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Liban

Un centre de santé sexuelle libanais primé par Onusida

La bonne nouvelle du lundi

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Nour BRAIDY | OLJ
04/08/2014

Le centre de santé sexuelle libanais Marsa s'est vu décerner, le 21 juillet dernier, à Melbourne en Australie, lors de la vingtième conférence internationale sur le sida, le prix Ruban rouge 2014 d'Onusida.
« Le prix Ruban rouge est la plus importante distinction internationale attribuée pour le travail communautaire innovant et exceptionnel effectué en faveur de la riposte à l'épidémie du sida », indique le communiqué d'Onusida.

Le prix Ruban rouge a été décerné pour la première fois en 2006 et il est, depuis, remis tous les deux ans à dix lauréats divisés en cinq catégories. « Marsa a été sélectionné parmi quelque 1 000 organisations et a reçu le prix dans la catégorie prévention de la transmission sexuelle », explique Cynthia el-Khoury, coordinatrice de programmes à Marsa.
Marsa, est un centre de santé sexuelle, le mot « Marsa » pourrait être traduit comme le lieu d'ancrage, le port. « Il s'agit d'un lieu sûr où les navires accostent avant de sortir en mer à nouveau », souligne Cynthia el-Khoury qui explique que le centre, créé en 2011, « fournit des services complets » dans un « environnement accessible et convivial, exempt de jugements et de préjugés ». À Marsa, toute personne est donc la bienvenue pour, entre autres, un dépistage du sida, de l'hépatite B, de l'hépatite C ou encore de la syphilis.

Pour recevoir le fameux prix Ruban rouge, une équipe de Marsa, dont faisait partie Cynthia el-Khoury, s'est rendue à Melbourne. Lors de la cérémonie de remise des prix, la directrice de Marsa, Diana Abou Abbas, a expliqué que le manque de fonds est un défi majeur pour la viabilité de l'organisation au Liban et qu'il est nécessaire que le gouvernement mette en œuvre des programmes d'éducation à la santé sexuelle.

« Nous étions très heureux de recevoir ce prix et une reconnaissance internationale de la qualité des soins que nous fournissons », souligne Mme el-Khoury. Surtout que Marsa travaille « sans aucun soutien de la part du gouvernement qui a tendance à négliger le travail fait, parce que la santé sexuelle est encore un grand tabou dans notre pays », souligne la jeune femme de 26 ans.

Dangereux tabou puisque le Dr Jacques Mokhbat, spécialiste en maladies infectieuses et président de la Société libanaise du sida, relevait dans nos colonnes en décembre 2013 « une nette transformation de l'épidémiologie du sida au Liban », et ajoutait que « l'épidémie est désormais ancrée dans le pays et touche beaucoup plus les jeunes avec une moyenne d'âge inférieure à 30 ans ». Selon le Dr Mokhbat, cette transformation épidémiologique du sida au Liban est due principalement à un manque de sensibilisation à destination des hommes homosexuels, de plus en plus touchés par la maladie.

L'absence de soutien ne désespère pas pour autant les jeunes engagés au sein de Marsa. « Nous avons réalisé l'impact du travail que nous faisons et ce que nous avons accompli avec si peu de moyens. Cela nous a motivés et a renforcé notre engagement pour mieux servir la communauté », assure Cynthia el-Khoury. « Nous devons maintenant répondre à des normes plus élevées », affirme-t-elle.


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