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Moyen Orient et Monde

Quand les pasdaran tombent en martyrs en Irak

Dès les premiers temps de l’offensive éclair lancée début juin par l’EI, Téhéran a affiché son soutien au gouvernement de Bagdad : le président iranien Hassan Rohani a promis que son gouvernement aiderait les autorités irakiennes à faire face à la menace si ces dernières en exprimaient le besoin. Atta Kenare/AFP

Les autorités chiites iraniennes considèrent la progression et l'implantation des jihadistes sunnites de l'État islamique (EI) dans le nord de l'Irak comme une menace. En dépit de démentis officiels, la présence de pasdaran, les gardiens de la révolution, sur le sol irakien est désormais attestée.
Comme en Syrie, où Téhéran a longtemps nié avoir envoyé des combattants se battre aux côtés des troupes de Bachar el-Assad, les premières informations démontrant l'implication directe de forces iraniennes auprès de l'armée gouvernementale irakienne et des milices chiites proviennent d'enterrements. Un organe de presse affilié aux Bassidji, une milice contrôlée par les gardiens de la révolution, a ainsi révélé qu'un colonel du nom de Kamal Shirkani enterré en uniforme des pasdaran début juillet à Lavasan, une petite localité située au nord-est de Téhéran, avait été tué en Irak dans une attaque au mortier de combattants de l'État islamique. Shirkani, précisait cet organe de presse, a été tué « en accomplissant sa mission de défendre » un mausolée révéré par les musulmans chiites à Samarra, à une centaine de kilomètres au nord de Bagdad.
Dès les premiers temps de l'offensive éclair lancée début juin par l'État islamique en Irak et au Levant, renommé depuis État islamique, Téhéran a affiché son soutien au gouvernement de Bagdad dirigé par le chiite Nouri al-Maliki. Le président iranien Hassan Rohani a promis que son gouvernement aiderait les autorités irakiennes à faire face à la menace si ces dernières en exprimaient le besoin. Qassem Soleimani, qui commande la Force al-Qods, la force spéciale d'intervention extérieure des gardiens de la révolution, s'est récemment déplacé à Bagdad, selon un certain nombre de sites d'information iraniens.

Combattants aguerris
« Quand les combattants de l'EI ont atteint des secteurs chiites d'Irak, les gardiens de la révolution disposaient sur place de forces qui les ont combattus », affirme Mohsen Sazegara, un des dirigeants historiques de la révolution de 1979 et membre fondateur des pasdaran entré depuis en dissidence et aujourd'hui exilé aux États-Unis.
En outre, selon l'Institut international d'études stratégiques (IISS) de Londres, l'Iran a livré à l'Irak quelques Soukhoï SU-25, des avions d'attaque au sol et de soutien rapproché dont seuls les pasdaran sont équipés au sein des forces iraniennes. « Ces avions ont vraisemblablement été livrés à l'Irak par des pilotes iraniens », ajoute l'IISS qui n'a en revanche aucun élément pour dire qui les pilote dans les combats en Irak. Cette présence militaire iranienne expliquerait en partie pourquoi la progression de l'EI s'est arrêtée à Samarra alors que les jihadistes avaient profité jusque-là de la débandade de l'armée irakienne pour avancer rapidement. Le « gel » du front doit aussi beaucoup à la mobilisation des milices chiites irakiennes que la République islamique finance et soutient depuis des années en Irak. D'après un haut responsable des services irakiens de sécurité, quelque 20 000 miliciens chiites irakiens formés et financés par l'Iran seraient actuellement déployés de Bagdad à Samarra de même que dans des régions rurales au sud de la capitale. Le même responsable ajoute que plusieurs milliers de combattants iraniens ont été transférés de Syrie en Irak. Certains, dit-il, ont été intégrés à des unités des forces de sécurité dépendant des ministères irakiens de l'Intérieur et de la Défense.
Des dizaines de membres du Hezbollah se sont par ailleurs installés en Irak, dit-on de source proche du mouvement chiite armé déjà actif en Syrie depuis plus de deux ans en soutien au régime d'Assad. Il s'agit de combattants aguerris, précise-t-on de même source, engagés dans des tâches de commandement et de coordination des opérations. L'un d'eux, Ibrahim al-Hajj, vétéran du conflit de 2006 contre Israël, a récemment été tué dans le Nord, près de Mossoul, la deuxième plus grande ville d'Irak que l'EI contrôle depuis les tout premiers temps de son offensive de juin.
(Source : Reuters)


Les autorités chiites iraniennes considèrent la progression et l'implantation des jihadistes sunnites de l'État islamique (EI) dans le nord de l'Irak comme une menace. En dépit de démentis officiels, la présence de pasdaran, les gardiens de la révolution, sur le sol irakien est désormais attestée.Comme en Syrie, où Téhéran a longtemps nié avoir envoyé des combattants se battre aux...

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