Le dépouillement des voix, après le premier tour de la présidentielle, au Parlement libanais, le 23 avril 2014. Photo Sarkis Bekarian
Le premier tour de l'élection présidentielle au Liban n'a pas débouché, conformément à ce qui était attendu, sur l'élection d'un nouveau chef de l'Etat, aucun des candidats en lice n'ayant réussi à recueillir les 86 voix nécessaires pour accéder à la Magistrature suprême au premier tour.
124 des 128 députés que compte l'Assemblée ont pris part à la séance de mercredi assurant de ce fait le quorum des deux-tiers des parlementaires requis pour le premier tour de scrutin dans la cadre de la présidentielle visant à élire un successeur à Michel Sleiman dont le mandat expire le 25 mai.
Après le premier tour, plusieurs députés se sont retirés de l'hémicycle provoquant un défaut de quorum et poussant le président du Parlement à fixer au mercredi 30 avril le deuxième tour de la présidentielle.
(Repère : Qui, quand, comment... Le manuel de l'élection présidentielle libanaise)
Deux candidats étaient officiellement en lice, le leader des Forces libanaises (FL) Samir Geagea, soutenu par le 14 Mars, et le député de la Rencontre démocratique Henri Hélou.
M. Geagea a obtenu 48 voix, Henri Hélou s'assurant quant à lui le soutien de 16 députés.
Amine Gemayel a recueilli une seule voix. 52 députés ont voté blanc, et sept bulletins ont été annulés.

Samir Geagea, candidat à la présidentielle libanaise, pendant le premier tour de scrutin. Photo Aldo Ayoub
La candidature de M. Geagea avait obtenu, mardi soir, le soutien de l'Alliance du 14 Mars, qui compte 52 députés, dont deux sont à l'étranger (le chef du courant du Futur Saad Hariri et Okab Sakr).
(Lire aussi: Geagea serait largement le favori de l'électeur 14 Mars, d'après un sondage)

Henri Hélou, candidat du bloc parlementaire de la Rencontre démocratique (Walid Joumblatt) arrivant au Parlement. Photo Michel Sayegh
M. Hélou était, quant à lui, le candidat du bloc de la Rencontre démocratique, de Walid Joumblatt, qui a qualifié le député de Aley d'"homme de modération et de dialogue".
En mettant en avant le député Hélou, lui-même issu du groupe parlementaire qui avait quitté M. Joumblatt en 2011 pour rester au cœur du 14 Mars, et en tenant pour l'occasion un discours quatorze-marsiste assez marqué, le chef du PSP ronge ainsi sur l'électorat de M. Geagea.
(Voir : Qu'attendez-vous du prochain président ? Les Libanais, à travers le pays, répondent)
Une "grande victoire pour la démocratie"
Après le vote, Samir Geagea, a évoqué une "grande victoire pour la démocratie". "Il s'agit d'une grande victoire pour la démocratie", a déclaré le leader des FL, qui a accusé "certaines personnes d'avoir essayé de porter atteinte à cette victoire par des actes irresponsables".
"Il s'agit d'un pas important en avant, le 14 Mars a fait revivre l'élection présidentielle au Liban", a-t-il ajouté lors d'une conférence de presse, rappelant que les précédentes élections présidentielles au Liban, depuis la guerre libanaise, étaient le fruit d'un diktat imposé par la Syrie ou des puissances étrangères.
M. Geagea a encore estimé que deux camps se sont présentés aujourd'hui au Parlement, "celui défendant le projet d'un Liban et d'un Etat fort, et un autre se comportant comme si le pays n'était pas le sien et voulait torpiller les élections et nous ramener au passé, comme ceux qui ont voté pour des martyrs ou blanc".
Lors du scrutin, des voix ont été attribuées à Rachid Karamé, Dany Chamoun et Tarek Dany Chamoun, fils du précédent.
Premier ministre sunnite (selon un partage du pouvoir entre les communautés, la présidence revient à un chrétien maronite), Rachid Karamé a été assassiné en juin 1987. Dany Chamoun, fils de l'ancien président Camille Chamoun, a lui aussi été assassiné, avec une partie de sa famille, le 21 octobre 1990. Ces assassinats ont été imputés à Samir Geagea, du temps de la tutelle syrienne.
Hélou reste dans la course
Le député Henri Hélou a, pour sa part, estimé que le scrutin était "démocratique dans tous les sens du terme", et ajouté qu'il poursuivait sa "course à la présidence". "La seule solution aux crises au Liban est l'élection d'un candidat modéré qui rassemblerait tout le monde", a-t-il ajouté.

Michel Aoun a participé au premier tour de scrutin de la présidentielle libanaise. Photo Michel Sayegh
La députée Sethrida Geagea, épouse de Samir Geagea et membre des FL, a affirmé que le 14 Mars a réussi le pari de se présenter uni au scrutin présidentiel.
"Je remercie tous nos alliés. Je remercie Saad Hariri pour son engagement. Nous avons démontré que le 14 Mars pouvait se présenter uni à cette échéance. Nous considérons les 48 voix que nous avons obtenues comme un soutien à notre politique et à celle du 14 Mars", a déclaré à l'issue du scrutin Mme Geagea.
"Nous reviendrons encore plus forts mercredi prochain. Les votes accordés à Dany Chamoun et Rachid Karamé représentent une faillite politique", a-t-elle ajouté.
Le chef du bloc du Changement et de la réforme, Michel Aoun, a, de son côté, déclaré que son bloc s'était retiré de l'hémicycle à l'issue du premier tour du scrutin faute de consensus sur un candidat. "Nous avons décidé de nous retirer de l'hémicycle après la fin du premier tour en attendant un consensus sur un candidat", a déclaré M. Aoun à la presse.
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124 des 128 députés que compte l'Assemblée ont pris part à la séance de mercredi assurant de ce fait le quorum des deux-tiers des parlementaires requis pour le premier tour de scrutin dans la cadre de la présidentielle visant à élire un successeur à Michel Sleiman dont le mandat expire le 25 mai.
Après le premier tour, plusieurs députés se sont retirés de l'hémicycle provoquant un défaut de quorum et poussant le président du Parlement à fixer au mercredi 30 avril le deuxième tour de la présidentielle.
(Repère :...


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine
A quoi bon élire un président qui aura moins de pouvoir que le Hezbolhah... Il faut arrêter cette mascarade...faire un référendum : qui est pour le Hezbollah qui est contre ... Et en fonction des résultats dessiner la nouvelle carte du Liban... Le Hezbollah n'acceptera jamais l'état libanais ... L'arrivée du général Aoun à la présidentielle n'amènera que de la violence ...il n'a jamais été un démocrate ... Et il ne le sera jamais.. Il utilise très mal les outils démocratiques pour arriver à ses fins... Son bulletin blanc est une honte pour lui et ses collègues députés soumis à son diktat... Finalement Mr Geagea a bien fait de se présenter , sa candidature a démasqué un peu plus tous ceux qui s'en foutent de l'avenir du Liban. En espérant que Geagea et Aoun ne se mettront pas d'accord! Sur le dos des jeunes candidats potentiels!!
12 h 10, le 25 avril 2014