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Vincent Nassar, amitié, fraternité, endurance

Rencontre

Il n'a qu'une religion, le sport, une valeur essentielle, la fraternité, qui se conjugue parfaitement avec amitié. Vincent Nassar est un sportif accompli qui fait partie de la « confrérie » sportive et humaine de « la Patrouille des glaciers ». Portrait d'un pur, pas si dur, qui danse aussi le tango !

Carla Henoud | OLJ
28/07/2014

40 ans, une super forme physique. Un sourire souligné de fossettes, une poignée de main ferme, mais pas trop, un regard franc. Vincent Nassar possède clairement l'attitude de ceux pour qui les valeurs, la vie, les rapports humains passent par le sport. Un des rares espaces qui soit à ses yeux universel, antipolitique, anticonfessionnel et anticonflits. Son parcours personnel et professionnel confirme cet engagement passé d'abord entre lui et lui-même. Ex-vice-président de l'Association du polyathlon suisse et coordinateur du Moyen-Orient, il a démarré ses études au Liban en 1998 avec une licence d'enseignement d'éducation physique à l'Université de Balamand. L'année suivante, il quitte le Liban, direction la France. Il y approfondit ses études et les complète avec un DEA en psychologie de l'enseignement du sport à l'université Paris-Sud XI d'Orsay.

Il rentre au Liban en 2000 pour son service militaire et prend ainsi en charge, en tant qu'officier, la formation des officiers de la garde républicaine « sur les fondements scientifiques de l'entraînement sportif », l'entraînement du pentathlon militaire, et enfin l'entraînement de la sélection de l'armée en natation. Il se sent parfaitement bien dans cet élément, à la fois sportif et militaire, où il développe des notions telles que « la persévérance, la fraternité et un dévouement sans bornes pour le Liban ». « À l'armée, poursuit-il, tout le monde est au service du drapeau libanais. » Arrivé au bout de son service militaire, à la demande de la garde républicaine, il devient coach civil de natation. Janvier 2006, Vincent se rend en Suisse. Destination lisse, calme, sans faux plis, avec vue sur les montagnes, et qui ressemble à sa vision du monde. Il obtient un Advanced Masters in Sports Administration & Technolgy à l'École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL), doublé en 2012 d'un PhD en Management of Technology.

La patrouille des Glaciers

« C'est en faisant mon Advanced Masters que j'ai découvert la Patrouille des glaciers. J'ai été complètement impressionné et séduit par cet événement exceptionnel et l'esprit qui anime les participants. Principalement la modestie, que l'on ressent, face à la montagne. » La Patrouille des glaciers (PDG) est une course internationale de ski alpin, à la base militaire, créée par l'armée suisse et ouverte également depuis quelques années aux civils. Elle se déroule tous les deux ans entre Zermatt et Verbier, sur 4 000 mètres de dénivelés positifs et autant de dénivelés négatifs, sur une distance de 53 km. Le départ se fait à 21 heures et l'arrivée le lendemain dans l'après-midi. C'est par patrouilles de trois que les participants se lancent dans cette belle aventure. Pour le faire, il faut avoir une expérience du milieu alpin et de ses difficultés, avoir subi un entraînement rigoureux et afficher une excellente forme physique, psychique et émotionnelle. « Adhérer au "spirit de la PDG" se démontre par le "fair-play" mutuel, l'attention réciproque, la solidarité, la capacité de connaître ses propres limites, le respect de la nature et des paysages de montagne », précise le règlement.

Vincent, qui a pris part à la course en 2008 et 2014, auprès de 5 400 montagnards, explique : « Il existe deux genres de participants, ceux qui la font pour marquer un temps et une victoire, et les autres, qui veulent juste arriver... » Avec ses 2 coéquipiers, Patrick Bury et Julie Girard, « une grande montagnarde de 60 ans et une superbe énergie », le trio, qui voulait juste aller au bout de l'épreuve, s'est entraîné dès le début de la saison, en week-end, durant les vacances et même de nuit au cours de la semaine. « Ça crée des liens solides, souligne Vincent. La vraie Patrouille, c'est ce qui se passe durant la préparation... » Après de nombreuses péripéties, dont des malaises que va connaître « Juju », « nous avons tout fait, porter ses skis, son sac à dos, l'aider, l'encourager, pour qu'elle n'abandonne pas », la Patrouille de trois arrive enfin après 18 heures 6 minutes à la fois épuisantes, belles et inoubliables.

Liens avec le Liban

Neuf ans qu'il réside en Suisse, Vincent Nassar n'en a pas pour autant oublié le Liban. Afin de tisser des liens dans les deux sens entre son pays d'origine et la Suisse, il a participé à la création de l'Association du PolyLiban, un franc succès au niveau sportif et organisationnel, qui a superbement motivé les formidables polyathlètes locaux et étrangers réunis durant une semaine pour partager ensemble une même passion : le sport d'endurance en pleine nature. Grâce à son important réseau, Vincent a également aidé à l'organisation de la première édition de la Patrouille des glaciers chez nous. Encouragé par l'ambassadeur François Barras, il a aussi permis à des sportifs libanais de prendre part à une édition de la Patrouille des glaciers en Suisse. « Le but ultime, souligne-t-il, est de sensibiliser les jeunes à autre chose, leur montrer qu'il y a d'autres choix que l'intolérance et la violence, et développer en eux une qualité essentielle : l'humilité. » Actuellement professeur en management stratégique et chercheur en « motivation au travail et créativité organisationnelle » à la HES (Haute École spécialisée de Suisse occidentale), il se ménage quelques heures pour le tango, sa seconde passion. « C'est une amie qui m'a mené à la danse, et j'ai attrapé le virus ! » confie-t-il. Une activité certes moins rigide, plus sensuelle, mais également sportive qui crée, aussi, des liens particuliers.


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