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Sécurité sanitaire des aliments : Joumblatt dénonce "les loups avides..."

Liban

Le leader druze défend la campagne du ministre de la Santé et s'en prend implicitement au ministre de l’Économie.

OLJ
06/01/2015

Le chef du Parti socialiste progressiste (PSP), Walid Joumblatt, a défendu mardi sur Twitter la campagne pour la sécurité sanitaire des aliments, lancée par le ministre de la Santé et membre du PSP, Waël Bou Faour, et critiquée par le ministre de l’Économie, Alain Hakim.

Il a ainsi dénoncé "les loups avides" qui se "rassemblent afin de défendre leurs intérêts" lorsque leurs stocks pourris et infestés de rats" ont été découverts.

"La question qui se pose est, et nous les avons vus, hier, aux côtés du ministre de l’Économie - bien évidemment mes propos ne s'adressent pas à M. le ministre - comment peut-on les pousser à rendre compte de leur négligence, des dommages et maladies qu'ils ont causés aux citoyens, durant des décennies", a lancé le leader druze.

 

Dans ce contexte, M. Joumblatt a également critiqué "un restaurant huppé dont le nom commence par la lettre +b+, qui a usé de son influence, et dont aucun médias n'a cité le nom".

 

Ces propos sévères du chef druze interviennent alors que la tension est montée d'un cran ces derniers jours entre les ministres de la Santé et de l’Économie. Le dossier de l'hygiène alimentaire sur lequel ils sont censés coopérer est devenu une source de tensions entre eux à cause d'une divergence autour des méthodes employées.

Lundi, Alain Hakim avait critiqué lors d'une conférence de presse les méthodes "irresponsables" employées par la Santé pour gérer le dossier de l'hygiène alimentaire, expliquant néanmoins que la polémique est entre les deux départements concernés et non pas entre M. Bou Faour et lui. "Nous avons dès le départ soutenu les objectifs de cette campagne pour combattre la corruption et instituer l'hygiène alimentaire, mais nous avons été surpris par une façon de travailler que nous n'approuvons pas parce qu'elle est irresponsable et que nous ne savons pas où elle peut nous conduire", a-t-il dit, avant d'ajouter : "Nous sommes pour un mécanisme de travail responsable, légal, gouvernemental, scientifique et technique qui ne nécessite pas une destruction des entreprises ou un recours à des festivals médiatiques. La protection du consommateur et la sécurité sanitaire des aliments sont un devoir national qui incombe à tous les ministères. La réforme n'a pas lieu dans les médias."

 

(Pour mémoire : Des rats et des pigeons dans la zone des silos à blé du port de Beyrouth)

 

Les désaccords entre MM. Hakim et Bou Faour sont apparus notamment lors de leur dernière visite aux silos à blés du port de Beyrouth.

"Ce qui s'est passé ce jour-là était une mascarade médiatique par excellence. Le ministère de la Santé avait formulé des observations au cours d'une première visite des lieux. Neuf jours plus tard, les ministres de la Santé, de l’Économie et du Commerce ont effectué une seconde visite qui s'est transformée en cirque, sachant que d'importantes réformes avaient été effectuées entre-temps alors que d'autres points n'ont pas pu être réglés parce qu'ils se situent dans le périmètre des silos, et non pas dans le bâtiment, et qu'ils relèvent ainsi de la responsabilité de l’État", avait raconté le ministre en insistant sur le fait que les silos sont hermétiques et que le système d'isolation est parfait. "Le blé est parfaitement sain", avait-il martelé.

Commentant les critiques adressés publiquement par M. Bou Faour au ministère de l’Économie au sujet de stocks de sucre non conformes aux règles sanitaires trouvés au port de Tripoli, M. Hakim avait dénoncé "les procès d'intention" du ministère de la Santé ainsi que les commentaires "inhabituels employés, en opposition totale avec les règles les plus élémentaires du langage entre les ministères".

Prié de commenter la conférence de presse d'Alain Hakim, Waël Bou Faour, qui insiste à tenir pour responsable le ministère de l’Économie du dossier du sucre non conforme aux standards au port de Tripoli, a répondu laconiquement en indiquant qu'il "compatit avec lui au point d'en avoir pitié".

Mardi, le ministre de l’Éducation, Élias Bou Saab, a confié au quotidien al-Joumhouria être intervenu afin de mettre un terme à la discorde entre ces deux collègues. Il a ainsi assuré avoir mis fin au différend qui opposait les deux ministres, soulignant qu'ils coopéreront dans les jours à venir sur les dossiers relatifs à la sécurité sanitaire des aliments. Commentant les craintes de certains observateurs de voir le gouvernement fragilisé par ces disputes entre ministres, M. Bou Saab a écarté une telle éventualité.

 

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L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

SI LES COMMERçANTS ET PRODUCTEURS SONT DES LOUPS AVIDES... ALORS LES IMPORTATEURS, TRAFIQUANTS ET CO. SONT DES HYÈNES AFFAMÉES ET INSATIABLES ! FAUDRAIT DIVULGUER LES NOMS...

George Sabat

Apres avoir lu hâtivement l’article intitule : Le dossier de l’hygiène alimentaire fait voler en éclats la solidarité Hakim-Bou Faour, je suis arrive aux conclusions suivantes :
1. Le dossier de l’hygiène alimentaire, quoiqu’il ne comprenne qu’une infime partie des déboires dont souffre notre Administration, reste suffisamment vaste et complexe pour qu’on lui accorde l’importance qu’il mérite.
2. En conséquence il faudrait l’aborder avec ordre et méthode, et trouver, POUR CHAQUE CAS, les réponses aux questions suivantes :
1) QUEL est le problème ?
2) POURQUOI doit-on le résoudre ?
3) COMMENT va-t-on le résoudre ?
4) QUAND devons-nous commencer ?
5) COMBIEN de temps cela va-t-il prendre pour achever de le résoudre ?
6) QUI est est censé le faire ?
7) COMBIEN cela va-t-il couter ?
8) COMMENT va-t-on financer ce travail ?
9) QUI va être en charge du suivi ?
10) COMMENT informer les citoyens de ce suivi ?
3. Je suggererai de la sorte que, pour chaque scandale decouvert, le formulaire ci-haut soit soigneusement rempli, et ensuite MIS EN EXECUTION.

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