Moyen Orient et Monde

Le Hamas exècre le pouvoir égyptien, mais...

OLJ
06/08/2014

Le cessez-le-feu entre Israël et le Hamas dans la bande de Gaza, obtenu laborieusement hier grâce en particulier à la médiation du Caire, met encore en lumière l'importance du voisin égyptien dans les soubresauts du conflit israélo-palestinien.
Pourtant, le Hamas avait toutes les raisons de ne pas faire plaisir à ce gouvernement égyptien qu'il exècre : le nouveau pouvoir de l'ex-chef de l'armée Abdel Fattah al-Sissi réprime dans un bain de sang la confrérie des Frères musulmans, dont sont issus le président islamiste destitué il y a un an, Mohammad Morsi, et le Hamas. « L'échec de cette trêve-là démontre que l'Égypte est indispensable pour toute solution à Gaza », analyse Nathan Thrall, du bureau de Jérusalem d'International Crisis Group (ICG). « L'Égypte regarde Gaza et le Hamas dans le prisme de son propre combat contre ses Frères musulmans. Pour l'Égypte, le Hamas est l'unique ennemi, et cela ne change rien, même s'il y a des négociations », assène ainsi M. Thrall.
Pendant ce temps, les armes se taisent et la diplomatie entre en jeu. Au premier jour d'une trêve de 72 heures, la Jordanie a ainsi proposé hier à ses partenaires du Conseil de sécurité de l'Onu un projet de résolution demandant la levée du siège israélien de Gaza et un plan pour reconstruire le territoire, selon des diplomates. Toujours à l'Onu, le ministre palestinien des Affaires étrangères Riyad al-Malki a réitéré à La Haye la volonté palestinienne de voir poursuivre des responsables israéliens devant la Cour pénale internationale (CPI). En attendant, les négociations se poursuivent au Caire, où Israéliens et Palestiniens ont apporté des exigences qu'il sera difficile de concilier. Mais, pour les Palestiniens et le Hamas en particulier, abondent Moukhaïmer Abou Saada, professeur de sciences politiques à l'Université al-Azhar de Gaza, et le politologue Jamal al-Fadi, « le véritable défi, ce n'est pas la trêve seule, c'est la reconstruction, l'éducation, la prise en charge des centaines de milliers de déplacés ».

Des milliards de dollars de dégâts
À Gaza même, le territoire dévasté semblait hier soir n'avoir encore jamais connu autant de calme depuis le début de cette guerre qui a fait, selon le ministère palestinien de la Santé, 1 875 morts, dont 430 enfants et adolescents et 243 femmes. À la faveur de l'accalmie, les secours ont pu accéder à des zones bloquées par les combats, où ils commençaient à découvrir de nouveaux corps, alourdissant un bilan humain déjà exorbitant. Des milliers de Palestiniens sont retournés chez eux, pour voir si leurs maisons était toujours debout. Après celui des bombes, ils ont accusé le choc de la dévastation. Dans le secteur de Beit Hanoun, Rafat al-Masri, père de cinq enfants, n'a retrouvé que des ruines. « J'ai travaillé 40 ans pour cette maison. Elle est complètement détruite. Il ne reste rien. » La guerre a causé entre 4 et 6 milliards de dollars de dégâts directs, mais l'addition pourrait être bien plus salée, selon le vice-ministre palestinien de l'Économie Tayssir Amro.

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