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Un vieux tombeau syrien au cœur de l'engagement de la Turquie contre les jihadistes

Syrie

La propriété turque, enfoncée à 25 km de sa frontière, est encerclée par les jihadistes du groupe EI.

OLJ/AFP
03/10/2014

Perché au bord des rives de l'Euphrate, un tombeau vieux de huit siècles posé en terre syrienne sous la garde d'une poignée de soldats pourrait déterminer le rôle joué par la Turquie dans l'intervention militaire contre les jihadistes du groupe Etat islamique.

Depuis qu'elle a été placée sous souveraineté turque par un traité signé en 1921 avec la France, la sépulture de Souleimane Shah, le grand-père du fondateur de l'Empire ottoman, n'a guère suscité l'intérêt que de quelques historiens. Mais l'offensive déclenchée il y a quinze jours par l'EI dans le nord à majorité kurde de la Syrie a transformé ce petit lopin de terre, propriété de la Turquie enfoncé à 25 km de sa frontière, en une cible susceptible de précipiter son intervention dans le conflit.

Depuis plusieurs jours, la presse s'inquiète de l'encerclement du site historique par les combattants jihadistes et affirme que sa garnison était retenue en otage. Mercredi, le président et homme fort du pays depuis 2003, Recep Tayyip Erdogan, a balayé d'un revers de main les "fausses informations" publiées par les médias. Mais il s'est empressé d'ajouter que toute attaque lancée contre le site déclencherait une réponse "très claire" contre cette partie du territoire turc.

 

Longtemps accusé d'avoir armé les rebelles syriens les plus radicaux pour précipiter la chute du régime du président Bachar el-Assad, le gouvernement islamo-conservateur turc a brutalement changé son discours après la libération le 20 septembre de 46 de ses ressortissants enlevés en juin par l'EI.

Le Parlement l'a autorisé jeudi à rejoindre la coalition militaire anti-EI réunie par les Etats-Unis et à mener une éventuelle intervention militaire en Irak et en Syrie. Signe que les autorités prennent la menace au sérieux, le chef d'état-major de l'armée a saisi l'occasion jeudi de son traditionnel message aux armées à la veille de la fête religieuse de l'Aïd pour adresser son soutien à son contingent déployé en Syrie.

 

(Lire aussi: Le groupe Etat islamique fait la promotion de son "calife")

 

"Vous n'êtes pas seuls"

"N'oubliez pas que vous n'êtes pas seuls", leur a lancé le général Necdet Özel, "nos yeux, nos oreilles et nos cœurs seront toujours avec vous. Soyez assurés que nos forces armées seront à vos côtés dès lors que vous les solliciterez". "La progression de l'EI autour de Souleimane Shah constitue un risque pour notre sécurité nationale", a renchéri le ministre de la Défense Ismet Yilmaz, "notre premier devoir est de le protéger, la Turquie n'hésitera pas à faire ce qui est nécessaire".

Selon les médias turcs, deux chasseurs F16 ont ostensiblement patrouillé jeudi le long de la frontière syrienne, face à l'enclave turque, et des hélicoptères pourraient, le cas échéant, la rejoindre en un petit quart d'heure.

Les commentateurs proches de l'opposition ont toutefois tempéré ce ton martial en rappelant que le gouvernement avait déjà agité le spectre d'une attaque contre le tombeau de Souleimane Shah en mars dernier. C'était juste avant des élections locales cruciales pour le régime, alors déstabilisé par un vaste scandale de corruption.

 

(Pour mémoire: Erdogan : La Turquie « ne peut pas rester à l'écart » du combat contre l'EI)

 

Mais de l'avis même des analystes, la réalité de la menace, et la vulnérabilité du site historique, ne font cette fois plus aucun doute. "A la lumière du changement de politique opéré par la Turquie, la menace qui pèse sur ce site est devenue nettement plus réelle", note Can Kasapoglu, du Centre d'études économiques et de politique étrangère (Edam) d'Istanbul. "Si Ankara décide de prendre part à l'effort engagé par la coalition, le tombeau de Souleimane Shah deviendra une cible évidente pour d'éventuelles représailles de l'Etat islamique", ajoute le chercheur. "Ankara doit donc être très prudent dans la préparation et l'exécution de sa réponse militaire (contre les jihadistes), car elle risque de l'entraîner encore un peu plus dans le désastre qui se joue à sa porte", a conclu M. Kasapoglu.

 

Lire aussi

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SOUS LES PAVÉS LA PLAGE

It' part of the dirty game between Israel et turkey . L'affrontement est entre Israel mastermind de ce chaos et l'Iran en voie d'etre une puissance nucleaire . Les binsaouds et turcs ont leur role a jouer, a chacun sa tache pour servir leur maître d'israel avec un nonoss en prime , pour les turcs ca sera le Kurdistan en carotte et le baton de degager erdo comme on a fait avec moubarak et consort . Qui se souvient encore des manifs contre les scandales de corruption sur la famille d'erdo , les ecoutes teleph etc... ? plus rien comme par magie parce que erdo a obtempere a l'ordre de s'occuper de cette region by all means . L'Iran restera le seul opposant a cette politique macabre des sionsites qui ne reculent devant rien !

Sabbagha Antoine

Belle est cette nouvelle blague de voir la Turquie intervenir pour sauver le tombeau de Souleimane Shah, le grand-père du fondateur de l'Empire ottoman. Vraiment drole .

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