La route de Dahr el-Baïdar a finalement été ouverte, après la médiation du ministre Waël Bou Faour auprès des parents des militaires détenus par les groupes islamistes.Photo Danielle Khairallah
Après la valse d'informations portant sur le renoncement du médiateur à poursuivre sa mission, la réponse officielle est venue hier du ministre de l'Information, Ramzi Jreige. Dans un entretien accordé à un média libanais, le ministre a assuré que le lien avec les jihadistes qui détiennent les otages militaires n'a pas été coupé.
« Les négociations se poursuivent en dépit des entraves rencontrées au cours de la mission », a déclaré M. Jreige qui a assuré par ailleurs que le médiateur qatari « n'a pas renoncé à sa tâche ». « Nous ne pouvons dévoiler toutes nos cartes aux takfiristes. Nous souhaitons effectuer des négociations à partir d'une position de force. De même que les négociations doivent être établies sur des fondements solides », a indiqué M. Jreige.
Évoquant la question de l'échange – les prisonniers islamistes contre les otages –, le ministre a affirmé que le principe de l'échange « s'inscrit dans le cadre des négociations en tant que telles ». « Cependant, a-t-il ajouté, tout échange devrait être conforme à la légalislation libanaise. »
C'est toutefois la énième visite du ministre de la Santé, Waël Bou Faour – qui semble avoir gagné les cœurs des familles des otages –, qui a fini par convaincre ces dernières de la nécessité de rouvrir le fameux axe routier de Dahr el-Baïdar. M. Bou Faour, qui a fait part aux parents du « sérieux » du gouvernement dans le suivi de ce dossier, a appelé franchement à un échange entre prisonniers et otages. M. Bou Faour a confirmé les propos de M. Jreige, assurant que le médiateur qatari est toujours opérationnel. Évoquant la question de l'échange, le ministre de la Santé a assuré que le prestige de l'État est préservé précisément « lorsque ce dernier œuvre à ramener ses fils ». « Nous ne sommes pas mieux placés que les États-Unis et la Turquie qui ont recouru à l'échange de prisonniers pour faire libérer des otages détenus par des terroristes », a-t-il dit.
Sitôt le ministre parti, les familles ont levé le blocus, annonçant toutefois le transfert de leur mouvement à la place de Riad el-Solh, où ils se sont immédiatement rendus pour dresser leurs tentes. Elles seront rejointes par le groupe de familles qui bloquaient toujours hier la route du Qalamoun.
À Dahr el-Baïdar, les tracteurs ont immédiatement été dépêchés sur les lieux pour ôter les remblais.
Remerciant les Libanais pour leur soutien à leur cause et tous ceux qui ont fait preuve de compassion à leur égard, les parents des otages ont affirmé qu'ils considèrent toute personne qui bloque ce dossier comme leur « ennemi ».
Suspects syriens
Les parents, qui ont présenté une fois de plus leurs excuses aux agriculteurs pour les désagréments qui leur ont été causés du fait de la fermeture des routes, ont annoncé une escalade prochaine. « Elle sera douloureuse et surprendra le gouvernement », ont-ils précisé dans un communiqué.
Ils ont enfin lancé un appel aux Libanais, les exhortant à ne pas s'en prendre aux réfugiés syriens et à les soutenir dans leur mouvement de pression.
L'appel ne s'applique pas cependant aux Syriens suspects désormais dans le point de mire de l'armée libanaise. À Hasbaya, un Syrien soupçonné de poursuivre des activités louches a été arrêté. Sur son portable, une série de photos et de slogans de soutien à l'État islamique. Les forces de l'ordre ont retrouvé dans sa messagerie une correspondance avec des parties tierces en Jordanie.
L'enquête a révélé par la suite qu'il dirigeait une opération d'achat d'armes pour les acheminer en Syrie en vue de former un groupe armé. Le prévenu comptait passer en Syrie à travers la frontière de Chebaa pour se rendre ensuite à Deraa. Onze autres Syriens sans papiers ont été arrêtés à Ehden par le service de renseignements de l'armée.
Porté disparu dans le cadre des batailles du jurd, un élément du Hezbollah, Imad Ayan, aurait été pris en otage par un groupe intitulé « Moujahidi al-Qalamoun », devait indiquer Lebanon Debate. Par ailleurs, un citoyen libanais, Toufic Wehbé, a été kidnappé de Ersal par quatre personnes armées qui l'ont conduit dans le jurd. Aucune information n'a circulé sur les causes du rapt.
Sur un autre plan, le village de Zghorta a accueilli hier le corps du soldat Alaeddine Ouwayyek, décédé mardi à Tripoli des suites de l'explosion d'une charge.


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