Le reportage de notre partenaire, France 24
Des centaines de milliers de personnes ont manifesté lundi à Grozny, capitale de la Tchétchénie, contre la publication de caricatures du prophète Mohammad, douze jours après l'attaque meurtrière en France contre l'hebdomadaire satirique Charlie Hebdo. Selon une journaliste de l'AFP sur place, plusieurs centaines de milliers de manifestants s'étaient réunis dans le centre de Grozny, scandant "Allah Akbar" et agitant des banderoles aux inscriptions en arabe proclamant leur amour pour le prophète Mahomet.
Ils étaient "plus de 800 000" manifestants, a affirmé à l'AFP le ministère russe de l'Intérieur tandis que les autorités locales, citées par les agences russes, ont avancé elles le chiffre d'un "million de manifestants".
Il est difficile de dire avec précision combien de personnes, de Tchétchénie et de l'ensemble du Caucase russe, ont répondu à l'appel du dirigeant tchétchène Ramzan Kadyrov. Pour avoir un ordre d'échelle: la population totale de la Tchétchénie s'établit officiellement à 1,2 million d'habitants et celle de rozny à 220 000 habitants.
"Ceci est une manifestation contre ceux qui insultent la religion musulmane", a déclaré devant les manifestants, très ému, le dirigeant tchétchène au pied de la gigantesque mosquée qu'il a fait ériger en hommage à son père, Akhmad Kadyrov, mort en 2004 dans un attentat. "Nous n'autoriserons jamais qui que ce soit à insulter le nom du prophète", a-t-il continué, en référence aux dessins de presse publiées par Charlie Hebdo, notamment certains représentant a priori le prophète de l'islam.
Les caricatures de Charlie Hebdo ont provoqué d'autres rassemblements de colère à travers le monde, autant de symboles de l'incompréhension totale dans le monde entre ceux qui défendent le droit d'un journal à moquer la religion quelle qu'elle soit et ceux qui crient au blasphème.
A Jalalabad, dans l'est de l'Afghanistan, environ 500 manifestants ont défilé et brûlé un drapeau français. Dans le Pakistan voisin, environ 250 militants de la Jamaat-e-Islami (JI), un des principaux partis islamistes du pays, ont scandé "Mort à la France", "Mort à Charlie Hebdo" à Peshawar (nord-ouest), après trois jours marqués par de nombreuses manifestations, parfois violentes, à travers le pays où des drapeaux tricolores ainsi que des effigies du président François Hollande et des dessinateurs de Charlie Hebdo ont été brûlés.
Vendredi, la contestation avait tourné à l'affrontement devant le consulat français de Karachi où un photographe de l'AFP avait été grièvement blessé par balle.
Plus de 2 000 personnes en colère ont aussi manifesté lundi aux abords de l'ambassade de France à Téhéran, scandant "Mort à la France", "Mort à Israël" et "Nous aimons le prophète".
A Gaza, le drapeau français a été brûlé et des menaces envers les Français ont aussi été proférées par environ 200 islamistes radicaux. "Français, dégagez de Gaza ou nous vous égorgerons", ont scandé devant le Centre culturel français ces hommes qui brandissaient le drapeau noir des jihadistes.
Le Niger, qui a été le théâtre des manifestations les plus violentes contre les caricatures de Mahomet, restait sur le qui-vive après des émeutes qui ont fait dix morts. Quelque 300 chrétiens continuaient lundi de bénéficier d'une protection militaire à Zinder, où cinq personnes ont été tuées vendredi.
Au total, au cours des émeutes qui ont également fait cinq victimes samedi à Niamey, quarante-cinq églises ont été incendiées et des commerces, des hôtels ainsi qu'une école et un orphelinat appartenant à des non-musulmans ont été détruits.
Lire aussi
Face aux manifestations dans le monde musulman, Hollande défend la liberté d'expression
« Je crains que l'islamophobie ne se banalise en France »
GB: sécurité des policiers renforcée, polémique entre gouvernement et musulmans
Le reportage de notre partenaire, France 24
Des centaines de milliers de personnes ont manifesté lundi à Grozny, capitale de la Tchétchénie, contre la publication de caricatures du prophète Mohammad, douze jours après l'attaque meurtrière en France contre l'hebdomadaire satirique Charlie Hebdo. Selon une journaliste de l'AFP sur place, plusieurs centaines de milliers de manifestants s'étaient réunis dans le centre de Grozny, scandant "Allah Akbar" et agitant des banderoles aux inscriptions en arabe proclamant leur amour pour le prophète Mahomet.Ils étaient "plus de 800 000" manifestants, a affirmé à l'AFP le ministère russe de l'Intérieur tandis que les autorités locales, citées par les agences russes, ont avancé elles le chiffre d'un "million de manifestants".Il est difficile de dire avec précision combien de...


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine