« Qui paiera le prix ? » Capture d’écran d’une vidéo publiée hier par le Front al-Nosra.
L'EI, selon des informations de dernière heure relayées par les médias, aurait accepté le principe de la médiation et communiqué la liste de ses revendications. Auparavant, dans une vidéo diffusée le matin sur YouTube intitulée « Qui paiera le prix », le Front al-Nosra a lancé hier un ultimatum on ne peut plus clair au Hezbollah et à l'armée libanaise, les menaçant des foudres jihadistes si le parti chiite ne se retire pas de Syrie.
La vidéo a été diffusée alors qu'un médiateur syrien, dépêché par le gouvernement qatari, se dirigeait vers le jurd de Ersal pour rencontrer l'émir d'al-Nosra, Abou Malek Tallé.
Peu d'informations ont filtré sur cette réunion de cinq heures à part le fait que le médiateur aurait exhorté les jihadistes à préserver la vie des otages. Abou Malek aurait de son côté réitéré les revendications du front, notamment la libération des prisonniers islamistes de Roumieh, selon des sources informées.
Dans l'après-midi, l'État islamique publiait sur son site un communiqué dans lequel il affirme avoir été « surpris par la venue du médiateur qatari », sachant que « l'EI avait accepté le principe d'une médiation indirecte avec le gouvernement libanais ». L'EI reproche notamment les « tergiversations » du nouveau médiateur quant à une réunion avec les rsponsables de l'EI.
Pour en revenir à la bande vidéo diffusée par le front al-Nosra, elle montre les soldats libanais détenus aux mains de la formation islamiste, liant clairement leur sort au retrait du Hezbollah de Syrie.
À aucun moment cependant, la demande de libération des prisonniers islamistes détenus à Roumieh n'est formulée. Seuls « les crimes commis en Syrie par le Hezbollah contre des civils » notamment y figurent et sont montrés dans toute leur cruauté.
Le Front al-Nosra, qui retient toujours en otage 18 soldats libanais et gendarmes des Forces de sécurité intérieure, a diffusé cette nouvelle vidéo simultanément avec l'arrivée du médiateur syrien.
Une première partie de la bande, qui fait 27 minutes au total, montre l'engagement du Hezbollah en Syrie via des extraits de discours de Hassan Nasrallah et des images choquantes. Apparaît également une femme complètement voilée qui dit avoir été violée par les combattants du Hezbollah. « Je les ai suppliés, j'ai embrassé leurs pieds... Des sauvages, des sauvages... », répète-t-elle.
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Puis apparaissent à l'image neuf soldats et les membres des FSI otages, assis sur des tapis devant un drapeau du Front al-Nosra dans un endroit non identifié. Les otages dénoncent, l'un après l'autre, l'engagement du Hezbollah en Syrie mais aussi à Ersal, où le parti chiite aurait poussé l'armée au front pour mieux l'enliser dans la bataille, assure l'un des otages.
L'un des membres des FSI, toujours en uniforme, déclare : « Ils ont tué des gens innocents dans les camps à Ersal. (...) Ils ont tué des enfants, des femmes. (...) Ils tuent des enfants et des femmes sunnites en Syrie, ils les violent. »
« Qu'est-ce qu'ils ont à faire en Syrie ? À chaque fois que le Hezbollah entrait en Syrie, il y avait des attentats dans la banlieue sud de Beyrouth », poursuit un autre membre des FSI, en référence à la série d'attentats qui ont ciblé ce bastion du parti chiite.
Un autre membre des FSI déclare, s'adressant aux chiites : « Vous qui n'avez rien à voir avec le Hezbollah, si vous ne l'arrêtez pas, vous en paierez le prix, nous en paierons tous le prix », s'indigne un militaire qui craque avant de finir sa phrase et se dépêche d'essuyer ses larmes.
« Qu'ils partent de Syrie, qu'ils aillent en Palestine », lance encore un soldat.
Dans une troisième partie, le Front al-Nosra diffuse un message appelant les sunnites du Liban à soutenir leurs proches opposés au régime en Syrie. Dans ce message, il prévient les autres communautés qu'elles paieront le prix de leur silence sur les « crimes » du Hezbollah en Syrie. Les jihadistes accusent également l'armée libanaise d'avoir commis des exactions. « La prochaine phase sera décisive contre tous ceux qui soutiennent ces criminels », menacent encore les jihadistes.
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« Le pétrin »
Fait notoire dans cette vidéo, les trois otages chrétiens apparaissent seuls, dans une autre séquence. On y reconnaît Georges Khoury (armée), Pierre Geagea et Georges Khazzaka (FSI).
« Pourquoi devons-nous payer le prix de vos actions », s'interroge l'un d'entre eux, interpellant le Hezbollah.
Une vidéo avait déjà été diffusée dans la nuit de vendredi à samedi, montrant neuf soldats libanais otages. Dans cette vidéo mise en ligne sur YouTube par la brigade Fajr al-Islam, un groupe qui serait lié à « l'État islamique », les otages appelaient le gouvernement libanais à les échanger contre des détenus islamistes à la prison de Roumieh.
« S'ils sont libérés, nous le serons aussi. S'ils ne le sont pas, nous serons égorgés », lançait l'un d'entre eux. Ils appelaient également leurs parents à bloquer les routes afin de faire pression sur les autorités. « Si aujourd'hui vous ne bloquez pas les routes, nous serons égorgés », prévenait un des otages. Un autre soldat en appelle aux hommes de religion sunnite, déplorant l'absence d'initiative de la part de l'État.
Pas de négociations avec les preneurs d'otages, avait tranché jeudi le gouvernement à l'unanimité à l'issue d'un Conseil des ministres. Ce dernier a estimé que « la sécurité des otages militaires ne peut faire l'objet d'un compromis ou d'un échange car l'État fera face férocement à tout ce qui menace leur vie », avait déclaré le ministre de l'Information, Ramzi Jreige, ajoutant que « cette affaire pourrait faire l'objet de négociations à travers des canaux internationaux ».
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Dans une déclaration à la LBC, cheikh Moustapha Hujeiri, l'uléma sunnite proche du Front al-Nosra qui a contribué par sa médiation à la libération de plusieurs militaires, a affirmé : « Nous sommes dans un pétrin. Le gouvernement doit prendre une décision courageuse pour sauver la vie des militaires. » Et le cheikh sunnite de s'interroger sur le fait que c'est le Qatar et non l'État libanais qui doit effectuer la médiation sachant qu'il l'a déjà fait à plusieurs reprises, notamment dans l'affaire d'Aazaz et des religieuses de Maaloula.
À la question de savoir si les « excuses implicites » faites mercredi par le conseil des évêques maronites contribuaient un tant soit peu à désamorcer la bombe que constitue ce dossier, cheikh Hujeiri, alias Abou Takiyyé, a répondu : « L'important est que la position (requise) a été exprimée. »
Parallèlement, le mécanisme judiciaire se poursuit, comme si de rien n'était. Le juge d'instruction près le tribunal militaire, Imad Zein, a interrogé hier 7 prévenus, un Libanais et 6 Syriens, dans l'affaire Imad Jomaa, dont l'arrestation à Ersal avait déclenché les affrontements entre l'armée et les jihadistes. Le juge a émis des mandats d'arrêt à leur encontre. À ce jour un total de 28 personnes ont déjà été arrêtées dans le cadre de la même affaire. Imad Jomaa est l'un des prévenus que les jihadistes espèrent échanger avec les militaires pris en otage.
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HEUREUSEMENT QUE CE hézébbb-là A ENCORE CE QATAR !
15 h 51, le 08 septembre 2014