénéficier du soutien de l'ex-président Ali Abdallah Saleh qui garde une forte influence et des réseaux qu'il a soigneusement tissés dans l'armée et parmi des tribus durant ses 33 ans de présidence.
Les affrontements ont éclaté deux jours après l'enlèvement par des miliciens chiites d'Ahmed Awad ben Moubarak, chef de cabinet du président Hadi. M. ben Moubarak est l'un des architectes du projet de Constitution qui prévoit un Etat fédéral avec six régions. Cette formule est rejetée par les miliciens chiites car elle les prive notamment d'un accès à la mer.
Selon April Longley Alley, experte du Yémen à l'International Crisis Group, "l'enlèvement de ben Mubarak est un message adressé (au président) Hadi indiquant que les houthis ne reviendront pas sur leur rejet d'une structure fédérale à six régions qui fait partie du projet de Constitution". Cependant, a-t-elle ajouté, "cela fait partie plus généralement des méthodes utilisées par les houthis qui formulent des exigences et, lorsque celles-ci ne sont pas satisfaites, utilisent la violence pour parvenir à leurs fins".
(Lire aussi : El-Qaëda au Yémen revendique l'"attaque bénie" contre Charlie Hebdo)
L'ombre de Saleh
Lors des combats de lundi près du palais présidentiel, les miliciens chiites ont bénéficié d'un soutien direct de forces loyales à M. Saleh, a affirmé mardi à l'AFP un officier de la garde présidentielle. "Nous avons vu plusieurs formations de soldats et de combattants sortir de la résidence d'Ahmed Ali Abdallah Saleh (fils de l'ancien chef de l'Etat) pour venir prêter main forte aux combattants houthis", a déclaré cet officier sous le couvert de l'anonymat.
Un habitant du quartier a quant à lui accusé de "trahison" certains éléments des forces spéciales passées récemment sous commandement d'officiers houthis. Certains hommes de cette force n'ont pas combattu les houthis lorsque ces derniers ont pris une position stratégique sur une colline surplombant le palais présidentiel, a assuré cet habitant. "On a vu les combattants houthis se déployer sur la colline sans résistance des hommes des forces spéciales", a-t-il dit.
Un combattant houthi, qui s'est présenté sous le nom d'Abou Hachem, a indiqué que sa milice avait pris cette position pour empêcher les forces loyales au président de "bombarder les civils". "Plusieurs demeures ont été endommagées, ainsi qu'un restaurant qui a été touché par deux obus de chars", a-t-il affirmé, en répétant que les houthis étaient entrés à Sanaa pour protéger les civils et combattre la corruption.
Pour mémoire
Nouveau coup des houthis contre les autorités au Yémen
Lire aussi
El-Qaëda cherche à regagner le terrain perdu dans la mouvance jihadiste
"Les miliciens houthis sont entrés dans le complexe et pillent des armes dans les dépôts", a déclaré à l'AFP ce responsable militaire. Un cadre houthi, Ali Al-Bukhaiti, a confirmé sur son compte Facebook que le mouvement Ansaruallah "avait pris le contrôle du complexe présidentiel".
Des affrontements ont été également rapportés par des témoins près de la résidence du chef de l'Etat, Abd Rabbo Mansour Hadi, dont le sort était inconnu. Le président Hadi est la cible d'une attaque des miliciens chiites d'Ansaruallah "qui veulent renverser le régime", a ainsi déclaré...


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine
UN TEST... SUJET À RÉPÉTITION... AILLEURS AUSSI !!!
11 h 31, le 21 janvier 2015