Hussein Youssef, père du militaire Mohammad Youssef, enlevé par les jihadistes à Ersal début août avec une trentaine d'autres soldats et policiers, a confié aux médias jeudi matin avoir été contacté par le groupe Etat islamique (EI) qui lui a communiqué un ultimatum avant de liquider les otages. "Vous avez trois jours (pour accéder à nos demandes, ndlr), sinon vous allez perdre vos enfants. Nous allons contacter toutes les familles des otages", ont déclaré les jihadistes, selon le père du soldat dont les propos étaient rapportés par l'Agence nationale d'information (Ani, officielle).
Une trentaine de soldats et agents des Forces de sécurité intérieure (FSI) sont retenus en otage par les jihadistes du Front al-Nosra (branche syrienen d'el-Qaëda) et du groupe de l'État islamique (EI, ex-Daech) depuis les combats meurtriers avec la troupe en août à Ersal, dans la Békaa. Trois ont déjà été tués, dont deux par décapitation.
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Interrogé par la chaîne LBCI, Ahmad Zakariya, dont un proche est également retenu par les jihadistes, a affirmé, pour sa part, que les ravisseurs ont adressé aux familles un ultimatum de 24h et non de trois jours. "Nous avons reçu un appel de Daech (acronyme en arabe du groupe Etat islamique EI, ndlr) qui nous a accordé 24h pour résoudre le problème des négociations, sinon tous les otages seront liquidés/ Si cela arrive, nous tiendrons le Premier ministre Tammam Salam pour responsable", a-t-il affirmé depuis la place Riad el-Solh.
L'information n'a pas été confirmée par les autorités, ni, semble-t-il, été exprimée directement par les jihadistes.
Les familles des otages ont entamé mercredi un sit-in ouvert place Riad el-Solh, devant le Sérail à Beyrouth, après avoir accepté de rouvrir la route de Dahr el-Baïdar, cet axe vital reliant la capitale à l'est du Liban qu'elles ont bloqué pendant plusieurs jours. Désormais, les parents des otages bloquent la rue des banques qui mène au Grand Sérail, dans le centre-ville de Beyrouth, pour faire pression sur le gouvernement.
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Cet ultimatum survient alors que toutes sortes de rumeurs circulent sur la médiation de l'émissaire syrien du Qatar, chargé de négocier la libération des otages. Certains médias ont ainsi annoncé le retrait du médiateur. Une information démentie par des responsables libanais proches du dossier, dont le ministre de la Défense Samir Mokbel. Lors d'un entretien avec la presse mercredi, M. Mokbel s'est voulu rassurant, promettant qu'il "y aura prochainement de bonnes nouvelles relatives aux militaires enlevés (...)".
"Les négociations se poursuivent en dépit des entraves rencontrées au cours de la mission", a également déclaré mercredi le ministre de l'Information, Ramzi Jreige, qui a assuré que le médiateur qatari "n'a pas renoncé à sa tâche". "Nous ne pouvons dévoiler toutes nos cartes aux takfiristes. Nous souhaitons effectuer des négociations à partir d'une position de force. De même que les négociations doivent être établies sur des fondements solides", a indiqué M. Jreige.
Les jihadistes réclament la libération d'islamistes incarcérés au Liban ainsi qu'un retrait du Hezbollah de Syrie, contre la libération des otages.
Évoquant la question de l'échange, le ministre Jreige a affirmé que le principe de l'échange "s'inscrit dans le cadre des négociations en tant que telles". "Cependant, a-t-il ajouté, tout échange devrait être conforme à la législation libanaise".
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