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Léa Salamé, résilience et détermination

Rencontre

Elle a quelque chose de félin dans le regard, un félin en suspension sur un fil, dans l'attente de deux nouvelles aventures qui démarrent, ensemble, à la rentrée et la propulsent au-devant de la scène, en dehors de cette retenue : « On n'est pas couché », la célèbre émission de Laurent Ruquier sur FR2, et l'interview politique du matin sur France-Inter.

Carla Henoud | OLJ
21/07/2014

Depuis l'annonce faite à Léa Salamé, reprise par tous les médias français, qu'elle succède à Natacha Polony dans On n'est pas couché, la belle femme, 35 ans en octobre, très demandée, choisit les interviews auxquelles elle se livre prudemment. Les couvertures des revues people et autres magazines intéressés par sa vie personnelle, trop peu pour elle; Léa accepte de se confier au Monde, aux Inrocks et (merci Léa) à L'Orient-Le Jour. C'est que, depuis un mois, l'actualité de Léa Salamé est chargée et surmédiatisée : sans même l'avoir sollicitée, elle est contactée par Laurent Ruquier pour reprendre le poste très convoité de Natacha Polony dans On n'est pas couché, sur FR2, aux côtés d'Ayméric Caron. À peine a-t-elle accepté que France Inter lui propose l'interview-phare de 7h50 où elle va pouvoir, à son grand bonheur, parler et faire parler de politique française, sa véritable passion. « Mon rêve a toujours été d'être journaliste, avoue-t-elle, bien plus que chroniqueuse ou éditorialiste. Interviewer des personnalités politiques reste l'exercice que je préfère. »

Souvenirs d'enfance
Fille de l'ancien ministre de la Culture Ghassan Salamé et de Mary Boghossian, qui contribue auprès de ses frères au développement de la Fondation Boghossian, Léa a quitté le Liban pour Paris à l'âge de 5 ans, « comme de nombreux Libanais, alors », suite au déclenchement de la guerre dite civile. «Mais contrairement à de nombreux Libanais, précise-t-elle, nous sommes restés. J'ai grandi là-bas, avec le déracinement qu'on peut imaginer. » Et de citer Sartre : «Tout homme a son lieu naturel ; ni l'orgueil ni la valeur n'en fixent l'altitude : l'enfance décide...» De son ADN libanais, elle conserve une résilience, la détermination de toujours «foncer», qui se frotte à son côté arménien, plus prudent, hésitant, résistant aux changements. Devenue naturellement française, elle confirme: «J'ai fait un trou et j'y suis heureuse.» « Je garde des liens très forts avec le Liban, poursuit-elle. Il me faut 10 à 15 jours par an à Beyrouth pour me sentir bien, comme le fait un grand nombre de Libanais... » Prendre du recul, toujours relativiser, dans une forme d'humilité sincère. Léa n'a pas la grosse tête même si elle est, comme elle l'avoue, un peu «tête brûlée». La voix est calme, les mots se posent et se déposent au gré des confidences, laissant s'échapper, parfois, des prémices d'émotion.

Dans son cursus universitaire, après une scolarité à l'École alsacienne, le droit à Assas, Science Po. Entre les deux, une année d'études de journalisme à New York. Nous sommes en septembre 2001. Le 11. Léa, qui habite à quelques blocs du World Trade Center, est, « comme tant d'autres, précise-t-elle encore, légèrement blessée, rien de grave, ce n'est pas comme si j'avais perdu un membre... ». Pas de véritable « traumatisme », ce mot qu'elle déteste, mais plutôt le sentiment furtif « que j'allais mourir. Si j'étais juste française, ça aurait été l'événement de ma vie. » Le véritable choc pour elle se produira quelques mois plus tard, lorsque son père, en mission pour l'Onu à Bagdad, échappe de peu à un attentat. « Pendant deux à trois heures, je pensais qu'il était mort. C'est à ce moment-là que j'ai basculé dans une crise de nerfs qui n'est pas mon style... » Avant de se reprendre et de reprendre le cours normal des choses, munie de cette distanciation qui la protège.

En 2004, après un stage auprès de Jean-Pierre Elkabbach, séduit par sa culture et sa connaissance politique du Moyen-Orient, elle fait ses premières apparitions télévisées sur Public Sénat. D'abord programmatrice, elle gravit les échelons « un à un », apprend tout. Au bout de quelques mois, le mentor Elkabbach lui demande, sans préparation, de présenter le Flash. Après une catastrophique prestation, il lui dira : « Ce n'est pas ça, mais il y a une présence, un regard. On continue demain ! » Le lendemain et les années qui ont suivi, elle a renforcé le regard, épanoui la présence, assuré les Flashs, puis l'émission-magazine Paroles du monde. En 2007 et après un important casting, elle est engagée par la nouvelle chaîne France 24 pour animer La Soirée, tranche d'infos aux côtés d'Antoine Cormery, puis l'émission Paris Direct. « C'était une période très heureuse, se souvient-elle. Mais j'ai commencé à m'ennuyer, la politique internationale n'est pas ce que je préfère ! » Il y a presque un an, c'est I>Télé qui la subtilise à la chaîne internationale. Elle s'y sent chez elle, avec On ne va pas se mentir et surtout Ça se dispute, chroniqueuse de charme bien installée auprès de Éric Zemmour et Nicolas Domenach.

L'actualité
Arrive alors LA proposition, à travers un texto de Ruquier, « que je ne connaissais pas personnellement ». Elle le rencontre, hésite, puis accepte. « Une opportunité pareille ne se refuse pas, j'en suis très honorée. » Les raisons qui l'ont convaincue ? « C'était instinctif. J'ai vu Laurent Ruquier une seule fois et j'ai eu envie de travailler avec lui. » Le challenge, « immense », qui débute le samedi 30 août est doublé d'un autre, à France Inter, le 25. « Même si j'avoue avoir un peu peur, j'essaie d'aborder la chose d'une manière humble. » Exposée à tous les coups – les risques d'un métier public –, attendue au tournant, parions que cette femme travailleuse, généreuse et mesurée saura être à la hauteur. « Avant, j'avais des étoiles dans les yeux, maintenant rien ne m'effraie, » conclut-elle.


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ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

Après le droit à Assas! puis avec Jean-Pierre Elkabbach sur Public Sénat! et surtout chroniqueuse bien installée auprès de Éric Zemmour! dans Ça se dispute, on peut voir déjà un peu plus clair dans son parcours.... assurément droitier.

AIGLEPERçANT

J'adore cette femme, pour ce qu'elle est pour ce qu'elle devient et à mon sens, elle remplace plus Eric Zemmour que j'admire que Polony , et c'est là que ça ne sera pas facile . Mais elle tiendra le chalenge , par atavisme !Go Léa !

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