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2014 dans le monde

D'Ebola aux scandales alimentaires, la santé en péril

Nada MERHI | OLJ
05/01/2015

Avec plus de 19 463 cas au Liberia, en Sierra Leone et en Guinée, dont plus de 7 573 décès, selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), l'épidémie Ebola est indubitablement le fait qui a le plus marqué l'année 2014 sur le plan de la santé à l'échelle internationale.


Pourtant, ce virus n'est pas nouveau, encore moins les épidémies qui s'ensuivent. À une différence près. De miniépidémies saisonnières, localisées et bien contrôlées – des centaines de cas étaient classiquement reportés et la transmission du virus était rapidement contenue –, la fièvre hémorragique à virus Ebola a dépassé les frontières des zones endémiques habituelles, c'est-à-dire le Congo et le Soudan du Sud, pour se propager depuis février dernier dans l'Afrique de l'Ouest, entraînant la plus importante épidémie depuis les premiers cas d'Ebola identifiés en 1976.


Cette épidémie a gagné du terrain rapidement, prenant de court les autorités sanitaires de ces pays, où les systèmes de santé sont à la base déficients. En quelques semaines, des centaines de cas et de décès ont été enregistrés. Cela n'a pas pour autant ému les organismes sanitaires internationaux qui ont mis du temps à réagir. Seule l'ONG Médecins sans frontières était présente sur place dès le mois de mars. Il a fallu attendre le mois de juillet pour qu'une mobilisation internationale commence à se constituer, des cas commençant à être enregistrés en Europe et plus tard aux États-Unis. Le premier rapport officiel de l'OMS sur l'épidémie est daté du 29 août. Quelque 3 052 cas étaient déjà identifiés, dont 1 546 décès.


Selon de nombreux observateurs, ce retard affiché dans la riposte à la flambée d'Ebola émane du « déni ». On ne réagit que lorsqu'on se sent menacé. Ces derniers ont rappelé qu'une même attitude prévalait lorsque le sida a été découvert il y a plus de trois décennies. D'autres ont critiqué les réactions et les mesures « disproportionnées » des États-Unis et de l'Europe face aux « rares cas d'Ebola isolés » enregistrés dans leurs pays. Soulignant que les virus ne connaissent pas de frontières, ils ont invité les pays du Nord à réaliser que la meilleure façon de protéger leurs citoyens consiste à enrayer l'épidémie en Afrique de l'Ouest, mais aussi à prévenir une éventuelle autre épidémie en prenant les mesures nécessaires dans ce sens au niveau du financement, de la préparation du personnel d'urgence et de l'aide aux autorités sanitaires locales...


Au niveau national, le Liban a bien réagi à l'épidémie, une certaine expertise ayant déjà été acquise dans la riposte quelques années plus tôt à la pandémie de H1N1 – le Liban, rappelons-le, a été l'un des derniers pays de la région à enregistrer des cas de grippe A(H1N1) –, et plus récemment dans les mesures prises pour lutter contre le coronavirus Mers qui sévit notamment en Arabie saoudite.
À l'échelle nationale également, l'année 2014 a été marquée par la campagne pour l'hygiène alimentaire lancée début novembre par le ministre de la Santé, Waël Bou Faour. Critiquée au départ avec virulence par les principaux lésés, mais aussi par des ministres du gouvernement Tammam Salam, la campagne n'a pas tardé à être adoptée par ledit gouvernement. Certains ministres ont même suivi le même chemin... plus timidement.


La campagne est certes louable, M. Bou Faour ayant été le premier ministre depuis de longues années à combattre la corruption. Il n'en reste pas moins qu'elle soulève de nombreuses interrogations. Mis à part les examens laborantins, quels sont les critères qui ont été adoptés par le ministère ? Quelles mesures ont été adoptées par les entreprises incriminées pour améliorer leur statut ? Quelle sont les causes qui ont mené à un tel chaos dans ce domaine ? Est-ce la mauvaise conscience des propriétaires de ces établissements, ou bien un mauvais entraînement du personnel, ou encore l'avidité des propriétaires ?... Mais surtout, quelle sera la prochaine étape ? La campagne tombera-t-elle à l'eau avec le prochain cabinet ou envisage-t-on de jeter les bases d'une politique d'hygiène alimentaire qui soit durable, mais surtout globale, s'attaquant ainsi aux problèmes que pose l'infrastructure générale du pays (égouts, distribution de l'eau, coupures du courant électrique...) ?


Finalement, il ne reste plus qu'à espérer que cette campagne aura un effet boule de neige et qu'une vraie lutte contre la corruption sera menée dans d'autres domaines également.

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