Le chef des Forces Libanaises, Samir Geagea. Photo Aldo Ayoub.
Le leader des Forces libanaises, Samir Geagea, a accusé lundi le 8 Mars de vouloir torpiller l'élection présidentielle, assurant que "personne n'a le droit de voter blanc de façon arbitraire, sauf si le Liban est sous tutelle".
"Le vote blanc ne vise qu'à saboter l'échéance présidentielle, comme cela a été le cas lors du premier tour mercredi dernier", a déclaré M. Geagea lors d'une conférence de presse tenue à Meerab. "Il est désormais clair que l'autre partie veut répéter le même scénario lors du deuxième tour, alors que le 14 Mars, et malgré toutes les pressions exercées sur lui, a présenté son candidat ainsi qu'un programme électoral", a poursuivi M. Geagea.
(Lire aussi : Geagea s'entretient avec Hale du dossier de la présidentielle et de la situation régionale)
Mercredi dernier, le premier tour de l'élection présidentielle n'a pas débouché sur l'élection d'un nouveau chef de l'Etat, aucun des candidats en lice n'ayant réussi à recueillir les voix nécessaires pour être élu au premier tour. Le leader des Forces libanaises Samir Geagea, soutenu par le 14 Mars, a obtenu 48 voix face à 52 votes blancs du 8 Mars. Le candidat de Walid Joumblatt, Henri Hélou, a de son côté recueilli 16 voix. Une deuxième séance a été fixée par le président du Parlement, Nabih Berry, à mercredi.
De diverses sources concordantes, on s'attend à ce que le scénario de la semaine dernière se répète avec l'absence et le retrait de députés du 8 Mars, notamment du bloc du Changement et de la Réforme, pour provoquer un défaut de quorum et empêcher l'élection d'un président à la majorité simple.
Le leader des FL a dans ce contexte estimé que la question du quorum vise à "faciliter et organiser l'élection et non à la saboter". "Provoquer un défaut de quorum n'est ni démocratique ni constitutionnel", a-t-il martelé, appelant à respecter l'article 49 de la Loi fondamentale qui exige l'élection d'un nouveau président et non la non-élection.
Le leader des FL a enfin appelé le 8 Mars à présenter son candidat à la présidence. "Que l’élection ait lieu et nous féliciterons celui qui l'emporte", a-t-il ajouté. M. Geagea a enfin mis en garde contre le vide à la présidence. "Le plus dangereux est que nous allons ainsi amener les forces régionales et internationales à faire pression sur Nabih Berry afin d'élire un président qui n'en serait pas un et qui ne représenterait pas les intérêts du Liban", a-t-il averti.
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De leur côté, des sources parlementaires au sein du 8 Mars ont affirmé lundi que l'éventuelle élection du chef du Courant patriotique libre Michel Aoun à la présidence et le retour de Saad Hariri à la présidence du Conseil reflètent une décision internationale de mettre le Liban à l'écart des conflits régionaux. Dans des déclarations au quotidien al-Akhbar, ces sources ont précisé à cet égard que l'Arabie saoudite n'a pas encore répondu, ni positivement ni négativement, à M. Aoun, ce qui est, affirment-elles, une "très bonne chose".
Les sources du 8 Mars ont ajouté que "l'essai qui a eu lieu lors du premier tour de l'élection présidentielle est terminé tout comme la +blague+ de la candidature de Samir Geagea." "Nous avons entamé la recherche d'un président consensuel qui a des relations avec toutes les forces politiques", assurent-elles.
(Voir : Qu'attendez-vous du prochain président ? Les Libanais, à travers le pays, répondent)
Les mêmes sources ont souligné en outre que le dossier de la présidentielle est désormais tributaire d'un accord régional et international, d'autant que des échéances électorales sont prévues en Egypte, en Irak et en Syrie. Elles ont indiqué dans ce contexte qu'elles ne s'attendent pas à une percée sérieuse avant juillet, lorsque les résultats des discussions sur le dossier nucléaire iranien (entre Téhéran et l'Occident, ndlr) seront plus clairs.
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Mercredi dernier, le premier tour...


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La progression de Samir Geagea est à la hauteur de son talent politique. Elle reflète sa force de conviction dans un pays ou nombreux sont ceux qui veulent tourner la page de l’ « occupation » et rêver du Liban de Bachir .Son élection bien plus que celle de Béchara el-Khoury en son temps pourrait symboliser l’indépendance du pays .Le Liban est à une croisée de chemins, il pourrait élire un président de consensus et faire perdurer l’état actuel de soumission et d’aliénation ou opter pour Samir et choisir la liberté. Son passé tourmenté rappelle celui de Mandela, qui après son élection su au nom de l’intérêt général fonder les bases de la réconciliation. La difficulté de Geagea une fois élu sera de fédérer les libanais autour d’un projet souverainiste dans un pays où il le concept identitaire revêt plusieurs réalités.
23 h 44, le 28 avril 2014