Les journaliers d'EDL bloquant la circulation, au niveau de la société Debbas, dans la région de Jisr el-Wati, le 18 novembre 2014. Photo Caren Abbas
La crise du secteur de l'électricité au Liban a de nouveau provoqué, mardi matin... de gros embouteillages.
Les journaliers de l'EDL ont en effet bloqué l'axe de la corniche du Fleuve à l'entrée de Beyrouth. Ils réclament à la société National Electricity Utility Company (NEUC) le paiement de leurs salaires des deux derniers mois. Ils ont ainsi dressé une tente à l'entrée de la société Debbas à laquelle NEUC appartient, au niveau de Jisr el-Wati, et bloqué la route dans les deux sens avec des pneus enflammés. En milieu de matinée, les manifestants ont rouvert la route vers Beyrouth. Puis ont rouvert la route dans l'autre sens, mais en portant le blocage au niveau du pont devant Fiat, alors que le ministre du Travail s'est rendu sur place pour dialoguer.
"Nous manifestons depuis près de 103 jours. Le ministère du Travail ne fait rien. Nous n'avons pas perçu nos salaires depuis près de trois mois", a déclaré Bilal Bajouk, un des représentants des journaliers de d'Électricité du Liban (EDL), à notre envoyée spéciale sur place.
"Ne sommes-nous pas Libanais?, s'est-il interrogé. Ils aident les réfugiés (syriens) avant nous. Pourquoi devrions nous rester silencieux? Chaque ministre s'enrichit à nos dépens. Le dossier nucléaire, la situation en Libye, tout, selon eux, se rapporte au dossier des journaliers. Nous sommes comme un triangle des Bermudes : quiconque entreprend une initiative relative à notre dossier, disparaît aussitôt ainsi que son initiative".
(Lire aussi : EDL : les journaliers pris au piège ?)
Depuis des mois, les contractuels d'EDL sont engagés dans un bras de fer avec l'office autonome. Les journaliers protestent contre la décision de la direction du fournisseur d'électricité de limiter le nombre de candidats à l'entrée au cadre de l'établissement.
"Nous resterons là. (..) Nous réclamons un minimum de droits. Nous voulons juste obtenir une vie et un emploi sûrs", a déclaré M. Bajouk à notre correspondante.
"Les employés doivent obtenir leurs droits"
"Tout problème a une solution", a lancé le ministre du Travail Sejaan Azzi, qui s'est rendu sur les lieux pour tenter de de calmer les journaliers. "Je viens, non pour faire des promesses, mais pour écouter vos doléances. Quoi qu'il en soit, les employés doivent obtenir leurs droits, cadrés ou non cadrés. Cette classe ouvrière protège le Liban depuis 1975. En contrepartie, nous devons respecter les institutions publiques et privées. Il est inacceptable de faire chanter les institutions. C'est pour cela que je vais demander aux parties concernées de payer les salaires dus aux employés", a poursuivie le ministre.
M. Azzi a également demandé aux journaliers de cesser de bloquer les routes. "L'économie libanaise doit fonctionner. Les gens doivent pouvoir circuler, certains devaient se rendre à l'hôpital", a-t-il déclaré. "Je vais contacter les responsables. Mais je ne veux pas politiser le combat des employés. J'appelle tous les responsables à coopérer sur ce dossier", a-t-il affirmé.
Alors que le ministre indiquait qu'une réunion serait organisée cette semaine, M. Bajouk a rétorqué que la situation est telle que tout nouveau délai n'est plus possible.
(Pour mémoire : EDL : les journaliers repassent à l'offensive)
L'Électricité du Liban (EDL) a annoncé, lundi, dans un communiqué, avoir repris l'impression de ses factures, une première en trois mois, alors que sévit une grève des journaliers qui entrave le fonctionnement de l'office. L'EDL précise avoir réussi à récupérer, le mois dernier, les imprimantes qui auraient été entre les mains des contractuels grévistes.
La semaine dernière, l'EDL avait appelé à une application stricte de la loi et à la fin immédiate de l'occupation par les journaliers de son siège central à Mar Mikhaël, à Beyrouth. "Trois mois se sont écoulés depuis l'occupation du bâtiment du siège central d'EDL ainsi que d'un certain nombre de bureaux dans les régions libanaises par quelques journaliers, et en raison des conséquences désastreuses de cette situation sur le secteur de l'électricité tant au niveau financier que technique, et dont le citoyen libanais et le Trésor public subissent en premier lieu les conséquences, le pays risque de se retrouver plongé dans le noir complet", avait affirmé l'office autonome dans un communiqué.
Pour mémoire
EDL appelle à l'application de la loi et à la fin de l'occupation de son siège
Analyse
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